Services d’information et communication : la croissance reste bien orientée

Catherine Souquet, division Services, Insee

En 2014, la production des activités d’information et de communication reste dynamique : + 2,3 % en volume, après + 1,7 % en 2013. Pour l’essentiel, cette croissance est tirée par les télécommunications et les activités informatiques. Les autres activités sont en recul, notamment l’édition de livres et de journaux-magazines et la production audiovisuelle.

En 2013, le taux de marge se dégrade, sauf dans les services informatiques, mais l’investissement repart (+ 7,9 %).

Insee Focus
No 43
Paru le : Paru le 13/11/2015
Catherine Souquet, division Services, Insee
Insee Focus  No 43 - novembre 2015

La croissance reste soutenue en 2014, toujours tirée par les télécommunications

En 2014 comme en 2013, la production en volume du secteur de l’information et de la communication progresse (+ 2,3 % en volume, après + 1,7 %) (figure 1). Elle est tirée par les télécommunications (+ 3,9 %), les activités informatiques (+ 3,1 %) et, dans une moindre mesure, la programmation–diffusion audiovisuelle (+ 0,4 %). Les autres activités sont en recul : – 0,5 % dans l’édition, – 0,9 % dans la production audiovisuelle et – 1,5 % dans les services d’information. L’emploi salarié reste stable en 2014 (+ 0,1 %), après une légère augmentation en 2013 (+ 0,5 %) (figure 2).

Sur la période 2000–2013, le secteur affiche une croissance vigoureuse de la production (+ 3,7 % en volume en moyenne annuelle contre + 2 % dans les services marchands), à peine troublée par la crise (– 1,9 % en 2009, seule année de repli sur la période). Ce dynamisme provient des télécommunications (+ 6,2 %) et des activités informatiques (+ 3,4 %). Dans les autres activités, plus traditionnelles, cette évolution moyenne est généralement inférieure à 1 %, surtout dans l’édition (+ 0,4 %).

Toujours entre 2000 et 2013, l’emploi salarié progresse plus lentement (+ 0,5 % en moyenne) que la production. Il baisse même dans les télécommunications (– 1,7 %), générant de forts gains de productivité dans le secteur.

Figure 1Évolution de la production par branche en volume

indice base 100 en 2000
Évolution de la production par branche en volume (indice base 100 en 2000)
Information et communication Édition, y compris logiciels standards Production audiovisuelle Programmation et diffusion Télécommunications Activités informatiques Services d'information
2000 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
2001 111,6 103,8 106,7 106,9 122,8 109,2 108,8
2002 113,1 102,3 109,7 107,8 132,8 104,9 107,6
2003 116,0 102,7 111,7 108,0 137,9 108,5 109,0
2004 121,0 106,9 121,0 111,0 141,0 114,8 113,5
2005 125,9 108,3 123,0 113,1 150,1 119,6 117,8
2006 133,1 114,3 122,4 114,0 159,1 129,7 126,6
2007 137,8 118,6 124,9 112,9 166,2 134,1 132,7
2008 144,6 123,5 126,8 110,3 173,8 144,1 144,4
2009 141,9 111,4 123,3 111,5 178,6 139,7 139,7
2010 150,1 111,2 124,3 115,0 193,6 151,0 143,2
2011 156,1 109,0 128,5 119,6 206,6 158,3 139,7
2012 160,0 107,1 126,3 114,4 218,2 161,0 153,5
2013 162,7 105,2 121,8 113,0 232,1 158,9 157,8
2014 166,4 241,1
  • Champ : France, branches de l'information et de la communication.
  • Source : Insee, comptabilité nationale.

Figure 1Évolution de la production par branche en volume

  • Champ : France, branches de l'information et de la communication.
  • Source : Insee, comptabilité nationale.

Figure 2Évolution de l'emploi salarié (en équivalent temps-plein)

indice base 100 en 2000
Évolution de l'emploi salarié (en équivalent temps-plein) (indice base 100 en 2000)
Information et communication Édition, y compris logiciels standards Production audiovisuelle Programmation et diffusion Télécommunications Activités informatiques Services d'information
2000 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
2001 104,9 105,0 100,9 100,6 99,0 108,7 108,3
2002 103,9 102,5 104,4 106,2 96,7 107,1 111,0
2003 101,3 98,9 104,6 107,3 94,7 103,4 109,5
2004 101,3 98,3 104,7 108,2 92,9 104,4 110,9
2005 99,8 95,6 104,9 109,1 91,4 102,6 111,2
2006 102,5 96,6 106,4 111,6 90,5 108,1 115,4
2007 105,6 98,3 110,4 115,1 89,0 114,1 120,1
2008 107,8 99,6 112,4 120,1 86,1 118,7 125,5
2009 105,7 96,6 113,4 119,1 85,0 116,9 119,1
2010 105,2 92,2 113,8 117,2 81,6 120,2 116,0
2011 105,4 92,9 113,7 119,2 78,9 123,8 107,1
2012 106,9 91,3 111,4 119,1 80,0 127,6 109,0
2013 107,4 91,3 112,0 118,2 78,9 129,4 109,9
2014 107,5
  • Champ : France, branches de l'information et de la communication.
  • Source : Insee, comptabilité nationale.

Figure 2Évolution de l'emploi salarié (en équivalent temps-plein)

  • Champ : France, branches de l'information et de la communication.
  • Source : Insee, comptabilité nationale.

Le taux de marge baisse en 2013...

Les performances économiques du secteur se dégradent en 2013 (figure 3). Pour la deuxième année consécutive, le taux de marge diminue (33,1 %, après 34,4 % en 2012), tandis qu’il reste stable dans l’ensemble des services principalement marchands, hors sièges sociaux (29,9 %). La baisse est surtout sensible dans les télécommunications, où ce ratio baisse de 2,5 points, en raison de la guerre des prix sur les services mobiles. La situation s’améliore, en revanche, dans les activités informatiques et l’édition (+ 0,5 point et + 1,4 point).

Figure 3Ratios du secteur information-communication en 2013

Ratios du secteur information-communication en 2013
Information-communication Services marchands1
Organisation et débouchés de la production
Taux d'exportation (%) 12,0 9,8
Taux de valeur ajoutée (%) 47,6 48,0
Intensité capitalistique (milliers d'euros) 179,9 229,0
Ratios de rentabilité
Taux de marge2 (%) 33,1 29,9
Rentabilité économique (%) 10,7 7,9
Rentabilité financière (%) 6,7 6,4
Ratio d'endettement, de solvabilité et de liquidité
Taux d'endettement (%) 66,6 74,5
Ratios d'investissement
Taux d'investissement (%) 12,5 23,1
Taux d'autofinancement (%) 234,0 179,4
  • 1. Entreprises des secteurs principalement marchands non agricoles et non financiers.
  • 2. Hors sièges sociaux.
  • Champ : France, unités légales et entreprises profilées (voir « Sources ») du secteur de l'information et de la communication.
  • Source : Insee, Ésane.

... mais l’investissement repart

En 2013, les investissements augmentent de 8 % en valeur et le taux d’investissement de 1,2 point (12,5 % au lieu de 11,3 % en 2012). Cette amélioration se constate dans la plupart des activités, à l’exception de la programmation–diffusion audiovisuelle et des services d’information (– 21 % et – 26 %). Elle provient surtout des télécommunications (+ 13 %), qui génèrent près des deux tiers des investissements du secteur. Après une année 2012 médiocre, ce retournement s’explique par l’effort fourni par les opérateurs téléphoniques pour s’équiper en réseaux à très haut débit (fixes ou mobiles), notamment dans le cadre du plan haut débit.

Un quart des services marchands

En 2013, le secteur compte près de 138 000 entreprises (figure 4), dont 44 % d’entrepreneurs individuels. Ces derniers sont surtout présents dans les activités informatiques (68 % du total) et plus rares dans toutes les autres activités. En dépit de leur grand nombre, ces entrepreneurs individuels ne réalisent que 0,7 % du chiffre d’affaires du secteur.

Le secteur réalise un chiffre d’affaires de 170 milliards d’euros. Il contribue de façon déterminante aux services principalement marchands (hors services financiers), en générant 23 % de leur chiffre d’affaires et de leur valeur ajoutée et 28 % de leurs exportations.

Il emploie 677 000 salariés en équivalent temps-plein (ETP), soit 18 % des effectifs salariés, hors intérimaires, des entreprises du champ des services marchands. Le salaire net moyen (52 400 euros annuels) y est plus élevé d’un cinquième que dans l’ensemble des services marchands, hors activités liées à l’emploi (41 400 euros) et varie fortement en fonction de l’activité. Ainsi, il atteint 62 800 euros dans la programmation–diffusion et 58 500 euros dans la production audiovisuelle, mais descend à 49 000 euros dans les télécommunications et les services d’information. Les non-salariés sont peu nombreux (8 % des effectifs contre 18 % dans les services marchands et 31 % dans les services aux particuliers).

Figure 4Chiffres clés de l'information et de la communication en 2013

Chiffres clés de l'information et de la communication en 2013
Entreprises Salariés ETP1 Chiffre d'affaires hors taxes Chiffre d'affaires export Valeur ajoutée Investissements corporels bruts hors apports
(en milliers) (en milliards d'euros)
De 0 à 9 salariés ETP1 131,7 75,3 20,1 1,8 9,0 0,7
De 10 à 249 salariés ETP 6,0 213,8 52,5 7,6 21,6 2,6
250 salariés ETP ou plus 0,3 387,6 97,2 10,9 50,2 6,8
Ensemble 138,0 676,7 169,8 20,3 80,8 10,1
Ensemble des entreprises des services principalement marchands hors services financiers 1 768,0 3 789,7 733,8 72,0 352,1 81,4
Poids des entreprises du secteur de l'information-communication2 (en %) 7,8 17,9 23,1 28,2 22,9 12,4
  • 1. Équivalent temps-plein, effectifs hors intérim.
  • 2. Poids des entreprises ayant une activité principale dans le secteur de l'information-communication par rapport à l'ensemble des entreprises des secteurs principalement marchands non financiers.
  • Champ : France, unités légales et entreprises profilées (voir « Sources ») du secteur de l'information et de la communication.
  • Source : Insee, Ésane.

Un secteur concentré

Le secteur de l’information et de la communication est structuré autour de grandes sociétés (250 salariés ou plus). Celles–ci génèrent plus de la moitié du chiffre d’affaires (57 %) et près des deux tiers de la valeur ajoutée (62 %), soit une contribution supérieure de presque vingt–cinq points à celle constatée dans l’ensemble des services marchands (34 % et 36 %). Cette forte concentration s’explique, en partie, par l’organisation oligopolistique des télécommunications et de la programmation–diffusion.

Une forte contribution des services informatiques et des télécommunications

Le secteur s’articule autour des télécommunications et des activités informatiques, qui réalisent respectivement 34 % et 35 % de la valeur ajoutée du secteur, loin devant l’édition, qui inclut les logiciels standards (13 %), la production audiovisuelle (8 %), la programmation–diffusion (6 %) et les services d’information (5 %) (figure 5).

Figure 5Principales activités du secteur selon la valeur ajoutée en 2013

en %
Principales activités du secteur selon la valeur ajoutée en 2013 (en %)
Information et communication 100
Édition, y compris logiciels standards 13
Production audiovisuelle 8
Programmation et diffusion 6
Télécommunications 34
Activités informatiques 35
Services d'information 5
  • Champ : France, unités légales et entreprises profilées (voir « Sources ») du secteur de l'information et de la communication.
  • Source : Insee, Ésane.

Figure 5Principales activités du secteur selon la valeur ajoutée en 2013

  • Champ : France, unités légales et entreprises profilées (voir « Sources ») du secteur de l'information et de la communication.
  • Source : Insee, Ésane.

Sources

Deux sources principales :

  • les comptes nationaux annuels (base 2010) pour retracer l'évolution de la production des branches de 2000 à 2013 ;
  • - le dispositif statistique Ésane (Élaboration des statistiques annuelles d'entreprises) pour les principales caractéristiques comptables des secteurs en 2012. En 2013, le champ de la source Ésane couvre à la fois des unités légales et des entreprises au sens de la loi de modernisation de l'économie issues du profilage des grands groupes. En effet, actuellement, tous les groupes n'ont pas encore été profilés. Les évolutions entre 2012 et 2013 sont également présentées ici sur la base du champ de 2013.

Le champ de cette étude inclut l’ensemble des unités légales et des entreprises du secteur de l’information et de la communication, y compris les micro-entrepreneurs. Les micro-entrepreneurs représentent moins de 0,1 % des effectifs et 0,1 % du chiffre d’affaires et de la valeur ajoutée de ce secteur.

Définitions

Le secteur de l’information et communication (section J de la NAF rév. 2) est composé de six divisions : l’édition (division 58), la production audiovisuelle (division 59), la programmation et diffusion (division 60), les télécommunications (division 61), la programmation, conseil et autres activités informatiques (division 62) et les services d’information (division 63).



Secteur d'activité / Secteur :

Un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré. Au contraire, une branche regroupe des unités de production homogènes.


Emploi en nombre de personnes / Emploi en équivalent temps plein :

L'emploi peut se mesurer en nombre de personnes ayant travaillé, même pendant une durée limitée.

On peut aussi mesurer les emplois en équivalent temps-plein. C'est le nombre total d'heures travaillées dans l'activité considérée divisé par la moyenne annuelle des heures travaillées dans des emplois à plein temps sur le territoire économique. L'Insee calcule également un taux d'emploi en équivalent temps plein.



Branche / Branche d'activité :

Une branche (ou branche d'activité) regroupe des unités de production homogènes, c'est-à-dire qui fabriquent des produits (ou produisent des services) qui appartiennent au même item de la nomenclature d'activité économique considérée. Au contraire, un secteur regroupe des entreprises classées selon leur activité principale.



Unité légale / Entreprise-unité légale :

L'unité légale est une entité juridique de droit public ou privé. Cette entité juridique peut être :

  • une personne morale, dont l'existence est reconnue par la loi indépendamment des personnes ou des institutions qui la possèdent ou qui en sont membres ;
  • une personne physique, qui, en tant qu'indépendant, peut exercer une activité économique.

Elle est obligatoirement déclarée aux administrations compétentes (Greffes des tribunaux, Sécurité sociale, DGI,...) pour exister. L'existence d'une telle unité dépend du choix des propriétaires ou de ses créateurs (pour des raisons organisationnelles, juridiques ou fiscales). L'unité légale est l'unité principale enregistrée dans SIRENE

Remarque :

Cette définition de l'unité légale ne doit pas être confondue avec celle de l'entreprise, considérée comme unité statistique.


Entreprise :

L'entreprise est la plus petite combinaison d'unités légales qui constitue une unité organisationnelle de production de biens et de services jouissant d'une certaine autonomie de décision, notamment pour l'affectation de ses ressources courantes.


Entreprise profilée / Entreprise issue d'un profilage :

Une entreprise profilée est une unité d'observation statistique appartenant à un groupe de sociétés, résultant du profilage du groupe. Elle est en général constituée par la réunion de plusieurs unités légales, et peut être confondue avec le groupe lui-même.







Pour en savoir plus

Lavergne A., Méot T., « Trente-cinq ans de services d’information et de communication - L'essor des logiciels », Insee Première n° 1575, novembre 2015.

Reif X., « Le commerce de biens culturels à l’heure d’Internet et de la dématérialisation », Insee Première n° 1517, octobre 2014.

Vacher T., « L’usage d’Internet par les sociétés en 2013 : un recours minoritaire aux médias sociaux », Insee Première n° 1495, avril 2014.

Souquet C., « L'édition en 2011 : la presse quotidienne fragilisée », Insee Focus n° 1, février 2014.

Mordier B., « Les sociétés de services d’ingénierie informatique », Insee Première n° 1233, mai 2009.