La production d'articles de papeterie : la France encore au 3e rang de l'Union européenne

Simon Bougon, Service de statistiques nationales d'entreprises, Insee

En 2015, la production française d'articles de papeterie s'élève à 705 millions d'euros. Elle baisse de 18 % depuis 2010. La branche est soumise à une forte concurrence et sa balance commerciale se dégrade nettement. La France se maintient toutefois à la 3e place des pays producteurs de l'Union européenne (UE). La structure de la production française, davantage orientée vers les articles de correspondance et moins vers les articles non reliés que celle de l’UE, explique en partie ses difficultés.

Insee Focus
No 86
Paru le : Paru le 17/05/2017
Simon Bougon, Service de statistiques nationales d'entreprises, Insee
Insee Focus  No 86 - mai 2017

De 2010 à 2015, la production baisse de 18 %

Les articles de papeterie regroupent les produits qui servent de support à l'écriture ou à l'impression de texte. Ils peuvent servir aux fournitures scolaires (feuilles, cahiers, classeurs, chemises…), à la correspondance (enveloppes et cartes non imprimées) ou à l'activité administrative (registres, livres comptables, papier pour imprimante, papier carbone…).

En 2015, la production d'articles de papeterie, mesurée par les facturations des produits fabriqués sur le territoire, s'élève à 705 millions d'euros. Elle représente 14 % de celle de l'Union européenne (UE), et place la France au troisième rang des pays producteurs de l'UE, après l'Italie et l'Allemagne.

Entre 2010 et 2015, la production française chute de 18 % et est dans une situation nettement moins favorable que celle de l’Italie (figure 1). La domination italienne s'est accrue ces cinq dernières années : sa production a augmenté de 20 % depuis 2010. Avec 1,2 milliard d’euros de production vendue en 2015, l’Italie assure près de 25 % de la valeur produite au sein de l'UE, contre 17 % en 2010. Cette croissance fait exception : la production européenne d'articles de papeterie baisse de 12 % sur la période.

Figure 1 - Production d'articles de papeterie en France, en Italie et en Europe (UE28)

base 100 en 2010
Figure 1 - Production d'articles de papeterie en France, en Italie et en Europe (UE28) (base 100 en 2010) -
2010 2011 2012 2013 2014 2015
France 100,0 91,1 85,0 81,5 85,4 82,2
Italie 100,0 119,6 112,4 118,2 124,4 120,2
Europe 100,0 99,4 93,2 88,4 89,1 87,9
  • Note : les facturations ont été déflatées par l'indice des prix de production dans la production d'articles de papeterie (Eurostat) propre à chaque territoire.
  • Sources : Insee, enquête annuelle de production (EAP), Eurostat (liste Prodcom).

Figure 1 - Production d'articles de papeterie en France, en Italie et en Europe (UE28)

  • Note : les facturations ont été déflatées par l'indice des prix de production dans la production d'articles de papeterie (Eurostat) propre à chaque territoire.
  • Sources : Insee, enquête annuelle de production (EAP), Eurostat (liste Prodcom).

Net recul pour les articles de correspondance

En France, la branche « fabrication d'articles de papeterie » représente 7 % de la production des produits en papier-carton. Ces derniers englobent également l'emballage, les articles à usage sanitaire ou domestique… La structure française de la branche diffère peu de celle de l'UE ; dans les deux cas, les articles de papeterie reliés (cahiers, classeurs, agendas, registres comptables…) représentent la moitié de la production. La part des articles non reliés (papier en ramettes, blocs pour écriture…) est toutefois moins importante en France (11 % contre 15 %), au profit des articles de correspondance (39 % contre 33 % ; figure 2).

Entre 2010 et 2015, c'est la production des articles de correspondance qui diminue le plus en France (– 24 % en volume). Le recul est moindre dans l'ensemble de l'UE (– 15 %). Pour les articles reliés et non reliés, la baisse est globalement équivalente en France et dans l'UE. Enfin, la part du papier de reproduction (carbone…) étant faible, ce produit n'influence guère l'évolution de la branche.

La production italienne, moins présente sur le segment en difficulté des articles de correspondance (31 %), se démarque aussi par un dynamisme plus marqué sur l'ensemble des produits de la branche.

Figure 2 - Répartition de la production d'articles de papeterie en France et en Europe (UE28) en 2015

en %
Figure 2 - Répartition de la production d'articles de papeterie en France et en Europe (UE28) en 2015 (en %) -
France UE28
Articles pour correspondance (enveloppes et cartes) 38,5 33,4
Articles de papeterie reliés (cahiers, classeurs, agendas, registres comptables...) 50,4 49,3
Articles de papeterie non-reliés (papier en ramettes, blocs pour écriture...) 10,7 15,4
Papier carbone et autres papiers pour la duplication 0,4 1,8
Ensemble 100,0 100,0
  • Sources : Insee, enquête annuelle de production (EAP), Eurostat (liste Prodcom).

Figure 2 - Répartition de la production d'articles de papeterie en France et en Europe (UE28) en 2015

  • Sources : Insee, enquête annuelle de production (EAP), Eurostat (liste Prodcom).

Des grands groupes présents sur une large partie du territoire

La production d'articles de papeterie est une activité assez concentrée : les 10 entreprises les plus importantes enregistrent à elles seules environ les deux tiers du chiffre d'affaires de la branche. Cette concentration a tendance à croître ces dernières années, passant de 56 % en 2010 à 64 % en 2015. On trouve parmi ces entreprises, des grands groupes français (Hamelin et Exacompta-Clairefontaine), des filiales de grands papetiers européens (Bong, Mayer-Kuvert-Network et Tompla), et de 3M, entreprise d'un groupe américain plus diversifié. Les groupes français sont également présents à l'international notamment en Europe.

Le secteur emploie environ 4 000 personnes sur l'ensemble du territoire. Les emplois se concentrent dans une grande partie nord du pays (de la Normandie au Grand Est) (figure 3). La Normandie est la région la plus employeuse : elle regroupe 16 % des emplois salariés du secteur. Ceci s'explique par la forte présence du groupe Hamelin (Calvados) et d'une usine du grand fabricant d'enveloppes, Bong, dans l'Eure. L'Alsace se distingue également grâce à l’implantation des établissements d'une filiale du groupe allemand Mayer-Kuvert-Network. En dehors de la partie nord du pays, les effectifs sont également assez nombreux en Nouvelle-Aquitaine et en Auvergne-Rhône-Alpes (notamment grâce à Canson, alors filiale du groupe Hamelin). En revanche la partie sud-est (Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse) compte peu d'emplois dans ce secteur.

Figure 3 - Plus de la moitié des emplois de la fabrication d'articles de papeterie dans la partie nord de la France

Figure 3 - Plus de la moitié des emplois de la fabrication d'articles de papeterie dans la partie nord de la France ( ) - Lecture : effectifs salariés au 31 décembre 2014 des établissements employeurs actifs en 2015, dont l'activité principale est la fabrication d'articles de papeterie (NAF 1723Z).
Effectifs salariés au 31 décembre 2014
Normandie 616
Île-de-France 580
Grand Est 497
Nouvelle-Aquitaine 497
Auvergne-Rhône-Alpes 491
Hauts-de-France 490
Pays de la Loire 337
Bretagne 132
Centre-Val de Loire 126
Bourgogne-Franche-Comté 111
Provence-Alpes-Côte d'Azur 54
Occitanie 27
Corse 0
Ensemble 3 958
  • Note : la partie nord comprend la Normandie, l'Île-de-France, les Hauts-de-France et le Grand Est.
  • Lecture : effectifs salariés au 31 décembre 2014 des établissements employeurs actifs en 2015, dont l'activité principale est la fabrication d'articles de papeterie (NAF 1723Z).
  • Source : Insee, Sirus.

Figure 3 - Plus de la moitié des emplois de la fabrication d'articles de papeterie dans la partie nord de la France

  • Note : la partie nord comprend la Normandie, l'Île-de-France, les Hauts-de-France et le Grand Est.
  • Lecture : effectifs salariés au 31 décembre 2014 des établissements employeurs actifs en 2015, dont l'activité principale est la fabrication d'articles de papeterie (NAF 1723Z).
  • Source : Insee, Sirus.

Baisse marquée des exportations vers l'Union européenne

En 2015, la balance commerciale française d'articles de papeterie est déficitaire à hauteur de près de 65 millions d'euros (figure 4). La France importe des produits de papeterie pour plus de 240 millions d'euros alors que les exportations ne représentent que 176 millions d'euros. Entre 2010 et 2015, le solde du commerce extérieur s'est continuellement dégradé. En 2010, le déficit commercial atteignait à peine 12 millions d'euros. Il s'est creusé sous le double effet de la forte baisse des exportations (– 19 %), notamment pour les articles de correspondance et les articles reliés, et d'une légère hausse des importations (+ 5 %). L'accroissement du déficit s'explique essentiellement par la baisse des exportations vers les pays de l'UE et plus particulièrement l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni. Ces trois destinations expliquent près de 90 % de la détérioration de la balance commerciale. L'Union européenne, qui reste le principal client de la France, ne représente plus que les deux tiers des exportations françaises contre les trois quarts en 2010.

Les exportations hors UE restent globalement stables. Toutefois, elles se dirigent davantage vers les États-Unis et la Chine, pays où elles ont été multipliées par cinq entre 2010 et 2015.

Quant aux importations, la Belgique, l'Italie et surtout l'Allemagne restent les principaux fournisseurs étrangers. Ce trio se retrouve talonné par la Chine, mais également par les Pays-Bas en provenance desquels les importations ont grimpé de 70 % entre 2010 et 2015.

Figure 4 - Évolution du solde de la balance commerciale française pour les articles de papeterie

en millions d'euros
Figure 4 - Évolution du solde de la balance commerciale française pour les articles de papeterie (en millions d'euros) -
2010 2011 2012 2013 2014 2015
Monde -12 -32 -40 -41 -59 -65
Intra UE -20 -43 -48 -50 -66 -72
Hors UE 9 11 9 10 7 7
  • Source : Eurostat (données du commerce international).

Figure 4 - Évolution du solde de la balance commerciale française pour les articles de papeterie

  • Source : Eurostat (données du commerce international).

Sources

Cette étude a été réalisée principalement à partir des résultats issus de l'enquête européenne Prodcom. Elle est alimentée en France par l'enquête annuelle de production (EAP), dont les résultats ont servi à enrichir les données relatives à la France.

La liste Prodcom est une liste détaillée d'environ 4 000 produits manufacturés. Les facturations Prodcom de chaque pays se restreignent aux produits réellement fabriqués sur leur territoire, sans double compte. Aussi, les donneurs d'ordre ne sont pas pris en compte dans cette étude ; seuls figurent les fabricants pour compte propre et les sous-traitants.

Le champ de l'étude couvre pour la France les entreprises qui contribuent à la production d'articles de papeterie (code NAF 17.23Z), que ce soit leur activité principale ou une activité secondaire. Le détail des produits suivis par Prodcom est fourni dans le fichier des données complémentaires joint à cette publication, en haut de page.

Les données sur l’implantation des établissements producteurs sont issues du répertoire Sirus (Système d’identification au répertoire des unités statistiques).

Définitions

L’entreprise désigne ici l'unité légale. Le règlement européen Prodcom nécessite en effet de suivre l'ensemble du processus de transformation et donc d'interroger en unité légale pour prendre en compte la production intégrée au sein d'une même entreprise.

Les indicateurs de croissance sont calculés en volume, i. e. déflatés de l'évolution des prix de production des articles de papeterie (indice des prix de production pour l'UE, la France et l'Italie).


Branche / Branche d'activité :

Une branche (ou branche d'activité) regroupe des unités de production homogènes, c'est-à-dire qui fabriquent des produits (ou produisent des services) qui appartiennent au même item de la nomenclature d'activité économique considérée. Au contraire, un secteur regroupe des entreprises classées selon leur activité principale.


Secteur d'activité / Secteur :

Un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré. Au contraire, une branche regroupe des unités de production homogènes.




Établissement :

L'établissement est une unité de production géographiquement individualisée, mais juridiquement dépendante de l'entreprise. Un établissement produit des biens ou des services : ce peut être une usine, une boulangerie, un magasin de vêtements, un des hôtels d'une chaîne hôtelière, la « boutique » d'un réparateur de matériel informatique...

L'établissement, unité de production, constitue le niveau le mieux adapté à une approche géographique de l'économie.

Remarque :

La population des établissements est relativement stable dans le temps et est moins affectée par les mouvements de restructuration juridique et financière que celle des entreprises.


Unité légale / Entreprise-unité légale :

L'unité légale est une entité juridique de droit public ou privé. Cette entité juridique peut être :

  • une personne morale, dont l'existence est reconnue par la loi indépendamment des personnes ou des institutions qui la possèdent ou qui en sont membres ;
  • une personne physique, qui, en tant qu'indépendant, peut exercer une activité économique.

Elle est obligatoirement déclarée aux administrations compétentes (Greffes des tribunaux, Sécurité sociale, DGI,...) pour exister. L'existence d'une telle unité dépend du choix des propriétaires ou de ses créateurs (pour des raisons organisationnelles, juridiques ou fiscales). L'unité légale est l'unité principale enregistrée dans SIRENE

Remarque :

Cette définition de l'unité légale ne doit pas être confondue avec celle de l'entreprise, considérée comme unité statistique.