Une inflation modérée depuis le passage à l’euro

Marie Leclair, division des prix à la consommation, Vladimir Passeron, département de la conjoncture, Insee

De 2002 à 2016, les prix à la consommation ont augmenté de 1,4 % en moyenne par an. Cette inflation est inférieure à celle des quinze années précédentes (+ 2,1 % en moyenne entre 1986 et 2001). Pourtant, le passage à l’euro en 2002 a nettement accru la divergence entre la mesure de l’inflation et la perception qu’en ont les ménages. Cet écart s’explique en partie par le fait qu’ils sont plus sensibles à l’évolution des produits achetés fréquemment, dont ils se rappellent plus facilement le dernier prix valorisé en francs, une référence qui s’éloigne dans le temps au fil des ans. Or, si les prix de ces produits ont été revalorisés plus fortement lors du basculement vers de nouvelles grilles tarifaires psychologiques en euros, leur hausse depuis quinze ans n’est pas plus prononcée qu’au cours de la décennie précédant le passage à l’euro.

Insee Focus
No 87
Paru le : Paru le 24/05/2017
Marie Leclair, division des prix à la consommation, Vladimir Passeron, département de la conjoncture, Insee
Insee Focus  No 87 - mai 2017

Depuis 2002, une inflation relativement modérée au regard du passé

Depuis quinze ans et le passage à l’euro fiduciaire en 2002, les prix à la consommation ont augmenté de 1,4 % en moyenne par an (figure 1). C’est nettement inférieur au rythme moyen de l’après-guerre au milieu des années 80 (+ 10,1 % par an en moyenne). C’est aussi un peu moins qu’au cours des quinze années précédentes (+ 2,1 % entre 1986 et 2001), période au cours de laquelle le contre-choc pétrolier, les baisses de TVA, les politiques de convergence et de stabilité des prix, suite au traité de Maastricht, avaient permis d’entrer dans une phase d’inflation modérée qui dure encore. Enfin, cette hausse des prix depuis 2002 est proche de l’inflation mesurée en moyenne dans la zone euro (+ 1,7 % en moyenne par an).

Aussi, alors que les rythmes d’inflation fluctuaient beaucoup lors des Trente glorieuses, au gré des mesures de contrôle et de régulation des prix, la période actuelle se caractérise par de faibles fluctuations d’une année sur l’autre. Au cours des quinze dernières années, l’inflation n’a ainsi dépassé le seuil de 2,0 % qu’à quatre reprises (2003, 2004, 2008 et 2011), avec des causes extérieures en général bien identifiées, telles que les variations des conditions climatiques (produits alimentaires frais, en 2003, 2004 et 2008), l’environnement géopolitique (produits pétroliers, 2008 et 2011) ou des décisions de santé publique (tabac). Inversement, l’inflation a quasiment stagné en 2009, 2015 et 2016, avec à chaque fois un effet prépondérant du repli des cours internationaux de matières premières, notamment du pétrole.

Depuis 2002, l’indice d’inflation sous-jacente, qui exclut ces composantes volatiles de l’indice des prix, est lui aussi devenu peu fluctuant et modéré (+ 1,2 % en moyenne depuis 2002, + 0,5 % depuis 2013), au point même que c’est la thématique du risque de déflation qui a prévalu au cours des années récentes (Fortin et Milin, 2014).

Dans cette perspective historique, l’inflation des années qui ont suivi le choc du passage à l’euro au 1er janvier 2002 n’a pas été atypique. La conversion en euros des prix en francs a certes entraîné une hausse des prix, via notamment le basculement vers de nouvelles grilles tarifaires psychologiques en euros. Mais les évaluations menées à partir des données microéconomiques de prix ont conclu à un impact modéré du passage à l’euro, de l’ordre de + 0,1 % à + 0,2 % sur les prix (Gallot, 2002, Attal-Toubert et alii , 2002).

Figure 1 : Évolution des prix à la consommation de 1950 à 2016

en moyenne annuelle, en %
Figure 1 : Évolution des prix à la consommation de 1950 à 2016 (en moyenne annuelle, en %) -
Année Évolution de l'indice des prix à la consommation Évolution de l'inflation sous-jacente
1945 48,5
1946 52,6
1947 49,2
1948 58,7
1949 13,2
1950 10
1951 16,2
1952 11,9
1953 -1,7
1954 0,4
1955 1,0
1956 4,2
1957 3,0
1958 15,1
1959 6,2
1960 3,6
1961 3,3
1962 4,8
1963 4,8
1964 3,4
1965 2,5
1966 2,7
1967 2,7
1968 4,5
1969 6,5
1970 5,2
1971 5,7
1972 6,2
1973 9,2
1974 13,7
1975 11,8
1976 9,6
1977 9,4
1978 9,1
1979 10,8
1980 13,6
1981 13,4
1982 11,8
1983 9,6
1984 7,4
1985 5,8
1986 2,7
1987 3,1
1988 2,7
1989 3,6
1990 3,4
1991 3,3 3,9
1992 2,3 3,5
1993 2,1 2,4
1994 1,7 1,4
1995 1,9 1,1
1996 2,0 0,9
1997 1,2 0,7
1998 0,6 0,7
1999 0,5 0,7
2000 1,7 1,1
2001 1,6 1,6
2002 2,0 2,1
2003 2,1 1,7
2004 2,1 1,6
2005 1,9 1
2006 1,6 1,1
2007 1,5 1,5
2008 2,8 2
2009 0,1 1,8
2010 1,5 1,1
2011 2,1 1,1
2012 2,0 1,3
2013 0,9 0,6
2014 0,5 0,2
2015 0,0 0,5
2016 0,2 0,6
  • Champ : indice des prix à la consommation série parisienne jusqu'en 1962, ménages "urbains" jusqu'en 1992, France métropolitaine depuis 1993, France entière depuis 1999, inflation sous-jacente : France métropolitaine.
  • Source : insee, Indice des prix à la consommation, coefficient de transformation de la monnaie.

Figure 1 : Évolution des prix à la consommation de 1950 à 2016

  • Champ : indice des prix à la consommation série parisienne jusqu'en 1962, ménages "urbains" jusqu'en 1992, France métropolitaine depuis 1993, France entière depuis 1999, inflation sous-jacente : France métropolitaine.
  • Source : Insee, indice des prix à la consommation, coefficient de transformation de la monnaie.

Des divergences accrues entre mesure et perception de l’inflation

Pourtant, juste après 2002, le ressenti de l’inflation par les ménages a divergé de la mesure qu’en donne l’indice des prix à la consommation (figure 2). Cette divergence entre mesure et perception a longtemps perduré et ne s’est résorbée qu’au cours des années récentes. Plusieurs explications de cet écart persistant ont été avancées (Accardo et alii , 2011). Tout d’abord, l’indice des prix à la consommation se réfère à un panier de consommation moyen alors que les consommateurs retiennent probablement leur propre structure budgétaire. L’évolution des prix calculée avec des paniers différents de consommation (ceux d’un ouvrier ou employé urbain, par exemple) diffèrent cependant peu de l’inflation moyenne au cours des quinze dernières années. Ensuite, les ménages accorderaient plus d’importance aux prix en hausse qu’aux prix en baisse ou stables car ce sont les premiers qui peuvent constituer une menace pour l’équilibre de leur budget.

Figure 2 : Comparaison entre l'inflation perçue par les ménages et l'inflation réelle

Figure 2 : Comparaison entre l'inflation perçue par les ménages et l'inflation réelle ( ) -
Date Indice des prix à la consommation (glissement annuel en %) Solde d'opinion des ménages sur l'évolution passée des prix (en points)
1991 janv-91 3,3 -22
févr-91 3,4 -28
mars-91 3,3 -25
avr-91 3,1 -26
mai-91 3,3 -28
juin-91 3,5 -27
juil-91 3,8 -25
août-91 3,2 -23
sept-91 2,6 -22
oct-91 2,7 -26
nov-91 3,3 -25
déc-91 3,0 -24
1992 janv-92 2,6 -27
févr-92 2,8 -29
mars-92 2,9 -27
avr-92 2,8 -29
mai-92 2,8 -26
juin-92 2,5 -31
juil-92 2,2 -28
août-92 2,0 -32
sept-92 2,2 -35
oct-92 1,9 -38
nov-92 1,6 -36
déc-92 1,9 -39
1993 janv-93 2,1 -41
févr-93 2,0 -42
mars-93 2,2 -41
avr-93 2,2 -37
mai-93 2,0 -37
juin-93 2,0 -38
juil-93 2,1 -31
août-93 2,2 -37
sept-93 2,2 -41
oct-93 2,1 -42
nov-93 2,1 -47
déc-93 2,1 -44
1994 janv-94 1,8 -40
févr-94 1,8 -42
mars-94 1,5 -45
avr-94 1,6 -47
mai-94 1,7 -46
juin-94 1,7 -45
juil-94 1,6 -42
août-94 1,6 -42
sept-94 1,6 -41
oct-94 1,7 -37
nov-94 1,6 -36
déc-94 1,6 -37
1995 janv-95 1,7 -36
févr-95 1,7 -33
mars-95 1,8 -34
avr-95 1,7 -37
mai-95 1,6 -40
juin-95 1,6 -48
juil-95 1,5 -36
août-95 2,0 -28
sept-95 2,0 -18
oct-95 1,9 -16
nov-95 2,0 -22
déc-95 2,1 -25
1996 janv-96 1,9 -23
févr-96 2,0 -25
mars-96 2,4 -25
avr-96 2,4 -23
mai-96 2,4 -24
juin-96 2,3 -26
juil-96 2,3 -30
août-96 1,6 -35
sept-96 1,6 -39
oct-96 1,7 -35
nov-96 1,5 -35
déc-96 1,7 -39
1997 janv-97 1,8 -26
févr-97 1,6 -33
mars-97 1,0 -33
avr-97 0,9 -36
mai-97 0,9 -36
juin-97 1,0 -39
juil-97 1,0 -44
août-97 1,5 -46
sept-97 1,4 -48
oct-97 1,0 -47
nov-97 1,3 -47
déc-97 1,1 -45
1998 janv-98 0,6 -46
févr-98 0,8 -46
mars-98 0,9 -49
avr-98 1,0 -48
mai-98 0,9 -49
juin-98 1,0 -49
juil-98 0,8 -45
août-98 0,6 -49
sept-98 0,4 -51
oct-98 0,4 -51
nov-98 0,2 -54
déc-98 0,2 -51
1999 janv-99 0,2 -55
févr-99 0,2 -52
mars-99 0,3 -52
avr-99 0,4 -48
mai-99 0,4 -49
juin-99 0,3 -49
juil-99 0,4 -48
août-99 0,5 -48
sept-99 0,7 -45
oct-99 0,8 -45
nov-99 0,9 -50
déc-99 1,3 -32
2000 janv-00 1,5 -31
févr-00 1,4 -28
mars-00 1,5 -23
avr-00 1,2 -28
mai-00 1,4 -35
juin-00 1,7 -27
juil-00 1,8 -27
août-00 1,8 -23
sept-00 2,1 -17
oct-00 2,0 -18
nov-00 2,1 -15
déc-00 1,6 -18
2001 janv-01 1,2 -27
févr-01 1,4 -23
mars-01 1,3 -22
avr-01 1,8 -19
mai-01 2,3 -10
juin-01 2,1 -5
juil-01 2,0 -4
août-01 1,8 -1
sept-01 1,5 5
oct-01 1,7 -4
nov-01 1,2 -5
déc-01 1,4 -8
2002 janv-02 2,3 -9
févr-02 2,1 5
mars-02 2,1 10
avr-02 2,0 22
mai-02 1,5 23
juin-02 1,4 23
juil-02 1,6 25
août-02 1,9 28
sept-02 1,8 35
oct-02 1,9 28
nov-02 2,2 19
déc-02 2,3 23
2003 janv-03 2,0 30
févr-03 2,6 27
mars-03 2,5 25
avr-03 2,0 23
mai-03 1,8 21
juin-03 2,0 19
juil-03 1,9 21
août-03 1,9 22
sept-03 2,1 26
oct-03 2,1 31
nov-03 2,2 28
déc-03 2,2 30
2004 janv-04 2,0 21
févr-04 1,7 17
mars-04 1,7 15
avr-04 2,1 11
mai-04 2,6 8
juin-04 2,5 12
juil-04 2,4 13
août-04 2,4 8
sept-04 2,1 4
oct-04 2,1 3
nov-04 2,1 9
déc-04 2,1 9
2005 janv-05 1,5 14
févr-05 1,7 15
mars-05 1,9 15
avr-05 1,9 14
mai-05 1,6 15
juin-05 1,7 11
juil-05 1,7 13
août-05 1,8 12
sept-05 2,1 12
oct-05 1,9 12
nov-05 1,6 9
déc-05 1,6 4
2006 janv-06 2,1 1
févr-06 1,8 4
mars-06 1,5 -3
avr-06 1,7 7
mai-06 2,1 18
juin-06 2,0 11
juil-06 1,9 7
août-06 1,9 10
sept-06 1,3 14
oct-06 1,1 12
nov-06 1,4 13
déc-06 1,5 18
2007 janv-07 1,2 17
févr-07 1,0 11
mars-07 1,2 6
avr-07 1,3 5
mai-07 1,1 -1
juin-07 1,2 -3
juil-07 1,1 6
août-07 1,2 13
sept-07 1,5 20
oct-07 2,0 27
nov-07 2,4 45
déc-07 2,6 54
2008 janv-08 2,8 51
févr-08 2,8 51
mars-08 3,2 67
avr-08 3,0 63
mai-08 3,3 71
juin-08 3,6 70
juil-08 3,6 67
août-08 3,2 60
sept-08 3,0 50
oct-08 2,7 43
nov-08 1,6 29
déc-08 1,0 19
2009 janv-09 0,7 6
févr-09 0,9 7
mars-09 0,3 -1
avr-09 0,1 -6
mai-09 -0,3 -11
juin-09 -0,5 -16
juil-09 -0,7 -19
août-09 -0,2 -18
sept-09 -0,4 -26
oct-09 -0,2 -16
nov-09 0,4 -14
déc-09 0,9 -14
2010 janv-10 1,1 -14
févr-10 1,3 -19
mars-10 1,6 -19
avr-10 1,7 -10
mai-10 1,6 -11
juin-10 1,5 -10
juil-10 1,7 -7
août-10 1,4 -5
sept-10 1,6 -2
oct-10 1,6 0
nov-10 1,6 3
déc-10 1,8 9
2011 janv-11 1,7 18
févr-11 1,7 25
mars-11 2,0 30
avr-11 2,1 46
mai-11 2,0 40
juin-11 2,1 33
juil-11 1,9 32
août-11 2,2 27
sept-11 2,2 25
oct-11 2,3 22
nov-11 2,5 20
déc-11 2,5 19
2012 janv-12 2,4 21
févr-12 2,3 23
mars-12 2,3 22
avr-12 2,1 27
mai-12 2,0 12
juin-12 1,9 12
juil-12 1,9 -2
août-12 2,1 -1
sept-12 1,9 3
oct-12 1,9 -1
nov-12 1,4 -4
déc-12 1,3 -7
2013 janv-13 1,2 -8
févr-13 1,0 -10
mars-13 1,0 -10
avr-13 0,7 -13
mai-13 0,8 -16
juin-13 0,9 -11
juil-13 1,1 -8
août-13 0,9 -3
sept-13 0,9 4
oct-13 0,6 -8
nov-13 0,7 -8
déc-13 0,7 -8
2014 janv-14 0,6 -15
févr-14 0,9 -19
mars-14 0,6 -23
avr-14 0,7 -24
mai-14 0,7 -23
juin-14 0,5 -28
juil-14 0,5 -31
août-14 0,4 -36
sept-14 0,3 -41
oct-14 0,5 -38
nov-14 0,3 -37
déc-14 0,1 -46
2015 janv-15 -0,4 -50
févr-15 -0,3 -51
mars-15 -0,1 -52
avr-15 0,1 -51
mai-15 0,3 -56
juin-15 0,3 -54
juil-15 0,2 -53
août-15 0,0 -50
sept-15 0,0 -53
oct-15 0,1 -50
nov-15 0,0 -49
déc-15 0,2 -52
2016 janv-16 0,2 -52
févr-16 -0,2 -56
mars-16 -0,1 -57
avr-16 -0,2 -56
mai-16 0,0 -53
juin-16 0,2 -53
juil-16 0,2 -52
août-16 0,2 -52
sept-16 0,4 -46
oct-16 0,4 -52
nov-16 0,5 -51
déc-16 0,6 -49
2017 janv-17 1,3 -44
févr-17 1,2 -46
mars-17 1,1 -46
avr-17 1,2 -49
  • Champ : France entière pour l'indice des prix à la consommation, France métropolitaine pour le solde d'opinion.
  • Source : Insee, indice des prix à la consommation et enquête sur la confiance des ménages dans la situation économique.

Figure 2 : Comparaison entre l'inflation perçue par les ménages et l'inflation réelle

  • Champ : France entière pour l'indice des prix à la consommation, France métropolitaine pour le solde d'opinion.
  • Source : Insee, indice des prix à la consommation et enquête sur la confiance des ménages dans la situation économique.

Autre explication, le consommateur observe d’autant mieux les variations de prix que les produits sont achetés plus fréquemment : il est par exemple plus particulièrement sensible aux hausses du prix du pain qu’aux baisses des appareils électroménagers. Or Gallot (2002) a montré que l’effet d’arrondi lors du passage à l’euro a été nettement haussier pour les produits fréquemment achetés (+ 0,3 point sur le pain et la pâtisserie, + 1,5 point pour la consommation dans les cafés, etc.), mais légèrement baissier pour les gros appareils électroménagers.

Enfin, la divergence accrue entre mesure et perception pourrait résulter de ce que les ménages ont gardé ancré dans leur mémoire le dernier prix connu en francs : ainsi pour la baguette, par exemple, ils auraient tendance à comparer son prix actuel (0,87 euro en moyenne) à son dernier prix de 2001, d’en moyenne un peu plus de 4,30 francs (0,66 euro). Par nature, cet écart s’amplifie au fil des ans à mesure que la date du passage à l’euro fiduciaire s’éloigne ; un tel ancrage dans le temps n’est susceptible de se produire qu’à l’occasion d’un changement de monnaie. La hausse de 32 % sur le prix de la baguette depuis le passage à l’euro apparaît forte mais elle correspond à une hausse annuelle moyenne de seulement (1,9 % par an, ce qui est un peu plus rapide que l’inflation d’ensemble mais sans rupture par rapport à la décennie précédant le passage à l’euro (figure 3). De même, les prix moyens des produits de consommation courante ont augmenté en 15 ans (de 40 centimes pour le paquet de café, de 6 centimes pour le paquet de pâtes, de 17 centimes pour le litre de lait UHT, etc. , figure 4), mais dans son ensemble, le rythme de hausse des prix des produits alimentaires, qui regroupent la plupart de ces produits achetés fréquemment, n’a quasiment pas varié entre la décennie précédant le passage à l’euro (+ 1,6 % en moyenne par an de 1991 à 2001) et les quinze années qui ont suivi (+ 1,4 % depuis 2002).

Figure 3 : Prix moyen de la baguette de 250 grammes de 1992 à 2016

Figure 3 : Prix moyen de la baguette de 250 grammes de 1992 à 2016 ( ) -
Date Prix de la baguette de 250 grammes
en euros en francs
1992-01 0,53 3,48
1992-02 0,53 3,48
1992-03 0,53 3,49
1992-04 0,54 3,51
1992-05 0,54 3,51
1992-06 0,54 3,53
1992-07 0,54 3,54
1992-08 0,54 3,56
1992-09 0,54 3,56
1992-10 0,55 3,57
1992-11 0,55 3,57
1992-12 0,55 3,59
1993-01 0,55 3,61
1993-02 0,55 3,62
1993-03 0,56 3,64
1993-04 0,56 3,64
1993-05 0,56 3,66
1993-06 0,56 3,66
1993-07 0,56 3,66
1993-08 0,56 3,67
1993-09 0,56 3,69
1993-10 0,57 3,71
1993-11 0,57 3,71
1993-12 0,57 3,71
1994-01 0,57 3,74
1994-02 0,57 3,74
1994-03 0,57 3,76
1994-04 0,57 3,76
1994-05 0,57 3,76
1994-06 0,57 3,76
1994-07 0,57 3,76
1994-08 0,58 3,77
1994-09 0,58 3,79
1994-10 0,58 3,79
1994-11 0,58 3,79
1994-12 0,58 3,79
1995-01 0,58 3,79
1995-02 0,58 3,79
1995-03 0,58 3,8
1995-04 0,58 3,8
1995-05 0,58 3,8
1995-06 0,58 3,82
1995-07 0,59 3,84
1995-08 0,59 3,84
1995-09 0,59 3,87
1995-10 0,59 3,89
1995-11 0,59 3,87
1995-12 0,59 3,87
1996-01 0,59 3,87
1996-02 0,59 3,89
1996-03 0,59 3,89
1996-04 0,6 3,9
1996-05 0,6 3,9
1996-06 0,6 3,9
1996-07 0,6 3,9
1996-08 0,6 3,92
1996-09 0,6 3,94
1996-10 0,6 3,95
1996-11 0,6 3,95
1996-12 0,61 3,97
1997-01 0,6 3,94
1997-02 0,6 3,95
1997-03 0,6 3,95
1997-04 0,6 3,95
1997-05 0,61 3,97
1997-06 0,61 3,97
1997-07 0,61 3,97
1997-08 0,61 3,98
1997-09 0,61 4,00
1997-10 0,61 4,00
1997-11 0,61 4,00
1997-12 0,61 4,00
1998-01 0,61 3,98
1998-02 0,61 4,0
1998-03 0,61 4,0
1998-04 0,61 4,0
1998-05 0,61 4,0
1998-06 0,61 4,0
1998-07 0,61 4,02
1998-08 0,62 4,03
1998-09 0,62 4,03
1998-10 0,62 4,05
1998-11 0,62 4,05
1998-12 0,62 4,05
1999-01 0,62 4,07
1999-02 0,62 4,08
1999-03 0,62 4,08
1999-04 0,62 4,08
1999-05 0,62 4,08
1999-06 0,63 4,1
1999-07 0,63 4,1
1999-08 0,63 4,12
1999-09 0,63 4,12
1999-10 0,63 4,13
1999-11 0,63 4,13
1999-12 0,63 4,13
2000-01 0,63 4,15
2000-02 0,63 4,15
2000-03 0,64 4,17
2000-04 0,64 4,17
2000-05 0,64 4,17
2000-06 0,64 4,17
2000-07 0,64 4,18
2000-08 0,64 4,2
2000-09 0,64 4,21
2000-10 0,65 4,25
2000-11 0,65 4,25
2000-12 0,65 4,26
2001-01 0,65 4,26
2001-02 0,65 4,26
2001-03 0,65 4,28
2001-04 0,65 4,28
2001-05 0,65 4,28
2001-06 0,65 4,28
2001-07 0,66 4,3
2001-08 0,66 4,33
2001-09 0,67 4,36
2001-10 0,67 4,38
2001-11 0,67 4,39
2001-12 0,67 4,41
2002-01 0,68 4,43
2002-02 0,68 4,43
2002-03 0,68 4,44
2002-04 0,68 4,44
2002-05 0,68 4,44
2002-06 0,68 4,44
2002-07 0,68 4,48
2002-08 0,69 4,51
2002-09 0,69 4,53
2002-10 0,69 4,54
2002-11 0,7 4,56
2002-12 0,7 4,56
2003-01 0,7 4,56
2003-02 0,7 4,58
2003-03 0,7 4,61
2003-04 0,7 4,61
2003-05 0,71 4,62
2003-06 0,71 4,62
2003-07 0,71 4,64
2003-08 0,71 4,66
2003-09 0,72 4,72
2003-10 0,72 4,74
2003-11 0,73 4,76
2003-12 0,73 4,77
2004-01 0,73 4,79
2004-02 0,73 4,8
2004-03 0,73 4,8
2004-04 0,73 4,8
2004-05 0,73 4,8
2004-06 0,73 4,8
2004-07 0,74 4,82
2004-08 0,74 4,85
2004-09 0,74 4,87
2004-10 0,74 4,87
2004-11 0,75 4,89
2004-12 0,75 4,89
2005-01 0,74 4,87
2005-02 0,75 4,89
2005-03 0,75 4,9
2005-04 0,75 4,9
2005-05 0,75 4,9
2005-06 0,75 4,9
2005-07 0,75 4,9
2005-08 0,75 4,92
2005-09 0,76 4,95
2005-10 0,76 4,97
2005-11 0,76 4,97
2005-12 0,76 4,97
2006-01 0,76 4,97
2006-02 0,76 4,99
2006-03 0,76 4,99
2006-04 0,76 5,0
2006-05 0,76 5,0
2006-06 0,76 5,0
2006-07 0,77 5,02
2006-08 0,77 5,02
2006-09 0,77 5,07
2006-10 0,78 5,08
2006-11 0,78 5,1
2006-12 0,78 5,12
2007-01 0,78 5,13
2007-02 0,78 5,13
2007-03 0,79 5,15
2007-04 0,79 5,15
2007-05 0,79 5,15
2007-06 0,79 5,15
2007-07 0,79 5,17
2007-08 0,8 5,21
2007-09 0,81 5,3
2007-10 0,81 5,33
2007-11 0,82 5,36
2007-12 0,82 5,36
2008-01 0,82 5,38
2008-02 0,83 5,41
2008-03 0,83 5,41
2008-04 0,83 5,43
2008-05 0,83 5,43
2008-06 0,83 5,43
2008-07 0,83 5,44
2008-08 0,84 5,48
2008-09 0,84 5,49
2008-10 0,84 5,49
2008-11 0,84 5,49
2008-12 0,84 5,49
2009-01 0,84 5,49
2009-02 0,84 5,49
2009-03 0,84 5,49
2009-04 0,84 5,49
2009-05 0,84 5,48
2009-06 0,84 5,48
2009-07 0,84 5,48
2009-08 0,84 5,48
2009-09 0,84 5,49
2009-10 0,84 5,49
2009-11 0,84 5,49
2009-12 0,84 5,48
2010-01 0,84 5,48
2010-02 0,84 5,48
2010-03 0,84 5,48
2010-04 0,84 5,48
2010-05 0,84 5,49
2010-06 0,84 5,48
2010-07 0,83 5,46
2010-08 0,84 5,48
2010-09 0,84 5,49
2010-10 0,84 5,51
2010-11 0,84 5,53
2010-12 0,85 5,54
2011-01 0,85 5,56
2011-02 0,85 5,59
2011-03 0,85 5,59
2011-04 0,86 5,61
2011-05 0,86 5,61
2011-06 0,86 5,62
2011-07 0,86 5,62
2011-08 0,86 5,64
2011-09 0,86 5,64
2011-10 0,86 5,64
2011-11 0,86 5,62
2011-12 0,86 5,62
2012-01 0,86 5,62
2012-02 0,86 5,66
2012-03 0,86 5,66
2012-04 0,86 5,66
2012-05 0,86 5,64
2012-06 0,86 5,64
2012-07 0,86 5,64
2012-08 0,87 5,67
2012-09 0,87 5,69
2012-10 0,87 5,72
2012-11 0,88 5,74
2012-12 0,88 5,76
2013-01 0,87 5,69
2013-02 0,87 5,71
2013-03 0,87 5,69
2013-04 0,87 5,69
2013-05 0,87 5,69
2013-06 0,87 5,69
2013-07 0,87 5,69
2013-08 0,87 5,69
2013-09 0,87 5,71
2013-10 0,87 5,71
2013-11 0,87 5,71
2013-12 0,87 5,71
2014-01 0,87 5,71
2014-02 0,87 5,71
2014-03 0,87 5,69
2014-04 0,87 5,69
2014-05 0,87 5,71
2014-06 0,87 5,69
2014-07 0,87 5,69
2014-08 0,87 5,69
2014-09 0,87 5,69
2014-10 0,87 5,71
2014-11 0,87 5,71
2014-12 0,87 5,71
2015-01 0,86 5,66
2015-02 0,86 5,66
2015-03 0,87 5,67
2015-04 0,86 5,66
2015-05 0,87 5,67
2015-06 0,87 5,67
2015-07 0,86 5,66
2015-08 0,87 5,67
2015-09 0,87 5,67
2015-10 0,87 5,67
2015-11 0,86 5,66
2015-12 0,87 5,67
2016-01 0,87 5,67
2016-02 0,87 5,67
2016-03 0,87 5,69
2016-04 0,87 5,69
2016-05 0,87 5,69
2016-06 0,87 5,69
2016-07 0,87 5,69
2016-08 0,87 5,69
2016-09 0,87 5,69
2016-10 0,87 5,69
2016-11 0,87 5,71
2016-12 0,87 5,71
2017-01 0,87 5,67
2017-02 0,87 5,67
2017-03 0,87 5,69
  • Champ: France métropolitaine.
  • Source: Insee, indice des prix à la consommation, prix moyens.

Figure 3 : Prix moyen de la baguette de 250 grammes de 1992 à 2016

  • Champ: France métropolitaine.
  • Source : Insee, indice des prix à la consommation, prix moyens.

Figure 4 : Prix moyen de quelques produits* avant et après le passage à l'euro

Figure 4 : Prix moyen de quelques produits* avant et après le passage à l'euro ( ) -
2001 2001 2002 2016
en francs en euros
Baguette (250 g) 4,31 0,66 0,68 0,87
Pâtes supérieures (500 g) 4,79 0,73 0,75 0,79
Sucre en morceaux (1 kg) 8,59 1,31 1,35 1,05
Café moulu non décaféiné (250 g) 8,07 1,23 1,21 1,63
Lait UHT demi-écrémé (1 litre) 4,26 0,65 0,66 0,82
Beurre extra-fin (250 g) 9,64 1,47 1,5 1,69
Huile d'olive "vierge extra" (1 litre) 33,78 5,15 5,28 6,65
Boeuf : faux-filet (1 kg) 106,86 16,29 16,59 24,12
Thon au naturel en boite (160 g) 9,38 1,43 1,59 1,97
Cabillaud pané surgelé (400 g) 26,57 4,05 4,18 4,6
Gazole (1 litre) 5,25 0,8 0,77 1,11
Supercarburant sans plomb, indice d'octane 98 (1 litre) 6,89 1,05 1,03 1,35
  • * Les produits ont été sélectionnés parmi les produits homogènes pour lesquels des séries sont disponibles sur longue période ; les prix moyens de nombreux autres produits élémentaires sont disponibles sur insee.fr.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, indice des prix à la consommation, prix moyens.

Une modération commune à la plupart des grands postes de consommation

Plus généralement, la relative modération de l’inflation depuis 2002 reflète celle de la plupart des grandes fonctions de consommation des ménages (figure 5). Ainsi les prix des services ont crû plus fortement que la moyenne (+ 2,0 %), mais moins fortement qu’au cours de la décennie précédant le passage à l’euro (+ 2,3 %). Les prix des produits manufacturés ont même reculé de 0,1 % en moyenne par an depuis 2002 alors qu’ils augmentaient nettement au cours de la décennie qui a précédé (+ 0,8 %) : les médicaments ont contribué à cette inflexion, ainsi que les biens électroménagers dont les prix ne cessent de reculer à qualité constante.

Figure 5 : Inflation annuelle moyenne

en %
Figure 5 : Inflation annuelle moyenne (en %) -
Poids dans la consommation des ménages Inflation moyenne annuelle
en 2016 1991-2001 2002-2016
Ensemble de l'inflation 1,7 1,4
Ensemble de l'inflation sous-jacente 1,6 1,2
Ménage urbain dont le chef est ouvrier ou employé (*) 1,8 1,4
Alimentation 16 1,6 1,4
Produits frais 2 1,8 2,1
Alimentation hors produits frais 14 1,6 1,3
Produits manufacturés 27 0,8 -0,1
Habillement et chaussures 4 0,8 0,4
Produits de santé 5 0,3 -2,0
Autres produits manufacturés 18 0,8 0,2
Énergie 8 1,9 2,6
Produits pétroliers 4 3,0 2,2
Services 48 2,3 2,0
Loyers, eau et enlèvement des ordures ménagères 8 2,9 2,3
Services de santé 6 1,0 1,4
Transport 3 2,4 1,5
Communication 2 -1,3 -1,4
Autres services 29 2,8 2,5
Tabac 2 8,0 5,6
  • Champ : France entière, ensemble des ménages sauf pour la ligne (*).
  • Source : Insee, indice des prix à la consommation base 2015.

Sources

Cette étude s’appuie sur les données de l’indice des prix à la consommation pour l’inflation mesurée, les enquêtes de conjoncture auprès des ménages pour l’inflation perçue et des prix moyens de ventes de détail collectés en métropole.

Définitions

Grille tarifaire psychologique : la fixation des prix obéit pour certains produits à des critères d'ordre psychologique. Par exemple, avant le passage à l'euro : 199 francs ; après le passage à l'euro : 29,90 euros, soit une baisse de 1,4 % par rapport au prix qui résulterait de l’application du taux de change officiel (30,34 euros). Les prix « ronds » peuvent aussi donner lieu à des conversions en euros qui s’écartent de l’application directe du taux de change officiel : un prix de 50 francs pourra ainsi être converti à 7 euros ou à 8 euros pour maintenir un chiffre rond, soit une baisse de 8 % ou une hausse de 5 %.


Prix à la consommation (Indice des) / IPC :

L'indice des prix à la consommation (IPC) est l'instrument de mesure de l'inflation. Il permet d'estimer, entre deux périodes données, la variation moyenne des prix des produits consommés par les ménages. C'est une mesure synthétique de l'évolution de prix des produits, à qualité constante.

Il est publié chaque mois au Journal Officiel.

L'indice des prix hors tabac sert à indexer de nombreux contrats privés, des pensions alimentaires, des rentes viagères et aussi à revaloriser le SMIC. L'indice retenu pour le SMIC est celui des " ménages du 1er quintile de la distribution des niveaux de vie- , hors tabac ".

Depuis la diffusion de l'IPC de janvier 2016, l'Insee publie un nouvel indice en base 2015 = 100 en lieu et place de l'indice base 1998 = 100. Cet indice rénové constitue la huitième génération de l'indice depuis 1914.

Remarque :

Il est essentiel de rappeler que l'indice des prix à la consommation n'est pas un indice du coût de la vie. En effet, l'indice des prix à la consommation cherche à mesurer les effets des variations de prix sur le coût d'achat des produits consommés par les ménages. L'indice du coût de la vie cherche à mesurer les variations des coûts d'achat pour maintenir le niveau de vie des ménages à un niveau spécifié.


Inflation / Taux d'inflation :

L'inflation est la perte du pouvoir d'achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix.

Elle doit être distinguée de l'augmentation du coût de la vie. La perte de valeur des unités de monnaie est un phénomène qui frappe l'économie nationale dans son ensemble, sans discrimination entre les catégories d'agents.

Pour évaluer le taux d'inflation on utilise l'indice des prix à la consommation (IPC). Cette mesure n'est pas complète, le phénomène inflationniste couvrant un champ plus large que celui de la consommation des ménages.


Inflation sous jacente / Taux d'inflation sous jacente :

L'indice d'inflation sous-jacente est un indice désaisonnalisé qui permet de dégager une tendance de fond de l'évolution des prix.

Il traduit l'évolution profonde des coûts de production et la confrontation de l'offre et de la demande.

Il exclut les prix soumis à l'intervention de l'État (électricité, gaz, tabac...) et les produits à prix volatils (produits pétroliers, produits frais, produits laitiers, viandes, fleurs et plantes,...) qui subissent des mouvements très variables dus à des facteurs climatiques ou à des tensions sur les marchés mondiaux.

L'indice d'inflation sous-jacente est corrigé des mesures fiscales (hausse ou baisse de la TVA, mesures spécifiques sur les produits...) de façon à neutraliser les effets sur l'indice des prix de la variation de la fiscalité indirecte ou des mesures gouvernementales affectant directement les prix à la consommation. L'inflation sous-jacente est ainsi plus adaptée à une analyse des tensions inflationnistes, car moins perturbée par des phénomènes exogènes.






Pour en savoir plus

Accardo J. , Célérier C. , Herpin N. , Irac D. , « L’inflation perçue », Économie et statistique n°447, 2011.

Attal-Toubert K. , de Belleville L. M., Pluyaud B. , « L’impact à court terme sur les prix du passage à l’euro fiduciaire », Bulletin de la Banque de France, n°105, septembre 2002.

Fortin A. Milin K. , « Le risque d’inflation négative est réel mais il ne préjuge pas d’une entrée en déflation », dossier de la Note de conjoncture, décembre 2014.

Gallot P. , « Un premier bilan de l'effet du passage à l'euro sur les prix », dossier de la Note de conjoncture, juin 2002.