Le commerce de gros de biens domestiquesUn tiers de la valeur ajoutée des grossistes

Benoît Trinquier, division Commerce, Insee

Les grossistes en biens domestiques réalisent le cinquième des ventes de marchandises du commerce de gros, mais ils dégagent le tiers de sa marge commerciale et de sa valeur ajoutée. Leur activité a été plus dynamique que celle des autres grossistes entre 2005 et 2014. Ils contribuent davantage aux exportations que les autres grossistes et s’approvisionnent nettement plus à l’étranger. Le commerce de biens domestiques est dominé par les groupes, en particulier dans le commerce de produits pharmaceutiques.

Insee Focus
No 93
Paru le : Paru le 04/09/2017
Benoît Trinquier, division Commerce, Insee
Insee Focus  No 93 - septembre 2017

Le premier secteur grossiste pour la valeur ajoutée

Le commerce de gros de biens domestiques est l’un des plus gros secteurs du commerce de gros (intermédiaires compris). Il couvre l’ensemble des biens manufacturés destinés spécifiquement aux ménages, de l’habillement à la pharmacie, en passant par l’électroménager ou la parfumerie. En 2014, ses ventes s’établissent à 143 milliards d’euros, soit un cinquième des ventes des grossistes (figure 1). C’est sur ce plan le deuxième secteur du commerce de gros, derrière le secteur alimentaire (intermédiaires compris). Mais c’est le premier secteur pour la marge commerciale et la valeur ajoutée (un tiers du commerce de gros) et, surtout, pour l’excédent brut d’exploitation (la moitié du commerce de gros).

Figure 1 - Poids du commerce de gros de biens domestiques dans le commerce de gros en 2014

Figure 1 - Poids du commerce de gros de biens domestiques dans le commerce de gros en 2014 () -
Poids en %
Nombre d'entreprises 15,7
Effectifs salariés 20,5
Ventes en valeur 19,4
Échanges extérieurs 22,8
Marge commerciale 34,3
Valeur ajoutée 32,4
Excédent brut d'exploitation 48,1
  • Champ : France.
  • Source : Insee, comptes du commerce et Clap.

Figure 1 - Poids du commerce de gros de biens domestiques dans le commerce de gros en 2014

  • Champ : France.
  • Source : Insee, comptes du commerce et Clap.

Au sein du commerce de gros de biens domestiques, les négociants en produits pharmaceutiques réalisent 41 % des ventes en 2014 (figure 2). Les négociants en équipement de la personne (habillement, parfumerie, horlogerie et bijouterie) pèsent pour 24 % des ventes et ceux en équipement de la maison (textile, électroménager, vaisselle et produits d’entretien, meubles) pour 14 %. Enfin, les autres grossistes en biens domestiques (livres, maroquinerie, articles de sport, etc.) réalisent 21 % des ventes.

Figure 2 - Répartition des ventes en valeur du commerce de gros de biens domestiques par secteur en 2014

en %
Figure 2 - Répartition des ventes en valeur du commerce de gros de biens domestiques par secteur en 2014 (en %) -
2014
Produits pharmaceutiques 41,0
Habillement, chaussures 11,9
Parfumerie 11,1
Horlogerie, bijouterie 1,2
Meubles, tapis et éclairage 1,0
Électroménager 8,1
Vaisselle, produits d'entretien 2,6
Textile 1,8
Autres biens domestiques* 21,3
Total 100,0
  • * Articles métalliques de table, ouvrages en bois, cycles, papeterie, livres, périodiques, maroquinerie, instruments de musique, jeux et articles de sport.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, comptes du commerce.

Figure 2 - Répartition des ventes en valeur du commerce de gros de biens domestiques par secteur en 2014

  • * Articles métalliques de table, ouvrages en bois, cycles, papeterie, livres, périodiques, maroquinerie, instruments de musique, jeux et articles de sport.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, comptes du commerce.

Sur dix ans, un secteur plus dynamique que l’ensemble du commerce de gros

Entre 2005 et 2014, les ventes des grossistes en biens domestiques progressent davantage que celles du commerce de gros dans son ensemble, en valeur et surtout en volume (+ 26 % contre + 5 %). En particulier, l’impact de la crise de 2008 y est plus modéré grâce à la bonne tenue de l’activité de l’équipement de la personne et des produits pharmaceutiques. Le commerce de gros de biens domestiques suit une tendance assez proche de celle de la consommation des ménages en produits manufacturés (hors produits liés à l’automobile), mais apparaît plus volatile.

Entre 2005 et 2014, le dynamisme du commerce de médicaments se traduit par une forte progression de la part de ses ventes dans le commerce de gros de biens domestiques (figure 3). Toutefois, la baisse des prix des médicaments atténue la progression des ventes en valeur. Le commerce de gros de la parfumerie bénéficie, quant à lui, d’une légère augmentation des volumes, combinée à celle des prix.

À l’inverse, en valeur comme en volume, le commerce de gros de biens d’équipement de la maison regroupe les secteurs les moins dynamiques. L’électroménager et, dans une moindre mesure, les meubles et le textile perdent du poids dans les ventes des grossistes en biens domestiques. Enfin, la vaisselle, la verrerie, les produits d’entretien ainsi que l’horlogerie et la bijouterie représentent une part stable des ventes.

Figure 3 - Évolution de la part des secteurs dans les ventes du commerce de gros de biens domestiques entre 2005 et 2014

en points de %
Figure 3 - Évolution de la part des secteurs dans les ventes du commerce de gros de biens domestiques entre 2005 et 2014 (en points de %) -
Valeur Volume
Électroménager -4,6 -3,4
Meubles, tapis et éclairage -1,0 -1,1
Textile -0,7 -1,0
Horlogerie, bijouterie -0,1 -0,4
Vaisselle, produits d'entretien 0,2 -0,1
Habillement, chaussures 0,8 -0,9
Autres biens domestiques* 1,5 -2,4
Parfumerie 2,4 1,0
Produits pharmaceutiques 1,6 8,2
  • * Voir note * de la figure 2.
  • Lecture : entre 2005 et 2014, la part des ventes des grossistes en textile au sein du commerce de gros de biens domestiques perd 0,7 point en valeur et 1 point en volume (aux prix de 2005).
  • Champ : France.
  • Source : Insee, Comptes du commerce.

Figure 3 - Évolution de la part des secteurs dans les ventes du commerce de gros de biens domestiques entre 2005 et 2014

  • * Voir note * de la figure 2.
  • Lecture : entre 2005 et 2014, la part des ventes des grossistes en textile au sein du commerce de gros de biens domestiques perd 0,7 point en valeur et 1 point en volume (aux prix de 2005).
  • Champ : France.
  • Source : Insee, Comptes du commerce.

Le premier contributeur aux échanges extérieurs du commerce de gros

Au sein du commerce de gros, le négoce de biens domestiques est le premier contributeur aux échanges extérieurs. En 2014, les grossistes en biens domestiques importent 42 % de leurs achats et exportent 19 % de leurs ventes.

Sur le marché intérieur, ils vendent principalement aux centrales d’achat et aux autres grossistes (figure 4). Plus de 60 % des ventes des grossistes en parfumerie, électroménager et textile sont ainsi réalisées auprès de cette clientèle. Les détaillants représentent également un débouché important des grossistes en biens domestiques (35 % de leur chiffre d'affaires). C’est notamment le cas en horlogerie et bijouterie, où 61 % des ventes des grossistes sont destinées aux détaillants. En revanche, les grossistes en biens domestiques approvisionnent peu les producteurs.

Figure 4 - Part des différents clients intérieurs dans les ventes du commerce de gros de biens domestiques en 2014

en %
Figure 4 - Part des différents clients intérieurs dans les ventes du commerce de gros de biens domestiques en 2014 (en %) -
Grossistes, centrales d'achats Détaillants Collectivités et autres clients Producteurs Particuliers Total
Horlogerie, bijouterie 22,7 60,9 0,4 9,1 6,9 100,0
Produits pharmaceutiques 32,7 41,1 23,3 2,2 0,7 100,0
Autres biens domestiques* 41,4 30,3 11,8 8,0 8,6 100,0
Meubles, tapis et éclairage 43,6 24,5 9,3 13,7 8,9 100,0
Habillement, chaussures 43,7 42,2 4,2 1,9 8,0 100,0
Vaisselle, produits d'entretien 48,8 5,6 35,6 8,5 1,5 100,0
Textile 62,7 18,7 5,4 11,5 1,6 100,0
Électroménager 66,9 26,2 2,4 1,8 2,7 100,0
Parfumerie 69,0 18,8 4,8 4,4 3,1 100,0
Biens domestiques 42,1 34,9 15,5 4,0 3,6 100,0
Commerce de gros 28,3 31,5 10,3 25,6 4,3 100,0
  • * Voir note * de la figure 2.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, Ésane et comptes du commerce.

Figure 4 - Part des différents clients intérieurs dans les ventes du commerce de gros de biens domestiques en 2014

  • * Voir note * de la figure 2.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, Ésane et comptes du commerce.

Un secteur de plus en plus concentré, dominé par les groupes

En 2014, le commerce en biens domestiques regroupe 16 % des entreprises du commerce de gros et 21 % de ses effectifs salariés. Le secteur des produits pharmaceutiques est le plus gros employeur (31 % des effectifs), suivi par celui des autres biens domestiques (25 %) et l’habillement (16 %).

Comme dans l’ensemble du commerce de gros, la concentration progresse dans le secteur des biens domestiques. Elle se situe à un niveau comparable à celui de l’ensemble du commerce de gros : 7,5 % des entreprises réalisent 90 % du chiffre d'affaires du secteur en 2014 (contre 8,9 % en 2010). Selon ce critère, les commerces de gros en produits pharmaceutiques ainsi qu’en parfumerie et produits de beauté sont les plus concentrés.

Si seulement 16 % des grossistes en biens domestiques appartiennent à un groupe de sociétés, ils réalisent une très large part du chiffre d’affaires de leur secteur (90 % ; figure 5). Cette part est particulièrement élevée dans le commerce de gros de produits pharmaceutiques et dans celui de la parfumerie (respectivement 97 % et 94 %). Au sein du commerce de gros, les négociants en biens domestiques sont enfin parmi ceux qui comptent le plus de centres de décision de nationalité étrangère (30 % d’entre eux).

Figure 5 - Poids des groupes par secteur du commerce de gros de biens domestiques en 2014

en %
Figure 5 - Poids des groupes par secteur du commerce de gros de biens domestiques en 2014 (en %) - Lecture : en 2014, les groupes représentent 16,4 % des grossistes en biens domestiques et génèrent 89,5 % du chiffre d'affaires de leur secteur.
Part des unités légales Part du chiffre d'affaires
Textile 14,2 60,9
Habillement, chaussures 10,1 80,7
Électroménager 27,3 87,9
Vaisselle, produits d'entretien 24,8 87,1
Parfumerie 16,4 94,4
Produits pharmaceutiques 29,3 96,6
Meubles, tapis et éclairage 12,9 63,8
Horlogerie, bijouterie 15,2 83,7
Autres biens domestiques* 15,1 83,2
Biens domestiques 16,4 89,5
Commerce de gros 14,4 83,1
  • * Voir note * de la figure 2.
  • Lecture : en 2014, les groupes représentent 16,4 % des grossistes en biens domestiques et génèrent 89,5 % du chiffre d'affaires de leur secteur.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, Lifi et Ésane.

Figure 5 - Poids des groupes par secteur du commerce de gros de biens domestiques en 2014

  • * Voir note * de la figure 2.
  • Lecture : en 2014, les groupes représentent 16,4 % des grossistes en biens domestiques et génèrent 89,5 % du chiffre d'affaires de leur secteur.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, Lifi et Ésane.

Sources

Cette étude s’appuie sur trois sources :

  • les comptes du commerce, dont les résultats de 2014, définitifs, sont issus des statistiques structurelles d’entreprises (Ésane) ;
  • le système d’information Clap (Connaissance locale de l’appareil productif) ;
  • les liaisons financières entre sociétés (Lifi).

Définitions

Les biens domestiques sont des produits manufacturés destinés in fine aux ménages.

Le « commerce de gros de biens domestiques » est décrit dans le groupe 46.4 de la nomenclature d’activités française (NAF rév. 2).

Les ventes désignent ici uniquement les ventes de marchandises, revendues en l’état sans transformation.

L'entreprise désigne ici l’unité légale.


Secteur d'activité / Secteur :

Un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré. Au contraire, une branche regroupe des unités de production homogènes.


Commerce de gros :

Le commerce de gros consiste à acheter, entreposer et vendre des marchandises généralement à des détaillants, des utilisateurs professionnels (industriels ou commerciaux) ou des collectivités, voire à d'autres grossistes ou intermédiaires, et ce quelles que soient les quantités vendues.

Les intermédiaires du commerce de gros mettent, quant à eux, en rapport les acheteurs et les vendeurs (ou bien exécutent des opérations commerciales pour le compte d'un tiers), sans être eux-mêmes propriétaires des marchandises (il s'agit des commissionnaires, courtiers, agents commerciaux, représentants non salariés, etc.). Les centrales d'achats, autres intermédiaires du commerce, peuvent, quant à elles, être propriétaires des marchandises, qu'elles cèdent alors à leurs adhérents et à leurs affiliés pour une marge de commerce très faible.

Presque tous les biens peuvent donner lieu à un commerce de gros mais seuls certains d'entre eux sont commercialisés au détail (commerce de détail).

Remarque :

Dans la NAF rév. 2, le commerce de gros est principalement décrit dans la division 46 « Commerce de gros, à l'exception des automobiles et des motocycles ».

Elle recouvre les groupes suivants :

  • Intermédiaires du commerce de gros,
  • Commerce de gros de produits agricoles bruts et d'animaux vivants,
  • Commerce de gros de produits alimentaires, de boissons et de tabac,
  • Commerce de gros de biens domestiques
  • Commerce de gros d'équipements de l'information et de la communication
  • Commerce de gros d'autres équipements industriels,
  • Autres commerces de gros spécialisés.
  • Commerce de gros non spécialisé

Les activités de commerce de gros de véhicules et équipements automobiles et de motocycles sont classées dans la division 45 « Commerce et réparation d'automobiles et de motocycles ».


Intermédiaires du commerce de gros :

Les intermédiaires du commerce de gros sont des entreprises qui mettent en rapport vendeurs et acheteurs professionnels souhaitant échanger une marchandise (et non un service) ou qui exécutent des opérations commerciales pour le compte de tiers, y compris sur l'internet : commissionnaires, courtiers, agents commerciaux, représentants non salariés, centrales d'achats, etc.

Les intermédiaires du commerce de gros n'achètent ni ne vendent de marchandises, ils mettent à disposition un service. Ils ne sont donc pas propriétaires de la marchandise échangée. Ils sont rémunérés à la commission, proportionnellement au volume d'affaires traitées.

Remarque :

Dans la NAF rév. 2, les activités des intermédiaires du commerce de gros sont décrites dans le groupe 46.1


Marge commerciale :

La marge commerciale réalisée par une entreprise, pour un exercice comptable donné, est définie comme la différence entre le montant hors taxes des ventes de marchandises réalisées au cours de cet exercice comptable et le coût d'achat hors taxes des marchandises vendues au cours de l'exercice.

Le coût d'achat hors taxes des marchandises vendues pour un exercice donné est défini comme :

  • le montant des achats de marchandises hors taxes au cours de cet exercice ;
  • PLUS la valeur hors taxes du stock de marchandises en début d'exercice ;
  • MOINS la valeur hors taxes du stock de marchandises en fin d'exercice.

Valeur ajoutée :

Solde du compte de production. Elle est égale à la valeur de la production diminuée de la consommation intermédiaire.


Excédent brut d'exploitation / EBE :

L'excédent brut d'exploitation est le solde du compte d'exploitation, pour les sociétés. Il est égal à la valeur ajoutée, diminuée de la rémunération des salariés, des autres impôts sur la production (voir Impôts sur la production et les importations) et augmentée des subventions d'exploitation.

Pour les entreprises individuelles, le solde du compte d'exploitation est le revenu mixte.

L'excédent d'exploitation peut être calculé net, si l'on retranche la consommation de capital fixe.


Chiffre d'affaires (statistique d'entreprise) :

Le chiffre d'affaires représente le montant des affaires (hors taxes) réalisées par l'entreprise avec les tiers dans l'exercice de son activité professionnelle normale et courante. Il correspond à la somme des ventes de marchandises, de produits fabriqués, des prestations de services et des produits des activités annexes.

Remarque :

Le chiffre d'affaires témoigne du volume d'affaires généré par l'activité courante de l'entreprise et permet ainsi d'en apprécier la dimension. Cependant, pour mesurer l'activité d'une entreprise ou d'un secteur, et effectuer des comparaisons, le chiffre d'affaires n'est pas toujours un indicateur significatif car il peut inclure ou non des achats pour la revente et des sous-traitance selon le mode de comptabilisation retenu.


Groupe de sociétés :

Un groupe de sociétés est une entité économique formée par un ensemble de sociétés qui sont soit des sociétés contrôlées par une même société, soit cette société contrôlante. Contrôler une société, c'est avoir le pouvoir de nommer la majorité des dirigeants. Le contrôle d'une société A par une société B peut être direct (la société B est directement détentrice de la majorité des droits de vote au conseil d'administration de A) ou indirect (B a le contrôle de sociétés intermédiaires C, voire D, E, etc. à qui elle peut demander de voter d'une même façon au conseil d'administration de A, obtenant ainsi la majorité des droits).

La définition statistique française actuellement en vigueur retient comme critère de contrôle pour définir les contours des groupes la majorité absolue des droits de vote.

On définit :

  • le contour restreint ou « noyau dur » du groupe comme l'ensemble des sociétés détenues directement ou indirectement à plus de 50 % par une société mère, tête de groupe ; la société mère n'est détenue majoritairement, ni directement ni indirectement, par aucune autre société. Dans cette définition, les groupes forment des ensembles disjoints deux à deux ;
  • le contour élargi d'un groupe comme l'ensemble des sociétés dont le groupe détient des participations, quel que soit le taux de détention ; de ce fait les contours élargis des différents groupes ne forment pas une partition et une société peut appartenir au contour élargi de plusieurs groupes.
Remarque :

L'espace économique où sont implantés les groupes et leurs filiales dépasse le territoire national. Par contre, les enquêtes ou les données administratives recueillent les données économiques des entreprises concernées situées sur le territoire français. Plutôt que de « contour des groupes » et « statistiques sur les groupes et leurs entreprises », il faudrait parler de contour et statistiques de la partie française des groupes.


Élaboration des statistiques annuelles d'entreprise / ESANE :

Le dispositif Esane combine des données administratives (obtenues à partir des déclarations annuelles de bénéfices que font les entreprises à l'administration fiscale et à partir des données annuelles de données sociales qui fournissent des informations sur les salariés) et des données obtenues à partir d'un échantillon d'entreprises enquêtées par un questionnaire spécifique pour produire des statistiques structurelles d'entreprises (enquête sectorielle annuelle/ESA).

Mis en place en 2009 sur l'exercice 2008, ce dispositif remplace le précédent système composé de deux dispositifs avec les enquêtes annuelles d'entreprise (EAE) et le système unifié de statistiques d'entreprises (Suse) s'appuyant sur les déclarations fiscales, en les unifiant.

A partir de l'exercice 2008, le système unifié de statistiques d'entreprises (Suse) est remplacé par le dispositif « ESANE ». Comme « SUSE », il met en œuvre l'exploitation exhaustive des déclarations de bénéfices des entreprises auprès de la direction générale des Impôts (DGI), complétées par les réponses aux enquêtes annuelles d'entreprises (ESA, nouvelles enquêtes EAE) et, le cas échéant, par d'autres sources d'information mais selon une méthode nouvelle.

Des « agrégats composites » sont calculés à l'aide d'une procédure d'estimation statistique qui « compose » une synthèse des données fiscales et des données d'enquête.

Remarque :

Le changement de dispositif génère des ruptures au niveau des résultats produits par rapport à ceux provenant du système précédent, pour trois raisons principales. Le questionnaire des enquêtes du dispositif ESANE a été rénové, ce qui a pu induire certaines modifications du comportement de réponse des entreprises. La prise en compte conjointe des données d'enquête et des données administratives, et en particulier la confrontation des informations disponibles dans les deux sources sur la ventilation du chiffre d'affaires selon les activités principales, a nécessité la mise en place de méthodes d'estimations statistiques rénovées. Les données sont publiées selon la nomenclature d'activités révisée NAF rév.2, alors que les précédents résultats l'étaient en NAF rév.1.

Pour en savoir plus : Méthodologie de la statistique annuelle d’entreprises- Description du système «Ésane»

Insee Méthodes n° 130- octobre 2017


Connaissance locale de l'appareil productif / Clap :

C'est un système d'information alimenté par différentes sources dont l'objectif est de fournir des statistiques localisées au lieu de travail jusqu'au niveau communal, sur l'emploi salarié et les rémunérations pour les différentes activités des secteurs marchand et non marchand.

Le référentiel d'entreprises et d'établissements est constitué à partir du Répertoire national des entreprises et des établissements (Sirene).

Les données sur l'emploi salarié résultent d'une mise en cohérence des informations issues de l'exploitation :

  • des DADS (Déclarations Annuelles de Données Sociales) ;
  • des bordereaux récapitulatifs de cotisations de l'URSSAF (Union pour le recouvrement des cotisations de sécurité sociale et des allocations familiales) ;
  • des données de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) en complément des données des Urssaf pour les secteurs d'activité en lien avec l'agriculture (à compter des données relatives à l'exercice 2007) ;
  • du système d'information sur les agents de l'État.
Remarque :

Les données relatives à une année concernent les entreprises et des établissements ayant eu au moins un jour d'activité économique dans l'année considérée, qu'ils soient employeurs ou non.

Le nombre d'entreprises et d'établissements (le stock) fourni par CLAP au 31/12 d'une année (N) diffère du dénombrement au 01/01 de l'année suivante (N+1) réalisé à partir de la source "Répertoire national des entreprises et des établissements (REE-Sirene)" pour les trois raisons principales suivantes :

  • Même si la date de référence ne diffère que d'un jour, le changement d'année introduit un nombre important de mouvements, principalement de créations d'entreprises ou de créations d'établissements.
  • L'objectif de CLAP étant la localisation la plus précise possible des effectifs salariés, la définition des établissements et entreprises actifs retenue par CLAP est plus large que celle du répertoire des entreprises et des établissements ; par exemple, CLAP retient les syndics de copropriété, alors qu'ils sont écartés du champ du répertoire.
  • Le champ couvert par CLAP est plus large que celui du répertoire. CLAP couvre le champ complet des entreprises et des établissements (hors intérim et défense) ; la source REE-SIRENE porte quant à elle sur un champ plus réduit, constitué des seules activités marchandes de l'industrie, de la construction, du commerce et des services.


Unité légale / Entreprise-unité légale :

L'unité légale est une entité juridique de droit public ou privé. Cette entité juridique peut être :

  • une personne morale, dont l'existence est reconnue par la loi indépendamment des personnes ou des institutions qui la possèdent ou qui en sont membres ;
  • une personne physique, qui, en tant qu'indépendant, peut exercer une activité économique.

Elle est obligatoirement déclarée aux administrations compétentes (Greffes des tribunaux, Sécurité sociale, DGI,...) pour exister. L'existence d'une telle unité dépend du choix des propriétaires ou de ses créateurs (pour des raisons organisationnelles, juridiques ou fiscales). L'unité légale est l'unité principale enregistrée dans SIRENE

Remarque :

Cette définition de l'unité légale ne doit pas être confondue avec celle de l'entreprise, considérée comme unité statistique.

Pour en savoir plus

Andrieux V. et al., « La situation du commerce en 2016 (éd. juin) – Rapport établi pour la Commission des Comptes Commerciaux de la Nation  », Documents de travail n° E2017/04, Insee, juin 2017.

Andrieux V. et al., « Le commerce en 2016 - La reprise amorcée en 2014 ne se dément pas », Insee Première n° 1655, juin 2017.

Cayssials J.-L., Kremp É., Ranvier M., « 370 firmes multinationales au cœur de la pharmacie en France », Insee Première n° 1596, mai 2016.