Élections 2017 - Un électeur sur trois a voté aux quatre scrutins

Vincent Delage, Insee

En 2017, 3,3 millions de personnes inscrites sur les listes électorales en Provence-Alpes-Côte d’Azur étaient appelées à voter aux deux scrutins nationaux, l’élection présidentielle et les élections législatives. Parmi elles, 34 % ont voté aux quatre tours de scrutins, 16 % se sont abstenues à tous les tours et 50 % ont voté de façon intermittente. Ces résultats placent Provence-Alpes-Côte d’Azur parmi les régions les moins civiques en termes de participation systématique. Par rapport aux scrutins analogues de 2002, 2007 et 2012, les élections de 2017 sont marquées par une nette diminution du vote systématique, au profit d’un vote intermittent, qui est devenu majoritaire dans la région comme au plan national. La région se distingue de la moyenne métropolitaine par une abstention systématique un peu plus élevée qu’ailleurs, en particulier pour les populations qui traditionnellement participent moins aux élections : les jeunes, les moins diplômés et d’une façon générale les catégories les moins favorisées.

Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d'Azur
No 51
Paru le : Paru le 19/10/2017
Vincent Delage, Insee
Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d'Azur  No 51 - octobre 2017

Une majorité de votants intermittents

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, 3,3 millions de personnes inscrites sur les listes électorales étaient appelées à voter lors des scrutins nationaux de 2017. Parmi elles, 34 % ont voté chaque dimanche d’élection : aux deux tours de l’élection présidentielle puis aux deux tours des élections législatives.

Cette proportion place Paca parmi les régions métropolitaines où la participation systématique est la plus faible, 2 points en dessous du niveau national (figure 1).

À l’inverse, 16 % des inscrits se sont abstenus aux quatre tours de scrutins. Paca est ainsi la 3e région où le taux d'abstention systématique est le plus fort après les Hauts-de-France et la Corse.

Enfin, dans la région comme au niveau national, la moitié des inscrits n’a voté qu’à une partie des scrutins.

Figure 1Une participation systématique moins importante que dans la plupart des régionsRépartition des inscrits entre vote systématique, vote intermittent et abstention systématique aux scrutins de 2017, par région (en %)

Une participation systématique moins importante que dans la plupart des régions
Région Code région Vote systématique Vote intermittent Abstention systématique Ensemble
Pays-de-la-Loire 52 36,2 52,8 11,1 100
Bretagne 53 38,0 50,4 11,6 100
Normandie 28 36,7 51,1 12,3 100
Occitanie 76 38,4 48,9 12,7 100
Bourgogne-Franche-Comté 27 36,4 50,7 12,9 100
Auvergne-Rhône-Alpes 84 35,2 51,9 12,9 100
Île-de-France 11 34,0 52,9 13,1 100
Nouvelle-Aquitaine 75 38,9 47,9 13,2 100
Grand Est 44 34,0 52,0 14,0 100
Centre-Val de Loire 24 36,7 49,3 14,0 100
Provence-Alpes-Côte d'Azur 93 33,7 50,7 15,6 100
Hauts-de-France 32 35,5 48,8 15,7 100
Corse 94 32,6 50,3 17,2 100
La Réunion 04 26,3 51,1 22,6 100
Guadeloupe 01 15,5 52,5 32,0 100
Martinique 02 15,7 48,7 35,6 100
Ensemble des inscrits 35,5 50,8 13,8 100
  • Note : les électeurs sont répartis entre ceux qui votent à tous les tours de la présidentielle et des législatives (vote systématique), ceux qui ne votent à aucun tour de ces scrutins (abstention systématique) et ceux qui votent de façon intermittente. La taille de l'échantillon n'est pas suffisante pour une exploitation pour la Guyane.
  • Champ : Français inscrits sur les listes électorales en France en 2017 et résidant dans la région en 2015.
  • Source : Insee, enquête sur la participation électorale 2017

Figure 1Une participation systématique moins importante que dans la plupart des régionsRépartition des inscrits entre vote systématique, vote intermittent et abstention systématique aux scrutins de 2017, par région (en %)

  • Note : les électeurs sont répartis entre ceux qui votent à tous les tours de la présidentielle et des législatives (vote systématique), ceux qui ne votent à aucun tour de ces scrutins (abstention systématique) et ceux qui votent de façon intermittente. La taille de l'échantillon n'est pas suffisante pour une exploitation pour la Guyane.
  • Champ : Français inscrits sur les listes électorales en France en 2017 et résidant dans la région en 2015.
  • Source : Insee, enquête sur la participation électorale 2017

L’importance de ce vote intermittent est une particularité de 2017 par rapport aux échéances analogues de 2002, 2007 et 2012. Entre 2002 et 2012, la répartition des comportements de participation avait peu évolué : une personne sur 10 s'abstenait systématiquement, 4 sur 10 votaient par intermittence et 5 sur 10 votaient systématiquement (figure 2).

Le niveau élevé du vote intermittent en 2017 va de pair avec un intérêt décroissant pour les élections législatives. Alors qu’en 2002, 71 % des inscrits avaient voté à au moins un tour des élections législatives, ils ne sont que 56 % en 2017. Dans le même temps, l’intérêt pour l’élection présidentielle n’a que peu faibli. La part des personnes votant à au moins un tour de la présidentielle atteint 83 % cette année.

Figure 2En 2017, le vote intermittent est majoritaireRépartition de la participation par année d’élection de 2002 à 2017 en Provence-Alpes-Côte d’Azur (en %)

En 2017, le vote intermittent est majoritaire
Abstention systématique Vote intermittent Vote systématique
2002 15,38 39,98 44,64
2007 8,95 41,75 49,3
2012 12,18 41,51 46,3
2017 15,56 50,73 33,71
  • Champ : Français inscrits sur les listes électorales en France métropolitaine et résidant en Paca.
  • Source : Insee, enquêtes sur la participation électorale de 2002 à 2017

Figure 2En 2017, le vote intermittent est majoritaireRépartition de la participation par année d’élection de 2002 à 2017 en Provence-Alpes-Côte d’Azur (en %)

  • Champ : Français inscrits sur les listes électorales en France métropolitaine et résidant en Paca.
  • Source : Insee, enquêtes sur la participation électorale de 2002 à 2017

Un vote systématique moins pratiqué en 2017 à tout âge

En 2017 comme aux scrutins précédents, le vote systématique s’accroît avec l’âge. En Provence-Alpes-Côte d’Azur comme en France métropolitaine, moins de 2 inscrits sur 10 de moins de 40 ans ont participé à tous les scrutins de la présidentielle et des législatives. C’est le double pour les plus de 40 ans.

Toutefois, le net repli du vote systématique entre 2012 et 2017 concerne toutes les tranches d’âge : –13 points pour les 25-49 ans et –15 points pour les 50-79 ans (figure 3). Pour les plus jeunes (18-24 ans), l’écart de participation systématique entre 2012 et 2017 est faible (–3 points) mais fait suite à une baisse importante entre 2007 et 2012 (–11 points).

La chute de la participation systématique se fait au profit du vote partiel ou de l’abstention totale en fonction de l’âge des votants. Entre 2012 et 2017, le vote intermittent a progressé de près de 15 points chez les inscrits de plus de 30 ans alors que l’abstention systématique n’a que peu évolué. À l’inverse, les plus jeunes se reportent plus souvent vers l’abstention systématique : celle-ci est passée de 18 % à 31 % entre 2012 et 2017 chez les 25-29 ans alors que le vote intermittent est resté constant.

Figure 3Un vote systématique plus faible en 2017 quel que soit l’âgePart des inscrits ayant voté aux quatre scrutins selon l’âge (en %)

Un vote systématique plus faible en 2017 quel que soit l’âge
2002 2007 2012 2017
18 à 24 31,3 30,0 19,4 16,7
25 à 29 30,6 30,1 30,7 17,8
30 à 39 36,1 41,5 34,1 21,2
40 à 49 45,6 51,8 45,0 32,1
50 à 59 48,4 55,4 55,3 39,8
60 à 69 56,2 63,3 63,0 44,7
70 à 79 57,3 58,7 63,1 46,9
80 et plus 44,0 45,9 40,7 33,7
  • Champ : Français inscrits sur les listes électorales en France métropolitaine et résidant en Paca.
  • Source : Insee, enquêtes sur la participation électorale 2002 à 2017

Figure 3Un vote systématique plus faible en 2017 quel que soit l’âgePart des inscrits ayant voté aux quatre scrutins selon l’âge (en %)

  • Champ : Français inscrits sur les listes électorales en France métropolitaine et résidant en Paca.
  • Source : Insee, enquêtes sur la participation électorale 2002 à 2017

Les jeunes de Paca plus enclins qu’ailleurs à l’abstention systématique

Les scrutins de 2017 confirment deux particularités du comportement électoral en Paca : une abstention systématique plus fréquente avant 30 ans et un vote intermittent plus répandu après 40 ans.

Ainsi, alors que la participation systématique est sensiblement la même que la moyenne nationale pour les moins de 30 ans en Paca (autour de 17 %), les jeunes de la région se tournent plus souvent vers l’abstention systématique : 27 % d’entre eux n’ont voté à aucun scrutin. C’est 6 points de plus que la moyenne métropolitaine (figure 4).

Après 80 ans, l’abstention systématique est également très élevée, sans doute en lien avec la perte d’autonomie et les problèmes de santé. À l’instar des jeunes, dans la région, les plus âgés s’abstiennent systématiquement plus souvent que dans le reste de la France.

Entre 40 ans et 70 ans, l’abstention systématique est faible (moins de 10 %) et la région ne se démarque pas des résultats nationaux. Pourtant, le vote systématique reste tout de même en dessous de la moyenne au profit cette fois d’un vote intermittent plus élevé.

En Paca comme en France métropolitaine, la participation aux élections est sensiblement identique entre hommes et femmes.

Les personnes seules se déplacent moins pour les élections que les personnes en couple. Dans la région, 23 % des inscrits vivant seuls n’ont pas voté du tout aux différents scrutins. Chez les personnes en couple, l’abstention systématique est 2 fois moins élevée.

Figure 4Une abstention systématique plus importante en Paca qu’en France métropolitaine chez les plus jeunesPart du vote intermittent et de l’abstention systématique selon l’âge en Paca et en France métropolitaine (en %)

Une abstention systématique plus importante en Paca qu’en France métropolitaine chez les plus jeunes
Provence-Alpes-Côte d’Azur France métropolitaine
Abstention systématique Vote intermittent Abstention systématique Vote intermittent
De 18 à 24 24,9 58,5 19,4 62,7
De 25 à 29 30,9 51,3 23,9 59,4
De 30 à 39 17,6 61,2 15,1 59,8
De 40 à 49 8,2 59,7 8,3 56,1
De 50 à 59 6,8 53,5 7,0 52,2
De 60 à 69 7,3 48,0 7,5 45,4
De 70 à 79 11,9 41,2 9,5 39,2
80 et plus 34,5 31,7 29,9 32,2
  • Champ : Français inscrits sur les listes électorales en France en 2017 et résidant en Paca en 2015
  • Source : Insee, enquête sur la participation électorale 2017

Figure 4Une abstention systématique plus importante en Paca qu’en France métropolitaine chez les plus jeunesPart du vote intermittent et de l’abstention systématique selon l’âge en Paca et en France métropolitaine (en %)

  • Champ : Français inscrits sur les listes électorales en France en 2017 et résidant en Paca en 2015
  • Source : Insee, enquête sur la participation électorale 2017

Les plus défavorisés s’abstiennent plus souvent que dans le reste de la France

Les comportements de participation électorale varient également selon la position sociale des électeurs. Dans la région comme au niveau national, les inscrits les moins favorisés s’abstiennent plus souvent que les autres (figure 5). C’est le cas notamment des personnes peu diplômées, des chômeurs ou des personnes à revenus modestes.

En outre, Paca se distingue par une abstention systématique plus marquée que dans les autres régions pour les inscrits les plus défavorisés. Ainsi, 20 % des inscrits de 25 ans ou plus n’ayant aucun diplôme ou un diplôme inférieur au bac se sont abstenus systématiquement, contre 16 % en moyenne de France métropolitaine, au détriment du vote systématique. Cette proportion des inscrits est même la plus importante de toutes les régions métropolitaines. En revanche, la part d’abstentionnistes parmi les inscrits ayant au moins le bac est identique à la moyenne nationale.

Le constat est le même si l’on considère le niveau de vie des inscrits. Pour le quart des inscrits aux revenus les plus modestes (1er quartile), le taux d’abstention systématique s’élève à 25 % en Paca contre 20 % au plan national.

De même, l’abstention systématique des chômeurs est plus forte dans la région qu’ailleurs : 30 % soit 8 points de plus que la moyenne métropolitaine. Pour les personnes en emploi, le taux d’abstention systématique est trois fois moins élevé que pour les chômeurs et avoisine la moyenne des régions françaises.

Ces écarts d’abstention entre Paca et le reste de la France ne dépendent pas du type de scrutins : ils se retrouvent aussi bien à la présidentielle qu’aux législatives.

Enfin, en Paca comme au niveau national, les inscrits ouvriers ou inactifs hors retraités s’abstiennent systématiquement plus souvent aux élections que les professions intermédiaires ou les cadres.

Figure 5Les moins diplômés s’abstiennent plus souvent à tous les scrutinsRépartition de la participation en Paca et en France métropolitaine selon certaines caractéristiques sociodémographiques (en %)

Les moins diplômés s’abstiennent plus souvent à tous les scrutins
Provence-Alpes-Côte d’Azur France métropolitaine
Abstention systématique Vote intermittent Vote systématique Ensemble Abstention systématique Vote intermittent Vote systématique Ensemble
Ensemble des inscrits 16 51 34 100 13 51 36
Sexe Femmes 15 52 33 100 13 51 36
Hommes 16 50 34 100 14 50 36
Diplômes 25 ans ou plus Sans diplômes ou diplôme inférieur au bac 20 48 32 100 16 48 36
Bac ou plus 9 52 38 100 9 51 40
Niveau de vie (25 ans ou plus) 1er quartile 24 51 25 100 20 51 29
2e quartile 13 51 36 100 14 52 34
3e quartile 14 50 35 100 10 49 40
4e quartile 6 48 46 100 7 46 47
Catégories sociales (25 ans et plus) Cadres et professions intellectuelles supérieures 7 48 45 100 6 48 45
Professions Intermédiaires 8 62 30 100 8 56 36
Employés 13 56 31 100 12 58 30
Ouvriers 19 52 28 100 15 58 26
Retraités 18 39 43 100 16 38 46
Autres personnes sans activité professionnelle 22 61 17 100 21 52 27
Situation par rapport à l’emploi Au chômage 30 50 20 100 23 57 20
Situation matrimoniale En couple 10 52 38 100 9 51 40
Personnes seules 23 49 28 100 20 51 29
  • Champ : Français inscrits sur les listes électorales en France en 2017 et résidant en Paca en 2015
  • Source : Insee, enquête participation électorale 2017

Sources

L’Insee réalise régulièrement des enquêtes sur la participation électorale. Depuis 2002, les élections présidentielle et législatives ont lieu la même année. En suivant le comportement des inscrits sur les listes électorales entre deux tours d’un même scrutin et entre différents scrutins successifs, ces enquêtes permettent d’observer finement le comportement de participation et notamment l’intermittence du vote. L’enquête de 2017 porte sur les personnes résidant en France (hors Mayotte) en 2015 et en capacité de voter, c’est-à-dire majeures le 23 avril 2017 et de nationalité française. À cet effet, un échantillon a été constitué à partir de l’échantillon démographique permanent, dans lequel figurent des informations provenant de l’enquête annuelle de recensement de 2015 et leur niveau de vie issu de la source fiscale. Les caractéristiques sociodémographiques (diplôme, catégorie sociale…) sont donc celles déclarées au recensement en 2015.

L’échantillon pour la France a été constitué de telle sorte qu’il soit représentatif au niveau de chacune des régions à l’exception de la Guyane.

Pour 45 000 personnes résidant en France (hors Mayotte) et inscrites sur les listes électorales, on dispose de leur participation aux votes et de caractéristiques sociodémographiques. Les agents de l’Insee ont en effet relevé la participation aux élections de 2017 de ces personnes, en consultant les listes d’émargement disponibles en préfecture dans les dix jours qui suivent le scrutin, comme tout électeur peut le faire. Le champ de l’enquête sur la participation électorale est ainsi différent de celui du ministère de l’intérieur, à partir duquel sont diffusés les résultats sur les taux de participation à chaque tour de scrutin. En effet, le ministère de l’intérieur prend en compte les inscrits en France, y compris Mayotte, les collectivités d’outre-mer et la Nouvelle-Calédonie, ainsi que les Français inscrits à l’étranger. De plus, il prend en compte l’ensemble des inscrits des régions françaises même si ces inscrits ne résident pas en France.

Dans cette étude, à des fins de comparaison dans le temps, on se restreint au champ commun à l’ensemble des enquêtes depuis 2002, à savoir les personnes vivant et inscrites en France métropolitaine. Sur ce champ, les échantillons des différentes enquêtes comportent chacun environ 40 000 personnes.

Les résultats sur la participation électorale en 2002, 2007 et 2012 sont enrichis de données sociodémographiques issues du recensement de la population de 1999 et de l'enquête annuelle de recensement de 2010.

Définitions

L’abstention systématique désigne le comportement d’un électeur qui n’a participé à aucun des quatre tours de scrutins organisés dans l’année (ou trois pour les circonscriptions ayant élu leur député dès le premier tour). En Paca, les législatives de 2017 ont partout compté deux tours de scrutin.

La participation systématique désigne le comportement électoral d’une personne ayant voté à tous les scrutins.

Les électeurs intermittents sont ceux qui ont voté au moins une fois mais se sont abstenus à au moins un scrutin.

Le vote blanc ou nul est un vote, avec émargement sur la liste électorale. Il est donc comptabilisé comme une participation.

Le niveau de vie est égal au revenu disponible du ménage divisé par le nombre d’unités de consommation. Ce nombre dépend de la taille du ménage, ainsi que de l’âge des personnes qui le compose : il faut compter une unité pour le premier adulte, 0,5 unité pour chaque personne supplémentaire âgée de 14 ans ou plus et 0,3 pour chaque enfant de moins de 14 ans.

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