En Bourgogne-Franche-Comté comme en France, le vote systématique devient minoritaire

Audrey Mirault, Stéphane Vigneau, Insee

Élections présidentielles et législatives confondues, seul un tiers des Français inscrits sur les listes électorales et résidant en Bourgogne-Franche-Comté ont participé aux quatre tours de scrutin. 51 % ont voté par intermittence, 13 % n’ont pas voté du tout. Depuis 2002 et le rassemblement sur une même année des deux grandes échéances nationales, le taux de vote systématique n’a jamais été aussi bas. Ce phénomène touche toutes les tranches d’âge. Au final, si l’on compte les personnes qui ne sont pas inscrites sur les listes électorales, c’est 23 % de la population en âge de voter qui est restée à l’écart du processus démocratique.

Insee Flash Bourgogne-Franche-Comté
No 39
Paru le : Paru le 19/10/2017
Audrey Mirault, Stéphane Vigneau, Insee
Insee Flash Bourgogne-Franche-Comté  No 39 - octobre 2017

Sur les 2,1 millions de Français en âge de voter qui résident en Bourgogne-Franche-Comté, 1,9 million sont inscrits sur les listes électorales de la région en 2017, soit un taux d’inscription de 89 %. Dans la région, aucun député n’a été élu au premier tour : entre élections présidentielles et élections législatives, les inscrits ont tous eu l’occasion de voter quatre fois. 36 % d’entre eux ont répondu présent à chaque tour de chaque scrutin. À l’opposé, 13 % des inscrits se sont abstenus systématiquement.

Le vote intermittent devient majoritaire

En Bourgogne-Franche-Comté, 51 % des inscrits ont voté sans pour autant participer à toutes les échéances. C’est une évolution marquante puisqu’entre 2002 et 2012, ce comportement s’était maintenu aux alentours de 40 % tandis que le vote systématique restait majoritaire à environ 50 % (figure 1). Ce changement est fortement lié à la désaffection des électeurs pour le scrutin législatif. 21 % des inscrits ont systématiquement voté à l’élection présidentielle puis se sont systématiquement abstenus à l’élection législative, deux fois plus qu’en 2002.

Figure 1Transfert du vote systématique vers le vote intermittentÉvolution des comportements de vote entre 2002 et 2007

Transfert du vote systématique vers le vote intermittent
Abstention systématique Vote intermittent Vote systématique
2002 11,71 38,45 49,84
2007 8,19 38,41 53,40
2012 10,07 41,01 48,92
2017 12,93 50,67 36,40
  • Champ : Français inscrits en France en 2017 et résidant dans la région en 2015
  • Source : Insee, enquête sur la participation électorale 2017

Figure 1Transfert du vote systématique vers le vote intermittentÉvolution des comportements de vote entre 2002 et 2007

  • Champ : Français inscrits en France en 2017 et résidant dans la région en 2015
  • Source : Insee, enquête sur la participation électorale 2017

Le vote systématique baisse pour toutes les tranches d’âge

C’est une constante : les jeunes votent moins systématiquement que leurs aînés. Cette année encore, seuls 14 % des inscrits de moins de 30 ans ont participé aux quatre échéances. Mais la participation systématique aux scrutins de 2017 est au plus bas quelle que soit la tranche d’âge observée (figure 2). La baisse est même particulièrement forte chez les quinquagénaires, dont le vote systématique chute de 23 points par rapport à 2012, de 61 % à 38 %.

Figure 2Nette baisse du vote systématique aux élections de 2017Évolution du vote systématique par tranche d’âge entre 2002 et 2017 (en %)

Nette baisse du vote systématique aux élections de 2017
2002 2007 2012 2017
De 18 à 24 ans 30,2 36,0 24,2 11,9
De 25 à 29 ans 23,2 33,4 21,6 15,2
De 30 à 39 ans 40,0 39,5 38,2 22,2
De 40 à 49 ans 57,9 56,2 48,2 32,8
De 50 à 59 ans 57,4 59,7 60,9 37,7
De 60 à 69 ans 64,2 65,6 60,4 51,3
De 70 à 79 ans 57,8 65,3 60,3 54,2
80 ans et plus 45,0 55,3 52,3 42,1
  • Champ : Français inscrits en France en 2017 et résidant dans la région en 2015
  • Sources : Insee, enquêtes sur la participation électorale de 2002 à 2017

Figure 2Nette baisse du vote systématique aux élections de 2017Évolution du vote systématique par tranche d’âge entre 2002 et 2017 (en %)

  • Champ : Français inscrits en France en 2017 et résidant dans la région en 2015
  • Sources : Insee, enquêtes sur la participation électorale de 2002 à 2017

Des pratiques électorales influencées par le diplôme et les revenus

Diplôme et niveau de vie ont un rôle crucial quant à l’assiduité aux scrutins électoraux. L’abstention systématique est trois fois plus forte chez les non diplômés que chez les diplômés de l’enseignement supérieur. Même constat lorsque l’on compare le quart des inscrits le plus pauvre au quart le plus riche : 18 % des plus défavorisés financièrement se sont abstenus, seulement 7 % pour les plus aisés (figure 3).

Figure 3Les plus favorisés davantage concernés par les scrutinsFrançais inscrits sur les listes en Bourgogne-Franche-Comté en 2017 et résidant en Bourgogne-Franche-Comté en 2015

Les plus favorisés davantage concernés par les scrutins
Abstention systématique Vote intermittent Vote systématique
Niveau de diplôme
Aucun diplôme 21,7 49,5 28,8
Inférieur au Baccalauréat 11,7 49,3 39,0
Baccalauréat 10,4 52,9 36,6
Supérieur au Baccalauréat 7,4 48,4 44,2
Niveau de vie
Quartile 1 18,4 52,2 29,3
Quartile 2 13,8 52,2 34,0
Quartile 3 7,1 51,6 41,3
Quartile 4 6,9 41,1 52,0
  • Champ : Français inscrits en France en 2017 et résidant dans la région en 2015
  • Sources : Insee, enquêtes sur la participation électorale de 2002 à 2017

Désinvestissement électoral

La part d’inscrits qui ne votent qu’au premier tour de l’élection présidentielle a presque triplé depuis 2002 sur l’ensemble de la région pour approcher les 5 % en 2017. En Bourgogne-Franche-Comté, 23 % des Français en âge de voter n’ont pris part à aucune des quatre échéances, qu’ils se soient abstenus ou ne soient pas inscrits sur les listes électorales (figure 4).

Figure 4Une coupure est-ouest dans le désinvestissement électoralFrançais inscrits sur les listes en Bourgogne-Franche-Comté en 2017 et résidant en Bourgogne-Franche-Comté en 2015

En %
Une coupure est-ouest dans le désinvestissement électoral (En %)
Codgo Libgeo TX inscription Abstention systématique Taux d’exclusion électorale
84 Auvergne-Rhône-Alpes 88,62 12,94 22,85
27 Bourgogne-Franche-Comté 88,78 12,93 22,70
53 Bretagne 93,03 11,58 17,74
24 Centre-Val de Loire 89,74 14,04 22,86
94 Corse 87,62 17,19 27,45
44 Grand-Est 89,33 14,00 23,17
32 Hauts-De-France 91,02 15,68 23,25
11 Ile-de-France 86,31 13,11 25,00
28 Normandie 91,20 12,25 19,97
75 Nouvelle-Aquitaine 90,91 13,20 21,09
76 Occitanie 90,33 12,69 21,13
52 Pays de la Loire 91,88 11,06 18,28
93 Provence-Alpes-Côte d'Azur 88,01 15,56 25,69
France métro 89,47 13,37 22,49
  • Champ : Français en âge de voter en France en 2017 et résidant dans la région en 2015
  • Sources : Insee, enquête participation électorale 2017, échantillon démographique permanent

Figure 4Une coupure est-ouest dans le désinvestissement électoralFrançais inscrits sur les listes en Bourgogne-Franche-Comté en 2017 et résidant en Bourgogne-Franche-Comté en 2015

  • Champ : Français en âge de voter en France en 2017 et résidant dans la région en 2015
  • Sources : Insee, enquête participation électorale 2017, échantillon démographique permanent

Pour comprendre

L’enquête sur la participation électorale de 2017 porte sur le vote aux élections présidentielles et législatives des personnes résidant en France (hors Mayotte) en 2015 en capacité de voter. À cet effet, un échantillon de 300 000 électeurs potentiels a été constitué à partir de l’échantillon démographique permanent, qui contient les informations d’un échantillon de personnes concernant notamment leur inscription ou non sur listes électorales, leurs réponses à l’enquête annuelle de recensement de 2015 et leur niveau de vie issu de la source fiscale. Les caractéristiques sociodémographiques sont donc celles déclarées au recensement de la population en 2015.

La participation aux élections d’un échantillon de 45 000 personnes inscrites sur les listes électorales de France est ensuite relevée par les agents de l’Insee en consultant les listes d’émargement en préfecture dans les dix jours qui suivent le scrutin, comme tout électeur peut le faire. Le vote blanc ou nul est un vote, avec émargement sur la liste électorale. Il est donc comptabilisé comme une participation.

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