Bilan économique 2017 - Bourgogne-Franche-Comté

Bonne dynamique économique en 2017

L’emploi se développe, soutenu par l’intérim et les services marchands. L’emploi frontalier continue de progresser. Le taux de chômage recule pour la troisième année consécutive. Le nombre de créations d’entreprises augmente et il y a moins de défaillances. La reprise se confirme pour les constructions de logements. La fréquentation touristique est au plus haut dans les hôtels et campings de la région. Dans l’agriculture, la production renoue avec des niveaux élevés.

Insee Conjoncture Bourgogne-Franche-Comté
No 13
Paru le : Paru le 31/05/2018
Guillaume Volmers, Insee
Insee Conjoncture Bourgogne-Franche-Comté  No 13 - mai 2018
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Chômage - Recul du taux de chômage pour la troisième année consécutiveBilan économique 2017

Guillaume Volmers, Insee

Fin 2017, le taux de chômage, au sens du Bureau international du travail, en Bourgogne-Franche-Comté est de 7,6 %, en baisse de 1,2 point sur un an. Tous les départements profitent de l’embellie. Le nombre d’inscrits à Pôle emploi diminue en catégorie A (personne n’ayant exercé aucune activité dans le mois) alors qu’il augmente pour les catégories B et C (personne ayant eu une activité réduite). Ces évolutions sont plus favorables pour les hommes et les jeunes de moins de 25 ans, qui bénéficient ainsi davantage de la reprise économique.

Insee Conjoncture Bourgogne-Franche-Comté

No 13

Paru le : 31/05/2018

L’activité reprend progressivement depuis trois ans. Après avoir atteint un pic fin 2014, 9,2 % en Bourgogne-Franche-Comté, le taux de chômage reculait de 0,3 point en 2015 et de 0,4 point en 2016. Cette année, son recul s’accélère.

Forte baisse du taux de chômage

Fin 2017, le taux de chômage tombe à 7,6 %, contre 8,6 % au niveau national. Une baisse très importante dans un cas comme dans l’autre : - 1,2 point (figure 1). La Bourgogne-Franche-Comté figure au troisième rang des régions les moins touchées par le chômage.

Le chômage recule dans tous les départements de la région et les écarts se réduisent. La plus forte baisse, - 2 points, profite au Territoire de Belfort, qui garde le taux de chômage le plus élevé à 8,7 %. La baisse la moins prononcée, - 1 point, concerne le Jura, département le moins touché avec un taux de chômage à 6,4 % (figure 2).

Le chômage baisse en 2017 dans toutes les zones d’emploi de la région. Celles de Belfort-Montbéliard-Héricourt et Morteau bénéficient davantage de l’embellie avec une baisse de 2,2 et 2,1 points. C’est toujours la zone d’emploi de Beaune qui détient le taux le plus bas à 5,8 % juste devant celle de Lons-le-Saunier à 5,9 %. Deux zones d’emploi situées en Saône-et-Loire ont les plus forts taux de chômage de la région : Le Creusot-Montceau à 9,8 % et Autun à 9,5 %, des territoires où l’industrie était très présente et a souffert de la crise.

Baisse des demandeurs d’emploi de catégorie A, augmentation des B et C

Les demandeurs d’emploi de catégorie A sont les inscrits à Pôle emploi qui n’ont eu aucune activité au cours du mois. Ils sont 127 100 en Bourgogne-Franche-Comté fin 2017, soit une baisse de 3,7 % par rapport à fin 2016 nettement plus marquée que celle de 0,2 % de la France métropolitaine (figure 3). Tous les départements de la région sont concernés par ce recul, qui va de - 1,3 % en Saône-et-Loire à - 7 % dans le Territoire de Belfort.

Les demandeurs d’emploi de catégorie B et C sont les inscrits à Pôle emploi qui ont eu une activité réduite rémunérée au cours du mois. Ils sont 91 100 dans la région fin 2017, soit une hausse de 7,6 % par rapport à fin 2016. La conjoncture favorable incite en effet les personnes qui ont un emploi à temps partiel non voulu à s’inscrire à Pôle emploi dans l’espoir d’améliorer leur situation.

La reprise profite en premier lieu aux jeunes et aux hommes

Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A baisse plus fortement pour les moins de 25 ans avec - 8,6 % et les hommes avec - 5,6 %.

A l’inverse, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie B et C augmente plus fortement que la moyenne régionale pour les seniors (+ 11 %) et les femmes (+ 8,3 %).

De manière générale, les personnes les plus éloignées de l’emploi semblent avoir plus de difficultés à réintégrer le marché du travail. Les demandeurs d’emploi de longue durée, inscrits à Pôle emploi depuis plus d’un an, sont en hausse très forte toutes catégories confondues. Ils sont 100 000 en Bourgogne-Franche-Comté, soit près de la moitié de l’ensemble des demandeurs.

Figure 1Évolution trimestrielle du taux de chômage

en % de la population active
Évolution trimestrielle du taux de chômage (en % de la population active)
Bourgogne-Franche-Comté France métropolitaine
1er trim. 2005 7,4 8,3
2e trim. 2005 7,6 8,4
3e trim. 2005 7,8 8,6
4e trim. 2005 7,9 8,7
1er trim. 2006 8,0 8,7
2e trim. 2006 7,9 8,6
3e trim. 2006 7,9 8,5
4e trim. 2006 7,4 8,0
1er trim. 2007 7,4 8,1
2e trim. 2007 7,0 7,8
3e trim. 2007 6,9 7,6
4e trim. 2007 6,4 7,1
1er trim. 2008 6,1 6,8
2e trim. 2008 6,3 7,0
3e trim. 2008 6,5 7,1
4e trim. 2008 6,9 7,4
1er trim. 2009 8,0 8,2
2e trim. 2009 8,6 8,8
3e trim. 2009 8,5 8,8
4e trim. 2009 8,8 9,1
1er trim. 2010 8,7 9,0
2e trim. 2010 8,6 8,9
3e trim. 2010 8,4 8,8
4e trim. 2010 8,2 8,8
1er trim. 2011 8,1 8,8
2e trim. 2011 8,0 8,7
3e trim. 2011 8,1 8,8
4e trim. 2011 8,2 9,0
1er trim. 2012 8,3 9,1
2e trim. 2012 8,7 9,4
3e trim. 2012 8,8 9,4
4e trim. 2012 9,2 9,7
1er trim. 2013 9,4 9,9
2e trim. 2013 9,5 10,1
3e trim. 2013 9,3 9,9
4e trim. 2013 9,1 9,8
1er trim. 2014 9,1 9,8
2e trim. 2014 9,1 9,8
3e trim. 2014 9,2 10,0
4e trim. 2014 9,5 10,1
1er trim. 2015 9,3 10,0
2e trim. 2015 9,4 10,2
3e trim. 2015 9,3 10,1
4e trim. 2015 9,2 9,9
1er trim. 2016 9,1 9,9
2e trim. 2016 9,0 9,7
3e trim. 2016 8,9 9,7
4e trim. 2016 8,8 9,7
1er trim. 2017 8,4 9,3
2e trim. 2017 8,2 9,1
3e trim. 2017 8,3 9,3
4e trim. 2017 7,6 8,6
  • Notes : données CVS. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Source : Insee, taux de chômage au sens du BIT et taux de chômage localisé.

Figure 1Évolution trimestrielle du taux de chômage

  • Notes : données CVS. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Source : Insee, taux de chômage au sens du BIT et taux de chômage localisé.

Figure 2Taux de chômage

en % de la population active
Taux de chômage (en % de la population active)
2016 T4 2017 T1 2017 T2 2017 T3 2017T4 (p) Évolution 2017T4/2016T4 (en points de %)
Côte-d'Or 8,2 7,8 7,7 7,9 7,2 -1,0
Doubs 9,1 8,6 8,4 8,3 7,6 -1,5
Jura 7,4 7,1 6,9 7,0 6,4 -1,0
Nièvre 9,1 8,6 8,3 8,5 7,8 -1,3
Haute-Saône 9,4 9,0 8,8 8,7 7,9 -1,5
Saône-et-Loire 8,9 8,5 8,3 8,5 7,9 -1,0
Yonne 9,5 9,0 8,7 8,9 8,2 -1,3
Territoire de Belfort 10,7 10,2 9,9 9,7 8,7 -2,0
Bourgogne-Franche-Comté 8,8 8,4 8,2 8,3 7,6 -1,2
France métropolitaine 9,7 9,3 9,1 9,3 8,6 -1,1
  • p : données provisoires.
  • Notes : données CVS.
  • Source : Insee, taux de chômage au sens du BIT et taux de chômage localisé.

Figure 3Demandeurs d'emploi en fin de mois

Demandeurs d'emploi en fin de mois
Demandeurs d'emploi au 31/12/2017 (en milliers) Évolution 2017/2016 (en %) (1)
Catégories A, B, C Catégorie A Catégories A, B, C Catégorie A
Hommes 104,9 66,2 -1,5 -5,6
Femmes 113,4 60,9 2,8 -1,5
Moins de 25 ans 31,1 18,1 -4,4 -8,6
25 à 49 ans 130,3 72,7 0,9 -3,9
50 ans ou plus 56,9 36,3 3,3 -0,6
Inscrits depuis un an ou plus 99,9 nd 5,5 nd
Bourgogne-Franche-Comté 218,2 127,1 0,7 -3,7
France métropolitaine 5 683,2 3 523,6 2,5 -0,2
  • nd : données non disponibles.
  • (1) : évolution de l'indicateur entre le 31/12/2016 et le 31/12/2017.
  • Note : données brutes.
  • Sources : Pôle emploi ; DARES.

Avertissement

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Définitions


Chômage partiel :

lorsqu'une entreprise réduit son activité au-dessous de l'horaire légal ou arrête momentanément tout ou partie de son activité et qu'elle n'entend pas rompre les contrats de travail qui la lient à ses salariés, elle peut avoir recours au chômage partiel.

Le système d'indemnisation du chômage partiel permet de gérer une baisse d'activité ponctuelle, limitée dans le temps et ayant pour cadre l'année civile.

Remarque :

Le dispositif du chômage partiel a pour but d'éviter des licenciements : il permet à une entreprise qui subit une perte d'activité de nature économique, technique ou naturelle, de réduire temporairement les horaires de ses effectifs.

Lorsque le chômage partiel se prolonge au-delà de 6 semaines, les salariés dont le contrat de travail est suspendu sont considérés comme étant à la recherche d'un emploi et peuvent être admis au bénéfice de l'allocation d'aide de retour à l'emploi versée par Pôle Emploi ; on parle alors de « chômage partiel total ».

En 2008, afin de tenir compte de la dégradation de la conjoncture économique, l'instruction DGEPF n° 2008/19 du 25 novembre 2008 précise les conditions d'une application dynamique du chômage partiel, qu'il s'agisse, par exemple, de répondre favorablement aux demandes des entreprises en redressement judiciaire, dans la perspective de leur reprise, aux demandes des entreprises de sous-traitance affectées par les difficultés de leurs donneurs d'ordres, ou encore, d'assouplir l'interprétation du caractère temporaire du chômage partiel.

L'instruction rappelle également les autres dispositifs auxquels peuvent recourir les entreprises avant de solliciter l'État pour bénéficier du chômage partiel : aménagement du temps de travail dans le cadre fixé par la loi du 20 août 2008, formation des salariés...


Catégories de demandes d'emploi établies par arrêté :

la publication des effectifs de demandeurs d'emploi inscrits se fait selon les catégories statistiques suivantes :

  • catégorie A : demandeurs d'emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi, sans emploi ;
  • catégorie B : demandeurs d'emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi, ayant exercé une activité réduite courte (i.e. de 78 heures ou moins au cours du mois) ;
  • catégorie C : demandeurs d'emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi, ayant exercé une activité réduite longue (i.e. plus de 78 heures au cours du mois) ;
  • catégorie D : demandeurs d'emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi (en raison d'un stage, d'une formation, d'une maladie…), y compris les demandeurs d'emploi en convention de reclassement personnalisé (CRP), en contrat de transition professionnelle (CTP), sans emploi et en contrat de sécurisation professionnelle ;
  • catégorie E : demandeurs d'emploi non tenus de faire de actes positifs de recherche d'emploi, en emploi (par exemple : bénéficiaires de contrats aidés).

Jusqu'en 1995, il existait cinq catégories de demandes ou de demandeurs d'emploi.

Les demandeurs d'emploi étaient regroupés en fonction du type d'emploi recherché et non pas en fonction du type d'emploi occupé.

La catégorie 1 enregistrait les personnes immédiatement disponibles, à la recherche d'un emploi sous contrat à durée indéterminée (CDI), à temps plein.

La catégorie 2 enregistrait les personnes immédiatement disponibles, à la recherche d'un emploi sous contrat à durée indéterminée (CDI), à temps partiel.

La catégorie 3 enregistrait les personnes immédiatement disponibles, à la recherche d'un emploi à durée limitée (CDD, mission d'intérim, vacation).

La catégorie 4 enregistrait les personnes sans emploi et à la recherche d'un emploi mais non immédiatement disponibles (en formation, en arrêt maladie, en congé de maternité).

La catégorie 5 enregistrait les personnes pourvues d'un emploi mais à la recherche d'un autre emploi, donc non immédiatement disponibles.

De 1995 à fin 2008, les personnes ayant exercé une activité réduite ou occasionnelle de 78 heures ou plus dans le mois précédent étaient exclues des catégories 1, 2 et 3 pour former les catégories 6, 7 et 8. Il existait alors huit catégories.


Demandeurs d'emploi de longue durée / DELD :

les demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) sont ceux inscrits en catégories A, B, C, depuis un an ou plus.


Demandeurs d'emploi en fin de mois / DEFM / Demandes d'emploi en fin de mois :

les demandeurs d'emploi en fin de mois (DEFM) sont les personnes inscrites à Pôle Emploi et ayant une demande en cours au dernier jour du mois.


Population active (BIT) :

la population active dite « au sens du BIT » regroupe la population active occupée et les chômeurs (ces deux concepts étant entendus selon les définitions BIT).

Remarque :

Définition internationale, adoptée en 1982 par une résolution du Bureau international du travail (BIT).


Taux de chômage :

le taux de chômage est le pourcentage de chômeurs dans la population active (actifs occupés + chômeurs).

On peut calculer un taux de chômage par âge en mettant en rapport les chômeurs d'une classe d'âge avec les actifs de cette classe d'âge. De la même manière se calculent des taux de chômage par sexe, par PCS, par région, par nationalité, par niveau de diplôme...

Remarque :

Le taux de chômage diffère de la part du chômage qui, elle, mesure la proportion de chômeurs dans l'ensemble de la population.


Taux de chômage (BIT) :

le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) est la proportion du nombre de chômeurs au sens du BIT dans la population active au sens du BIT.

Pour en savoir plus

Définitions