Contraintes financières des entreprises innovantes et croissance sectorielle

Charles-Marie CHEVALIER

Documents de travail
No G2018/05
Paru le : Paru le 23/10/2018
Charles-Marie CHEVALIER
Documents de travail  No G2018/05 - octobre 2018

Les politiques d’innovation peuvent consister en des mesures visant à soulager directement les contraintes financières des entreprises innovantes, au-delà des incitations fiscales plus usuelles pour stimuler la dépense privée de R&D. Pour explorer les interactions entre innovation et contraintes financières au niveau sectoriel, et évaluer des variantes politiques stylisées, cette étude rassemble deux cadres analytiques issus des littératures en matière de croissance endogène et de finance d'entreprise. Au sein de ce modèle dynamique, les entreprises innovent et se concurrencent en termes de produits selon un principe de création destructrice, et accumulent des fonds internes en rapport avec des obstacles financiers survenant lorsqu’elles sont créées, se développent ou disparaissent. En présence notamment d’asymétries d’information entre investisseurs et dirigeants d’une entreprise concernant des bénéfices incertains, ce modèle vérifie d’abord le fait que les entreprises tendent à dépenser plus en R&D quand leurs fonds internes sont plus élevés. Il se prête ensuite à des variantes pour analyser la croissance et la détention globale de liquidités dans différents contextes sectoriels. Dans ce cadre spécifique, faciliter la levée initiale de fonds internes, comme les incitations fiscales, peut avoir des effets notables. En outre, alors qu’un secteur high-tech stylisé est associé à une croissance et une détention globale de liquidités plus élevées, ces deux grandeurs dépendent largement de diverses caractéristiques sectorielles, comme l'efficactié de la recherche, les coûts d’entrée, le montant moyen des bénéfices, ou encore l'incertitude sur ces derniers. (Document en anglais)