Inégalités de consommation en France entre 1995 et 2011

Charles-Marie CHEVALIER

Documents de travail
No G2018/07
Paru le : Paru le 05/11/2018
Charles-Marie CHEVALIER
Documents de travail  No G2018/07 - novembre 2018

Comment ont évolué les inégalités de consommation en France durant les deux dernières décennies, et notamment en comparaison des inégalités de revenu ? Pour les États-Unis, alors que les premières mesures de ces inégalités faisaient apparaître une stabilité dans le temps, cette tendance a été remise en question par un indicateur alternatif contrôlant des sous-déclarations des dépenses de consommation et témoignant plutôt d’une hausse du même ordre que celle observée pour les inégalités de revenus (Aguiar et Bils, 2015). Cette étude développe dans un premier temps des indicateurs usuels pour la France, à partir de l’enquête Budget de famille entre 1995 et 2011, et les décline selon différents postes de consommation et pour différentes classes d’âge ou compositions de ménage. En prenant un échantillon de ménages et un panier de consommation standards, les inégalités de consommation ne semblent pas avoir accompagné en France la hausse des inégalités de revenu, en particulier durant la crise. Pour les biens inférieurs toutefois, le niveau des inégalités de consommation, certes moins élevé, a augmenté. Dans un second temps, pour corriger de potentiels biais de sous-déclaration, un indicateur alternatif est construit, analogue à celui d’Aguiar et Bils (2015) sur les États-Unis et reposant sur les différences de dépenses en biens de luxe et de première nécessité entre les ménages des bas et hauts revenus. Toutefois, alors que de larges sous-déclarations de la part des ménages de hauts revenus sont observées aux États-Unis, il ne semble pas y avoir d’incidence de tels problèmes de mesure en France. Ainsi, dans l’ensemble, qu’elles soient mesurées à partir d’indicateurs usuels ou de l’indicateur alternatif, les inégalités de consommation n’ont pas crû comme les inégalités de revenu. Ces dernières n’ayant pas elles-mêmes crû fortement, cette légère divergence ne signale pas de recours préoccupant à l’endettement sur cette période comme il a pu en être pour les États-Unis. (Document en anglais)