Comparaison de deux dispositifs d’aide à la R&D collaborative public-privé

Christophe BELLÉGO, Vincent DORTET-BERNADET et Marine TÉPAUT

Documents de travail
No G2018/10
Paru le : Paru le 20/11/2018
Christophe BELLÉGO, Vincent DORTET-BERNADET et Marine TÉPAUT
Documents de travail  No G2018/10 - novembre 2018

En 2005, deux dispositifs ont été mis en place pour soutenir la recherche et développement (R&D) collaborative entre entreprises et organismes de recherche. L’un porté par l’Agence nationale de la recherche (ANR) subventionne des travaux plus orientés vers la recherche fondamentale. L’autre porté par le Fonds unique interministériel (FUI) soutient des activités de R&D plus appliquées. Cette étude présente une première exploitation de la base de données concernant ces deux dispositifs sur la période 2007-2014. Elle décrit les projets retenus, analyse la participation des entreprises et la décision des deux organismes de financer ou pas un projet.

Ce travail confirme en partie que les deux dispositifs de l’ANR et du FUI ont poursuivi des objectifs distincts et que les projets qu’ils financent sont différents. En effet, les projets soutenus par l’ANR sont en moyenne plus petits que ceux soutenus par le FUI, ils comptent relativement plus d’organismes de recherche et les dépenses de R&D par partenaire sont près de trois fois moins élevées. De plus, le FUI semble avoir plus privilégié les relations entre partenaires d’un même territoire alors que l’ANR a plus financé les relations à distance et les relations avec des partenaires situés en Île-de-France.

Toutefois, le processus de sélection diminue la différence entre les deux dispositifs : l’ANR sélectionne plutôt des projets de grande taille, tandis que le FUI retient plutôt ceux accordant plus de place aux organismes de recherche. En outre, les deux dispositifs s’adressent à une même population d’entreprises très spécifique : des d’entreprises déjà innovantes, qui réalisent plus de R&D que les autres, qui sont plus fréquemment membres d’un pôle de compétitivité et qui ont une meilleure connaissance du système de soutien public à l’innovation. Ce dernier point pose la question de la redondance des autres dispositifs soutenant la R&D collaborative créés en 2010 qui s’adressent a priori à une même population d’entreprises.