Les PME des Pays de la Loire moins tournées vers l’export

Sonia Besnard, Serge Fraboul, Insee

Les petites et moyennes entreprises (PME) des Pays de la Loire sont moins tournées vers l’export que celles de province. La position de la région, loin des frontières européennes, explique pour partie cette situation. Pour autant, la taille et l’activité des PME ligériennes pourraient permettre une plus grande présence sur les marchés internationaux. Les exportations représentent 14 % du chiffre d’affaires des PME exportatrices, plaçant la région très en deçà des autres régions françaises, même celles situées dans l’Ouest. Le commerce de gros et la fabrication de produits industriels sont les principaux secteurs exportateurs. Le profil des entreprises exportatrices est très diversifié, allant des grandes PME implantées de longue date ou des PME spécialisées dans l’export aux entreprises exportant pour la première fois.

Sonia Besnard, Serge Fraboul, Insee
Insee Analyses Pays de la Loire  No 67 - novembre 2018

Parmi les 128 000 PME des Pays de la Loire, 5 600 exportent

L’ouverture à l’international des entreprises constitue un des enjeux de développement économique et d’emploi dans les territoires. Or, s’implanter sur les marchés étrangers relève de la stratégie de l’entreprise. Dans les grandes entreprises, cette stratégie est souvent élaborée par le siège social ou le groupe pouvant être situé hors de la région. En revanche, analyser la situation des PME régionales vis-à-vis de l’export permet d’appréhender la propension des entrepreneurs régionaux à exporter et aide les acteurs publics dans la mise en place d’un accompagnement ciblé pour les PME. Cette politique d’accompagnement est un des axes du schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII) des Pays de la Loire.

Des PME moins ouvertes à l’international

Les PME des Pays de la Loire sont moins tournées vers l’international que les PME de province : elles exportent moins souvent et dans de plus faibles volumes. En 2015, parmi les 128 000 PME régionales, 5 600 exportent. Les PME exportatrices représentent 4,4 % des PME régionales, contre 5,8 % pour la province, situant la région au 11e rang, devant la Normandie et la Corse (figure 1). Ces PME réalisent 2,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires à l’international. Les exportations représentent 14 % du chiffre d’affaires total des PME ligériennes exportatrices, part inférieure à la moyenne des PME de province (18 %). La région se situe à l’avant-dernier rang, devant la Corse. Le champ de l’étude étant restreint, ce montant de 2,2 milliards ne peut pas être comparé aux 18,9 milliards issus des statistiques douanières (encadré).

Figure 1Des PME régionales moins exportatrices dans l’OuestNombre et part de PME exportatrices par région

Des PME régionales moins exportatrices dans l’Ouest
Code de la région Libellé de la région Nombre de PME exportatrices Part de PME exportatrices (en %)
11 Île-de-France 54 890 8,9
44 Grand Est 14 660 7,9
84 Auvergne-Rhône-Alpes 24 930 7,2
27 Bourgogne-Franche-Comté 6 800 6,6
93 Provence-Alpes-Côte d'Azur 18 040 6,6
32 Hauts-de-France 10 300 6,2
76 Occitanie 12 480 4,7
53 Bretagne 5 580 4,6
24 Centre-Val de Loire 4 030 4,5
52 Pays de la Loire 5 580 4,4
75 Nouvelle-Aquitaine 11 210 4,4
28 Normandie 4 470 4,1
94 Corse 640 3,1
France métropolitaine 173 610 6,5
France de province 118 720 5,8
  • Source: Insee, Lifius et Clap 2015.

Figure 1Des PME régionales moins exportatrices dans l’OuestNombre et part de PME exportatrices par région

  • Source: Insee, Lifius et Clap 2015.

La plus faible propension à exporter des PME régionales tient principalement à la localisation de la région. Les entrepreneurs des régions du Nord et de l’Est bénéficient de la proximité géographique des pays européens, premiers clients des exportations françaises. Dans ces régions frontalières, les PME sont entre 6 % dans les Hauts-de-France et 8 % dans le Grand-Est à exporter. Dans les régions de l’Ouest, ces proportions varient de 4 % pour les PME normandes à 5 % pour les occitanes.

La distance aux frontières ne joue pas, en revanche, sur le volume des exportations. Par exemple, les PME exportatrices de Grand-Est réalisent 16 % de leurs ventes à l’international et celles de Bretagne, 18 %. Avec 14 % du chiffre d’affaires réalisé à l’export, les PME exportatrices des Pays de la Loire témoigneraient ainsi d’une certaine frilosité à se tourner vers les marchés étrangers.

Un appareil productif légèrement favorable

Dans la région, l’environnement économique favorable peut inciter les PME à rester sur le marché intérieur considérant qu’il offre suffisamment d’opportunités. Le développement d’infrastructures routières, ferroviaires ou logistiques et de certains facteurs difficilement mesurables (capacité à la prise de risque, pratique des langues étrangères…) contribuent à la décision d’exporter. La taille ou le secteur d’activité jouent également un rôle, même faible. Les PME des Pays de la Loire disposent d’une structure qui ne freine pas l’export : leurs caractéristiques, taille ou secteur d’activité, sont proches de la moyenne de province, voire légèrement plus favorables. La décision de passer à l’export se prend plus fréquemment dans des entreprises assez grandes (plus de 20 salariés), au cours des premières années d’existence et dans les secteurs du commerce de gros, de la fabrication de biens d’équipement, de matériels de transport et d’autres produits industriels ou de l’information et communication. Les PME de la région fabriquant des matériels de transport exportent comme les PME de province. En revanche, le degré d’ouverture des PME régionales est sensiblement inférieur dans les autres secteurs propices à l’export, en particulier pour les biens d’équipement. Certaines PME peuvent produire pour l’export sans être exportatrices elles-mêmes : soit, en tant que sous-traitantes, elles vendent leur production à des donneurs d’ordres qui, eux, exportent ; soit elles externalisent cette fonction auprès d’intermédiaires.

Commerce de gros et fabrication d’autres produits industriels tirent les exportations

Deux secteurs d’activité dominent les exportations des PME de la région : le commerce de gros et la fabrication d’autres produits industriels. Les grossistes de la région négocient à l’international très majoritairement des produits agricoles, des produits alimentaires et des équipements industriels. Ainsi, un tiers du chiffre d’affaires à l’export des PME de la région émane de PME exerçant dans le commerce de gros (figure 2), en tant que grossistes ou intermédiaires. Elles représentent 21 % des PME exportatrices régionales. Deuxièmes exportateurs de la région, les fabricants de produits industriels tels que produits métalliques ou plastiques réalisent un quart des ventes à l’étranger des PME de la région et représentent 16 % des PME exportatrices.

Figure 2Commerce de gros et fabrication de produits industriels exportent le plusDonnées de cadrage des exportations des PME des Pays de la Loire en 2015 selon le secteur d’activités

Commerce de gros et fabrication de produits industriels exportent le plus - Lecture : dans le secteur des industries agroalimentaires, 160 PME exportent parmi les 2 880 PME du secteur, soit 5,5 %. Les exportations représentent en moyenne 12,7 % du chiffre d’affaires des PME exportatrices du secteur. Les exportations du secteur représentent 7,8 % du total des exportations des PME de la région.
Secteur d'activités PME régionales (en nombre) dont PME régionales exportatrices Part du CA réalisé à l’export (en %) Part des exportations dans le CA export régional (en %)
(en nombre) (en %)
Industries agroalimentaires 2 880 160 5,5 (<<) 12,7 (<<) 7,8
Fabrication d'équipements et de machines 500 190 37,4 (><) 17,3 (<<) 6,9
Fabrication de matériels de transport 170 60 34,7 (>>) 21,6 (><) 3,8
Fabrication d'autres produits industriels (produits métalliques, en plastique…) 6 820 900 13,2 (><) 15,5 (<<) 26,4
Construction 21 690 390 1,8 (<<) 7,8 (<<) 2,4
Commerce 34 550 2 050 5,9 (<<) 12,2 (<<) 36,4
dont commerce de gros 5 920 1 145 19,4 (><) 15,2 (<<) 33,3
Transports et entreposage 2 840 260 9,1 (><) 10,3 (<<) 4,6
Hébergement et restauration 11 540 180 1,6 (<<) 10,5 (<<) 0,5
Information et communication 4 010 380 9,4 (><) 13,4 (<<) 2,6
Activités scientifiques et techniques 22 440 840 3,7 (<<) 18,6 (<<) 7,8
Autres activités de service 20 520 170 0,8 (<<) 18,9 (>>) 0,8
Ensemble 127 960 5 580 4,4 13,6 100,0
  • Note : le signe (<<) indique une valeur inférieure, à la fois, à celles de la France de province et des autres régions de l’Ouest ; le signe (><), une valeur supérieure à celle des régions de l’Ouest, mais inférieure à celle de France de province ; le signe (>>), une valeur supérieure, à la fois, à celle de la France de province et des autres régions de l’Ouest.
  • Lecture : dans le secteur des industries agroalimentaires, 160 PME exportent parmi les 2 880 PME du secteur, soit 5,5 %. Les exportations représentent en moyenne 12,7 % du chiffre d’affaires des PME exportatrices du secteur. Les exportations du secteur représentent 7,8 % du total des exportations des PME de la région.
  • Champ : petites et moyennes entreprises (PME) régionales.
  • Source: Insee, LifiUs et Clap 2015.

Comparées aux PME des autres régions, les PME exportatrices du commerce de gros ou de la fabrication d’autres produits industriels s’ouvrent moins à l’export. Elles réalisent 15 % de leur chiffre d’affaires à l’export, soit 5 points de moins que leurs homologues de province ou des autres régions de l’Ouest.

Autres secteurs exportateurs : les activités scientifiques et techniques telles que le conseil en gestion ou l’ingénierie et les industries agroalimentaires (IAA). Chacun de ces secteurs génère 8 % du chiffre d’affaires à l’export des PME régionales. Les PME exportatrices dans les IAA sont moins nombreuses (3 %) que celles ayant une activité scientifique et technique (15 %). Leur ouverture à l’export est plus faible que dans les autres régions de province ou même de l’Ouest.

Les PME les plus grandes en matière d’effectif exportent plus souvent (figure 3). La part de PME exportatrices est de 3 % pour les moins de 10 salariés, et de 42 % pour les PME de 50 salariés ou plus. L’accès aux marchés internationaux nécessite des moyens humains et financiers plus conséquents pour absorber les aléas liés aux marchés internationaux. Pour accroître le nombre de PME qui se lancent à l’export, des actions pourraient être ciblées vers les entreprises ligériennes de 10 à 49 salariés qui marquent le pas par rapport à leurs homologues de province. Un autre enjeu pour les acteurs locaux serait de s’adresser à des entreprises récemment créées afin que l’export fasse partie intégrante de la stratégie de l’entreprise.

Figure 3Les PME de 10 à 49 salariés nettement moins exportatrices que celles de provinceNombre et part des PME exportatrices selon leur effectif (en %)

Les PME de 10 à 49 salariés nettement moins exportatrices que celles de province
Pays de la Loire (en %) Autres régions de l'Ouest (en %) Province (en %) Pays de la Loire
PME exportatrices (en nombre) PME (en nombre)
Ensemble 4,4 4,5 5,8 5 580 127 960
Moins de 10 salariés 3,4 3,8 4,9 4 130 121 900
De 10 à 19 salariés 17,4 18,7 22,6 590 3 370
De 20 à 49 salariés 27,4 28,9 33,6 510 1 860
De 50 à 249 salariés 42,4 38,3 44,4 350 830
  • Source: Insee, LifiUs et Clap 2015.

Figure 3Les PME de 10 à 49 salariés nettement moins exportatrices que celles de provinceNombre et part des PME exportatrices selon leur effectif (en %)

  • Source: Insee, LifiUs et Clap 2015.

Les PME exportatrices sont plus grandes et plus anciennes

Les PME exportatrices se différencient par le niveau de leur chiffre d’affaires et leur taille. Dans l’industrie, le chiffre d’affaires moyen des PME exportatrices est dix fois supérieur à celui des non exportatrices et leur effectif moyen huit fois. Pour les PME du commerce de gros et des services aux entreprises, le multiplicateur est de cinq pour le chiffre d’affaires moyen et de quatre pour l’effectif moyen.

Les salariés des PME exportatrices sont plus qualifiés, particulièrement dans l’industrie où le taux d’encadrement est 1,5 fois celui des non exportatrices. Ceci est lié à la taille plus grande des PME exportatrices mais également au fait que pour exporter, disposer de personnel qualifié en techniques commerciales et maîtrisant les langues étrangères, notamment l’anglais, est indispensable. En revanche, les différences sont peu marquées pour le salaire moyen ou la productivité moyenne.

Autre caractéristique, les PME exportatrices sont créées depuis plus longtemps. Dans l’industrie, les PME de plus de trente ans sont quatre fois plus fréquentes parmi les PME exportatrices que parmi les non exportatrices, deux fois plus dans le commerce de gros et les services aux entreprises.

Une grande hétérogénéité d’entreprises exportatrices

Le profil des PME exportatrices varie, passant des grandes entreprises présentes régulièrement à l’international aux petites unités qui exportent pour la première fois. Un tiers des PME exportatrices réalisent moins de 2 % de leur chiffre d’affaires à l’international alors que, pour 20 % d’entre elles, 40 % du chiffre d’affaires provient de l’export. Pour la province, la proportion de ces très grandes exportatrices s’élève à 24 %. Le déficit régional de très grandes exportatrices contribue fortement à la moindre présence régionale sur les marchés étrangers.

Un tiers des exportatrices est présent à l’international depuis au moins six ans, une proportion légèrement supérieure à la province (31 %). Elles contribuent pour les trois quarts au montant total des exportations des PME. À l’opposé, 18 % des exportatrices sont des primo-exportatrices, à l’image des 19 % pour la province. Les PME primo-exportatrices sont petites, 80 % emploient moins de 5 salariés, et elles sont jeunes, une sur deux a moins de cinq ans. La moitié génère moins de 10 000 euros de chiffre d’affaires à l’international. Elles sont surreprésentées dans les services, en particulier dans l’informatique et les services aux entreprises. Pour celles qui ont tenté l’export en 2014, près d’une sur deux n’a pas renouvelé l’expérience l’année suivante. Consolider le passage à l’export est un enjeu pour ces entreprises. Un tiers des PME exportatrices n’emploient pas de salarié, et la moitié d’entre elles réalise moins de 11 000 euros à l’export. Ces entreprises non employeuses et les primo-exportatrices représentent 42 % des PME exportatrices et 6 % du chiffre d’affaires total à l’export des PME.

Poids lourds de l’export : les grandes PME implantées de longue date…

La moitié du chiffre d’affaires à l’international des PME de la région provient des plus grandes structures et des plus anciennes : 72 % ont entre 50 et 249 salariés, 25 % entre 20 et 49 salariés ; leur chiffre d’affaires est 7 fois plus élevé que la moyenne des PME exportatrices et 6 sur 10 existent depuis plus de trente ans. Elles travaillent d’abord pour le marché intérieur, les exportations représentant en moyenne 12 % du chiffre d’affaires.

Dans ce profil, les grandes PME de l’industrie dominent : 44 % sont des entreprises industrielles de 50 à 249 salariés, présentes notamment dans les secteurs de la fabrication de produits métalliques, des industries alimentaires, de la fabrication de produits en plastique et de machines et équipements. Les grandes unités du commerce de gros (de 20 à 249 salariés) comptent pour 16 %.

Ces grandes PME exportatrices des industries alimentaires, des produits métalliques et des machines et équipements sont moins orientées vers l’international que celles des autres régions de l’Ouest. Accroître la part des exportations dans leur chiffre d’affaires notamment en les aidant à exporter différentes gammes de produits pourrait être un levier d’action pour élargir l’ouverture à l’export des entrepreneurs de la région.

… et les PME spécialistes

Les autres PME qui portent les exportations dans la région sont les 5 % d’entreprises exportatrices vivant quasi exclusivement de l’export : plus des trois quarts de leur chiffre d’affaires proviennent des ventes à l’étranger. Elles contribuent à un cinquième du chiffre d’affaires à l’export régional. Ces entreprises sont relativement petites, les trois quarts ont moins de 10 salariés.

Deux sur dix sont de petites entreprises (de 1 à 4 salariés) dans le commerce de gros, notamment des intermédiaires, grossistes en produits alimentaires (fruits et légumes, boissons, poissons et crustacés), en équipements industriels ou de bureau ou en produits agricoles (cuirs et peaux). Des PME ayant une activité de services aux entreprises, font également partie des entreprises vivant quasi exclusivement de l’export, notamment dans l’ingénierie et le conseil en gestion.

Pour ces PME spécialisées dans l’export, leur petite taille peut les fragiliser. L’accompagnement consisterait à les aider à se consolider, notamment en leur permettant de renforcer leurs effectifs.

Le profil le plus répandu : des PME moyennement exportatrices

Pour une PME exportatrice sur trois, exporter revient à réaliser en moyenne 7 % de son chiffre d’affaires à l’international. Ces entreprises au profil le plus répandu contribuent à 13 % du montant total des exportations des PME régionales. Elles n’exportent pas forcément chaque année. Leurs activités se retrouvent dans les secteurs exportateurs de la région : commerce de gros (19 %), fabrication de produits métalliques (9 %) et services aux entreprises (9 %). Certaines d’entre elles (12 %) exercent dans le commerce de détail, par exemple via la vente à distance. Les PME de ce profil sont de taille moyenne, 6 sur 10 emploient entre 5 et 49 salariés et 4 sur 10, de 1 et 4 salariés.

Pour ces PME, s’ouvrir davantage à l’international est un enjeu possible, notamment en aidant les dirigeants à élaborer une vision stratégique de leur développement à l’export.

Des petites entreprises exportatrices, productives et à qualification plus élevée

D’autres PME se distinguent par une productivité plus élevée ainsi qu’un haut niveau de qualification des effectifs. L’activité de ces PME (9 % des exportatrices) qui contribuent pour 12 % au montant total des exportations n’est pas principalement tournée vers l’export : 6 sur 10 sont des exportatrices occasionnelles et les ventes à l’étranger constituent en moyenne 18 % du chiffre d’affaires. Ce sont des entreprises de petite taille, 7 sur 10 emploient de 1 à 4 salariés, jeunes, plus productives et au personnel plus qualifié que la moyenne des exportatrices. Les principaux secteurs relèvent du commerce de gros, en particulier des intermédiaires et des grossistes en produits alimentaires, des services aux entreprises (conseil de gestion, ingénierie et activités de soutien), de l’édition de logiciel, de la programmation et du conseil informatique.

Encadrés

Pays de la Loire, une région dynamique économiquement mais moyennement exportatrice

En 2017, le commerce extérieur de la région représente 44,1 milliards d’euros (exportations et importations), soit 4,4 % des échanges nationaux, quand la région pèse 5,1 % du PIB. Le montant des exportations s’élève à 18,9 milliards d’euros, soit 4,1 % du total national.

Les exportations des PME de la région atteignent 2,2 milliards d’euros en 2015. Si le montant des exportations régionales issu des statistiques douanières en 2017 et le montant des exportations des PME issu de déclarations comptables en 2015 ne peuvent pas être rapprochés, il apparaît toutefois que les PME ne contribuent que modérément à l’ensemble des exportations. Ainsi, au niveau national, la moitié des exportations est réalisée par les grandes entreprises, un tiers par les entreprises de taille intermédiaire (ETI) et 17 % seulement par les PME.

Les exportations sont en relation avec les importations : dans une économie mondialisée, les biens et services s’échangent. Pour produire et donc exporter, les pays importent les biens et services nécessaires qu’ils ne trouvent pas sur le marché intérieur.

Les exportations des PME ligériennes sont d’abord à destination du marché européen : 70 % dont 41 % vers les pays frontaliers en 2015. Les autres continents viennent loin derrière : l’Asie (12 %), l’Amérique (10 %) et l’Afrique (8 %). L’Allemagne est le premier pays destinataire des exportations des PME avec 15 % du total des ventes, devant l’Espagne et le Royaume-Uni. Les produits exportés par les PME de la région sont principalement des produits de la culture et de l’élevage, des machines et équipements d’usage général, des appareils électriques, de la viande et des produits à base de viande et des produits en plastique.

Le poids de l’export plus marqué dans cinq zones d’emploi

Dans la région, 9 100 établissements dépendent d’une PME exportatrice. Ils se concentrent dans les grandes agglomérations, particulièrement dans l’agglomération nantaise (figure 4), à l’instar des établissements de l’ensemble des PME de la région. Les PME exportatrices emploient 66 000 salariés, soit 23 % des effectifs totaux des PME régionales. La part de l’emploi lié à l’export est plus élevée dans les zones d’emploi de La Ferté-Bernard, Les Herbiers, Ancenis, Cholet et La Flèche. La présence de grands établissements industriels ouverts à l’export y contribue, notamment des fabricants de produits métalliques dans celle de La Ferté-Bernard, de produits en plastique pour Les Herbiers et de machines et équipements pour Cholet. La proximité de grandes entreprises exportatrices pourrait également avoir un effet d’entraînement. À l’inverse, la part de l’emploi lié à l’export est moins forte dans les zones d’emploi de Sablé-sur-Sarthe, Le Mans, La Roche-sur-Yon et Les Sables-d’Olonne.

Figure 4Poids de l’export plus élevé dans les zones d’emploi de La Ferté-Bernard et des HerbiersLocalisation à la commune des emplois liés à l’export dans les établissements des PME exportatrices et part de ces emplois dans l’emploi des PME par zone d’emploi (en%)

Poids de l’export plus élevé dans les zones d’emploi de La Ferté-Bernard et des Herbiers
Code de la zone d’emploi Libellé de la zone d’emploi Proportion d’emplois liés à l’export par rapport à l’ensemble des salariés des PME (en %)
5211 La Ferté-Bernard 6,85
5217 Les Herbiers 6,33
5201 Ancenis 3,66
5206 Cholet 3,23
5212 La Flèche 3,21
5203 Nantes 2,88
5205 Angers 2,85
5209 Laval 2,79
5204 Saint-Nazaire 2,69
5207 Saumur 2,45
0051 Alençon 2,35
5202 Châteaubriant 2,24
5208 Segré 2,17
5215 Challans 2,06
5210 La Mayenne 2,06
5216 Fontenay-le-Comte 1,97
5219 Les Sables-d'Olonne 1,68
5218 La Roche-sur-Yon 1,67
5213 Le Mans 1,64
5214 Sablé-sur-Sarthe 0,42
  • Note : le nombre de salariés liés à l’export se calcule en multipliant le nombre de salariés des établissements des PME exportatrices par la part du chiffre d’affaires qu’elles réalisent à l’export.
  • Source: Insee, LifiUs et Clap 2015.

Figure 4Poids de l’export plus élevé dans les zones d’emploi de La Ferté-Bernard et des HerbiersLocalisation à la commune des emplois liés à l’export dans les établissements des PME exportatrices et part de ces emplois dans l’emploi des PME par zone d’emploi (en%)

  • Note : le nombre de salariés liés à l’export se calcule en multipliant le nombre de salariés des établissements des PME exportatrices par la part du chiffre d’affaires qu’elles réalisent à l’export.
  • Source: Insee, LifiUs et Clap 2015.

Partenariat

Cette étude est issue d’un partenariat entre l’Insee, le conseil régional des Pays de la Loire (Gaëlle Gloanec) et les Douanes (Ghislaine Le Roux, Marie-Hélène Meunier) en collaboration avec CCI International (Isabelle Deniau, Armelle Rebuffet) et la Direccte (Pierre Séjourné, Yann Sicamois).

Sources

LifiUs (Liaisons financières entre unités statistiques) recense toutes les entreprises en tant qu’unités statistiques. Ce fichier fournit les données comptables des entreprises et particulièrement le chiffre d’affaires à l’export.

Clap (Connaissance locale de l’appareil productif) permet de localiser l’ensemble de l’activité économique au travers des effectifs et des rémunérations des établissements des entreprises.

Définitions

Petite et moyenne entreprise (PME) : entreprise de moins de 250 salariés dont le chiffre d’affaires (CA) est inférieur à 50 millions d’euros ou dont le bilan est inférieur à 43 millions.

Une PME est dite régionale quand au moins 80 % de ses effectifs sont localisés dans la région.

Une PME est dite exportatrice quand elle a déclaré au moins 1 000 euros de chiffre d’affaires à l’export lors de l’exercice comptable de l’année considérée. Les exportations peuvent être des biens ou des services.

Types d’entreprise exportatrice en 2015 :

  • Primo-exportatrice : exporte en 2015 et n’a pas exporté au cours des cinq années précédentes.
  • Exportatrice occasionnelle : exporte en 2015 et a exporté au moins une année entre 2010 et 2014.
  • Exportatrice régulière : exporte en 2015 et a exporté chaque année entre 2010 et 2014.


Champ

Champ de l’étude : PME régionales non contrôlées par un groupe étranger, évoluant dans les secteurs marchands, à l’exception des secteurs agricole, financier et d’assurance, des activités immobilières, des administrations publiques, de l’enseignement, de la santé et de l’action sociale, et de l’énergie et des industries extractives. Les effectifs salariés sont calculés en équivalents temps plein (ETP).

Pour en savoir plus

Schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation 2017-2021, téléchargeable sur le site de la région Pays de la Loire .

« Commerce extérieur – Augmentation des échanges commerciaux, tirés par les importations », in Bilan économique 2017 – Fort dynamisme de l’emploi dans les Pays de la Loire, Insee Conjoncture Pays de la Loire, n° 20, mai 2018, pp. 22-23.

Bacheré H., « Les petites et moyennes entreprises réalisent 17 % des exportations », Insee Première, n° 1692, mars 2018.

« Les entreprises des Pays de la Loire : une démarche à poursuivre vers l’international », in L’appareil productif des Pays de la Loire face à son avenir – Enjeux 2020, Insee Pays de la Loire, avril 2010, pp. 51-65.