Bilan touristique de l’été 2018 : un dynamisme porté par les campings et les autres hébergements collectifs

Elena Mironova, Insee

D’avril à septembre 2018, la hausse de la fréquentation dans les hébergements touristiques marchands du Grand Est est trois fois supérieure à celle de la France métropolitaine. Cette augmentation est portée par les campings et les autres hébergements collectifs touristiques, le nombre de nuitées dans les hôtels étant stable. Grâce au dynamisme de ces deux types de structures, le Grand Est enregistre un bilan positif auprès de la clientèle résidente dans un contexte national marqué par la stagnation. La nette hausse du nombre de touristes en provenance de l’étranger contribue également aux bons résultats de l’ensemble de la saison.

Elena Mironova, Insee
Insee Analyses Grand Est  No 86 - novembre 2018

Lors de la saison d’été 2018 (d’avril à septembre), le Grand Est enregistre 13,9 millions de nuitées, soit une hausse de 4,1 % par rapport à la même période l’année précédente (figure 1). C’est la troisième plus forte évolution des régions de province, au même niveau que les Pays de la Loire, derrière la Normandie et les Hauts-de-France (+ 5,3 % et + 4,9 %), la moyenne nationale se situant à + 1,3 %. Le Grand Est se place ainsi en 7e position parmi les régions de province en termes de nombre de nuitées.

Figure 1Une hausse de la fréquentation trois fois supérieure à celle de la métropoleNuitées dans les hôtels, campings et AHCT selon le pays de résidence des touristes d’avril à septembre 2018

Une hausse de la fréquentation trois fois supérieure à celle de la métropole - Lecture : d’avril à septembre 2018, le Grand Est enregistre 13 942 000 nuitées, soit une hausse de 4,1 % par rapport à la même période l’année passée. Cette évolution est supérieure à celle de France métropolitaine qui s’établit à 1,3 %.
Provenance Grand Est France métropolitaine
Nuitées 2018 (en milliers) Évolution 2017-2018 (en %) Évolution 2017-2018 (en %)
Hôtel Camping AHCT Ensemble Hôtel Camping AHCT Ensemble Hôtel Camping AHCT Ensemble
Résidents 4 939 1 354 1 825 8 118 -3,2 5,1 13,8 1,6 -1,4 0,3 1,1 -0,1
Non-résidents 3 213 1 800 811 5 823 5,6 12,1 8,6 8,0 6,6 2,7 0,0 4,3
dont : Allemagne 727 522 208 1 457 9,7 9,6 -4,1 7,5 8,1 4,2 -9,4 4,2
Belgique 497 184 167 848 -1,9 14,6 37,2 7,5 -3,1 2,5 -4,0 -0,6
Suisse 221 76 86 382 0,8 26,9 -17,1 0,0 0,1 1,4 -18,1 -1,9
Pays-bas 281 720 75 1 075 -1,6 11,4 -7,3 6,2 -0,4 -0,1 -23,3 -1,5
Royaume-Uni 350 155 38 543 8,8 17,5 31,8 12,5 5,3 4,7 -10,6 3,8
Total 8 152 3 154 2 636 13 942 0,1 9,0 12,2 4,1 1,8 1,1 0,9 1,3
  • AHCT : autres hébergements collectifs touristiques
  • Lecture : d’avril à septembre 2018, le Grand Est enregistre 13 942 000 nuitées, soit une hausse de 4,1 % par rapport à la même période l’année passée. Cette évolution est supérieure à celle de France métropolitaine qui s’établit à 1,3 %.
  • Champ : hébergements touristiques marchands du Grand Est et de France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme et la direction générale des entreprises, enquêtes sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques.

Les nuitées non résidentes contribuent plus fortement à cette hausse que celles des résidents : + 8,0 % contre + 1,6 %. Ces évolutions sont plus favorables que la moyenne métropolitaine, (+ 4,3 % et - 0,1 % respectivement). Les non-résidents sont à l’origine de 5,8 millions de nuitées de la saison, soit 42 % des nuitées régionales. Parmi eux, les touristes venant d’Allemagne et des Pays-Bas sont majoritaires, suivis de ceux originaires de la Belgique, du Royaume-Uni et de la Suisse. Ces cinq pays de provenance regroupent ainsi près de trois quarts des nuitées non résidentes estivales.

Cette année, les Allemands et les Néerlandais sont venus plus nombreux dans le Grand Est (respectivement + 7 % et + 6 %). C’est également le cas des Britanniques (+ 13 %), qui affirment nettement leur retour après deux années de baisse et un été 2017 stable. Les nuitées belges sont également en forte hausse (+ 7 %), tandis que celles des touristes en provenance de Suisse stagnent. Les touristes originaires d’autres pays habituellement moins nombreux dans le Grand Est ont été davantage présents, comme les Chinois, les Italiens, les Américains, et les Espagnols (entre + 25 % et + 6 %).

Tout comme en France métropolitaine, le mois de mai est celui où la fréquentation progresse le plus fortement avec une hausse de 13 % par rapport à la même période de l’année passée (+ 15 % au niveau national) (figure 2). Il est suivi des mois d’août et de septembre (+ 7 % chacun). Le nombre de nuitées décroît au contraire en avril, moins toutefois qu’en moyenne dans l’Hexagone (- 3 % contre - 8 %), reste stable en juin et augmente légèrement en juillet (+ 1 %). Les vacances de Pâques, davantage étalées sur le mois de mai cette année, contrairement à 2017, ainsi que les « ponts » plus nombreux, expliquent en partie cette évolution.

Figure 2Forte hausse de fréquentation en mai pour l’ensemble des hébergementsÉvolution de la fréquentation selon le mois dans le Grand Est pour la saison d’été 2018

En %
Forte hausse de fréquentation en mai pour l’ensemble des hébergements (En %) - Lecture : en avril, seuls les AHCT enregistrent une hausse de fréquentation dans le Grand Est (+ 7 %), tandis que le nombre de nuitées baisse dans les campings et les hôtels (- 15 % et - 4 % respectivement). Pour l’ensemble des hébergements marchands de la région, la baisse pour le mois d’avril s’établit à 3 %, soit un recul moins important qu’en métropole (- 8 %).
Mois Hôtel Camping AHCT Ensemble France métropolitaine
avril -4,4 -14,7 7,2 -3,1 -8,3
mai 4,1 43,2 19,9 12,6 14,9
juin 1,3 -8,0 3,6 -0,2 -0,6
juillet -3,0 6,8 6,1 1,3 -0,5
août 0,6 10,1 20,3 6,7 1,7
septembre 2,1 20,0 16,2 7,1 3,1
Ensemble de la saison 0,1 9,0 12,2 4,1 1,3
  • AHCT : autres hébergements collectifs touristiques
  • Lecture : en avril, seuls les AHCT enregistrent une hausse de fréquentation dans le Grand Est (+ 7 %), tandis que le nombre de nuitées baisse dans les campings et les hôtels (- 15 % et - 4 % respectivement). Pour l’ensemble des hébergements marchands de la région, la baisse pour le mois d’avril s’établit à 3 %, soit un recul moins important qu’en métropole (- 8 %).
  • Champ : hébergements marchands touristiques du Grand Est et de France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme et la direction générale des entreprises, enquêtes sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques.

Figure 2Forte hausse de fréquentation en mai pour l’ensemble des hébergementsÉvolution de la fréquentation selon le mois dans le Grand Est pour la saison d’été 2018

  • AHCT : autres hébergements collectifs touristiques
  • Lecture : en avril, seuls les AHCT enregistrent une hausse de fréquentation dans le Grand Est (+ 7 %), tandis que le nombre de nuitées baisse dans les campings et les hôtels (- 15 % et - 4 % respectivement). Pour l’ensemble des hébergements marchands de la région, la baisse pour le mois d’avril s’établit à 3 %, soit un recul moins important qu’en métropole (- 8 %).
  • Champ : hébergements marchands touristiques du Grand Est et de France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme et la direction générale des entreprises, enquêtes sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques.

Alors que toutes les catégories d’hébergements contribuent à la hausse des nuitées touristiques nationales, la progression de la fréquentation régionale est en revanche portée exclusivement par les campings et les autres hébergements collectifs touristiques (AHCT). Dans le Grand Est, les nuitées de ces deux types de structures d’hébergements progressent en effet très fortement, alors que la fréquentation hôtelière est stable. Ainsi, après une forte hausse entre 2016 et 2017 pour les trois types d’hébergements, seules les nuitées des campings et des AHCT gardent leur rythme de progression (figure 3).

Figure 3La fréquentation hôtelière marque le pas dans le Grand EstÉvolution de la fréquentation des hébergements touristiques marchands entre les saisons d’été 2014 et 2018

Indice base 100 en 2014
La fréquentation hôtelière marque le pas dans le Grand Est (Indice base 100 en 2014) - Lecture : entre les saisons d’été 2014 et 2018, les nuitées touristiques enregistrées par l’ensemble des hébergements marchands ont davantage progressé dans le Grand Est qu’en France métropolitaine (respectivement + 15 % et + 8 %).
Type d’hébergement Hôtel Camping AHCT Ensemble des hébergements du Grand Est Ensemble des hébergements métropolitains
2014 100 100 100 100 100
2015 100 107 99 102 103
2016 100 105 103 102 100
2017 106 117 116 110 106
2018 106 128 130 115 108
  • AHCT : autres hébergements collectifs touristiques
  • Lecture : entre les saisons d’été 2014 et 2018, les nuitées touristiques enregistrées par l’ensemble des hébergements marchands ont davantage progressé dans le Grand Est qu’en France métropolitaine (respectivement + 15 % et + 8 %).
  • Champ : hébergements touristiques marchands du Grand Est et de France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme et la direction générale des entreprises, enquêtes sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques.

Figure 3La fréquentation hôtelière marque le pas dans le Grand EstÉvolution de la fréquentation des hébergements touristiques marchands entre les saisons d’été 2014 et 2018

  • AHCT : autres hébergements collectifs touristiques
  • Lecture : entre les saisons d’été 2014 et 2018, les nuitées touristiques enregistrées par l’ensemble des hébergements marchands ont davantage progressé dans le Grand Est qu’en France métropolitaine (respectivement + 15 % et + 8 %).
  • Champ : hébergements touristiques marchands du Grand Est et de France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme et la direction générale des entreprises, enquêtes sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques.

Une fréquentation qui progresse partout sauf en Haute-Marne

Après une saison 2017 très positive pour l’ensemble des départements, la fréquentation continue à y croître, quoiqu’à un rythme moins soutenu. Les Ardennes constituent une exception notable, avec une hausse de nuitées touristiques encore plus importante (+ 22 % après + 10 % en 2017), notamment celles des non-résidents (+ 54 %). Les nuitées comptabilisées dans ce département ne représentent toutefois qu’une part très faible du total des nuitées régionales de la saison (3 %).

La Moselle, l’Aube, les Vosges et la Marne enregistrent également une hausse du nombre de nuitées supérieure à la moyenne régionale. Dans les départements champenois et en Moselle, les deux types de clientèle augmentent, tandis que dans les Vosges les nuitées non résidentes, en forte augmentation (+ 17 %), permettent de compenser un léger recul des touristes résidents (- 1 %). C’est aussi dans le département des Vosges que les voyageurs, en provenance de l’étranger notamment, demeurent le plus longtemps (3,0 jours). Les Néerlandais, les Belges et les Allemands ont ainsi été plus nombreux à séjourner dans le département (entre + 22 % et + 12 %).

La clientèle non résidente a également été nettement plus présente dans la Marne et dans l’Aube par rapport à la saison précédente. Les nuitées des touristes en provenance du Royaume-Uni notamment, qui représentent près d’un tiers de la fréquentation non résidente dans ces départements, y sont en hausse (+ 10 % et + 6 % respectivement).

La saison 2018 s’avère un peu moins bonne pour la Haute-Marne où la fréquentation stagne. Dans ce département, la clientèle résidente marque un recul (- 6 %) que la clientèle non résidente ne parvient à compenser.

Dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, en tête du nombre de nuitées touristiques, l’augmentation de la fréquentation est tirée par la clientèle non résidente. À l’origine d’un tiers des nuitées non résidentes de ces deux départements, les touristes en provenance d’Allemagne notamment sont encore plus présents cet été (+ 8 %). Les nuitées britanniques et suisses sont en hausse également (+ 11 % et + 4 % respectivement), tandis que celles des Belges et des Néerlandais diminuent (- 4 % et - 2 %).

L’hôtellerie régionale soutenue par la fréquentation des non-résidents

D’avril à septembre 2018, les hôtels du Grand Est totalisent 8,2 millions de nuitées. Avec un taux d’occupation de 63,7 %, l’hôtellerie régionale se place 7e en province, ex æquo avec les Hauts-de-France, après le Centre-Val de Loire et devant la Nouvelle-Aquitaine.

Tout comme la métropole, les hôtels de la région comptent moins de touristes en provenance de France cet été comparé à 2017. Le recul est toutefois encore plus important : - 3,2 % contre - 1,4 %. Deux régions seulement enregistrent une hausse de leur fréquentation hôtelière résidente (les Pays de la Loire et la Normandie).

Les touristes en provenance de l’étranger ont en revanche été plus présents dans la région que l’année passée (+ 5,6 %). Légèrement en deçà de la France métropolitaine (+ 6,6 %), cette évolution permet tout juste de compenser la baisse de la clientèle résidente. Cet été, les hôtels régionaux enregistrent une hausse de nuitées britanniques, allemandes et suisses, tandis que celles des Belges et des Néerlandais diminuent légèrement. Les touristes en provenance des pays les plus fidèles au Grand Est privilégient l’hôtellerie pour leurs séjours estivaux, à l’exception des Néerlandais qui passent deux tiers de leurs nuitées dans les campings.

La clientèle résidente est en baisse quel que soit le mois, avec des pics en avril et en juillet : - 5,2 % et - 6,4 % (figure 4). Même le mois de mai, globalement positif pour les hébergements marchands grandestois, n’a pas été favorable pour ce type de clientèle (- 3,7 %), contrairement à celle, nombreuse, en provenance de l’étranger (+ 20,5 %) qui a permis de compenser cette défection. Seul le mois d’avril n’a pas eu la faveur des non-résidents (- 2,9 %), ce qui en fait le mois le moins dynamique de la saison avec une baisse globale de fréquentation de 4,4 %.

Trois quarts des nuitées hôtelières de la saison se déroulent dans les espaces urbains. Dans les grandes agglomérations de la région qui totalisent plus de deux tiers des nuitées hôtelières, la fréquentation augmente à Troyes, Reims et Nancy (entre + 5 % et + 3 %), reste stable à Strasbourg et baisse de 2 % à Mulhouse, Colmar et Metz-Amnéville. Dans la plupart de ces agglomérations, la clientèle résidente est en recul, et seules les nuitées des non-résidents permettent pour certaines d’entre elles d’enregistrer une hausse globale de la fréquentation.

Figure 4 Recul de la clientèle résidente dans les hôtelsÉvolution de la fréquentation hôtelière dans le Grand Est selon le mois, d’avril à septembre 2018

En %
Recul de la clientèle résidente dans les hôtels (En %) - Lecture : en avril, le nombre de nuitées hôtelières totales baisse de 4,4 %. Les nuitées résidentes et non résidentes diminuent respectivement de 5,2 % et 2,9 %.
Nuitées Résidents Non-résidents Total
avril -5,2 -2,9 -4,4
mai -3,7 20,5 4,1
juin -2,3 7,9 1,3
juillet -6,4 1,9 -3,0
août -1,8 3,9 0,6
septembre 0,2 5,5 2,1
Ensemble de la saison -3,2 5,6 0,1
  • Lecture : en avril, le nombre de nuitées hôtelières totales baisse de 4,4 %. Les nuitées résidentes et non résidentes diminuent respectivement de 5,2 % et 2,9 %.
  • Champ : hôtels du Grand Est.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme et la direction générale des entreprises, enquêtes sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques.

Figure 4 Recul de la clientèle résidente dans les hôtelsÉvolution de la fréquentation hôtelière dans le Grand Est selon le mois, d’avril à septembre 2018

  • Lecture : en avril, le nombre de nuitées hôtelières totales baisse de 4,4 %. Les nuitées résidentes et non résidentes diminuent respectivement de 5,2 % et 2,9 %.
  • Champ : hôtels du Grand Est.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme et la direction générale des entreprises, enquêtes sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques.

Les résidents et les non-résidents en hausse dans les campings

Avec un total de 3,2 millions de nuitées passées dans ses campings entre avril et septembre 2018, le Grand Est se place en 9e position parmi les régions de France métropolitaine, après la Normandie et devant la Bourgogne-Franche-Comté. C’est cependant la deuxième région de province où la fréquentation touristique progresse le plus par rapport à la saison précédente, après la Normandie. Après une bonne saison 2017, les nuitées des campings régionaux gardent ainsi leur dynamisme.

Le nombre de nuitées dans les campings augmente aussi bien auprès des résidents que des non-résidents (+ 5,1 % et + 12,1 %), tandis que la métropole enregistre une quasi-stabilité de la fréquentation de la clientèle hexagonale et une hausse plus modérée de la clientèle en provenance de l’étranger (+ 2,7 %). Le Grand Est est, après la Bretagne, la région de province où les nuitées non résidentes augmentent le plus. Elle se place au troisième rang derrière la Normandie et les Hauts-de-France pour celles des résidents. Les nuitées suisses, britanniques, belges, néerlandaises et allemandes progressent (entre 27 % et 10 %), tout comme celles des non-résidents plus rares dans la région, tels les Italiens et les Espagnols (+ 33 % et + 32 %).

Le mois de mai a été particulièrement favorable aux campings : le nombre de nuitées s’élève de 43 % par rapport à l’été 2017, les résidents et les non-résidents ayant été plus nombreux. C’est également le cas lors des trois derniers mois de la saison où la hausse est plus modérée (entre + 20 % et + 7 %), tandis que les deux types de clientèle sont en baisse en avril et en juin.

Les campings les plus confortables de plus en plus attractifs

Plus de deux tiers des nuitées des campings se déroulent dans les établissements dotés de 3 à 5 étoiles. En 2018, le succès croissant dont bénéficient ces structures depuis plusieurs années se confirme une nouvelle fois. La fréquentation y augmente de 12,6 %, tandis que la hausse est plus modérée dans les campings de catégorie inférieure et non classés (+ 1,1 %). Ces derniers pâtissent notamment de la nette désaffection des touristes en provenance de l’Hexagone (- 7,0 %) (figure 5).

Tout comme l’année passée, la fréquentation progresse aussi bien sur les emplacements équipés que sur les emplacements nus (+ 7,6 % et + 9,3 % respectivement). Les évolutions sont moins favorables en métropole, où le nombre de nuitées sur les emplacements nus est en baisse de 1,6 % et où la fréquentation des emplacements équipés croît plus modérément que dans le Grand Est (+ 3,5 %). Notre région occupe ainsi la première place en province pour l’évolution des nuitées sur les emplacements nus, devant la Normandie et la Bretagne (+ 6,6 % et + 5,6 % respectivement).

Malgré ces résultats positifs, le taux d’occupation des campings grandestois reste légèrement inférieur à la moyenne métropolitaine. Les emplacements équipés semblent davantage prisés : leur taux d’occupation est de 44 % cette année, contre 29 % pour les emplacements nus. Il en va de même pour les emplacements classés de 3 à 5 étoiles, dont le taux d’occupation est de 14 points supérieur à ceux d’entrée de gamme et non classés.

C’est dans les campings que les touristes séjournent le plus longtemps sur l’ensemble de la saison : 2,9 jours, contre 2,6 jours pour les AHCT et 1,6 jours pour les hôtels. Cette durée est toutefois bien inférieure au temps moyen passé par les campeurs en métropole (5,1 jours). La clientèle résidente est celle qui reste le plus longtemps : 3,5 jours en moyenne, contre 2,5 jours pour les non-résidents. Les séjours les plus longs concernent les mois de juillet et d’août (3,1 jours contre 2,5 jours pour le reste de la saison). Les touristes prolongent davantage leurs séjours sur les emplacements équipés, ainsi que dans les campings de 3 à 5 étoiles.

Figure 5Très nette hausse de fréquentation des campings les mieux classésFréquentation des campings dans le Grand Est d’avril à septembre 2018

Très nette hausse de fréquentation des campings les mieux classés - Lecture : d’avril à septembre 2018, le nombre de nuitées enregistrées sur les emplacements nus s’établit à 2 355 000, soit 9,3 % de plus qu’a la même saison l’année passée. Le taux d’occupation sur ces emplacements est de 27,4 % et la durée de séjour est de 2,5 jours en moyenne.
Nombre de nuitées (en milliers) Évolution 2017-2018 (en %) Taux d’occupation (en %) Durée moyenne de séjour (en jours)
Total Résidents Non-résidents
Emplacements nus 2 355 9,3 6,2 11,0 28,8 2,5
Emplacements équipés 796 7,6 3,2 17,9 44,0 4,9
Campings non classés à 2 étoiles 925 1,1 -7,0 9,0 23,1 2,7
Campings 3 à 5 étoiles 2 229 12,6 11,5 13,3 37,4 2,9
Ensemble des campings du Grand Est 3 154 9,0 5,1 12,1 31,1 2,9
Ensemble des campings de France métropolitaine 125 295 1,1 0,3 2,7 35,6 5,1
  • Lecture : d’avril à septembre 2018, le nombre de nuitées enregistrées sur les emplacements nus s’établit à 2 355 000, soit 9,3 % de plus qu’a la même saison l’année passée. Le taux d’occupation sur ces emplacements est de 27,4 % et la durée de séjour est de 2,5 jours en moyenne.
  • Champ : campings du Grand Est et de France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme et la direction générale des entreprises, enquêtes sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques.

Les autres hébergements touristiques collectifs ont la faveur des résidents

D’avril à septembre 2018, les AHCT ont attiré bien plus de touristes en provenance de France que l’été dernier (+ 13,8 %), soit une évolution nettement plus dynamique qu’au niveau national (+ 1,1 %). Après la forte hausse de fréquentation de la saison précédente (+ 11,3 %), la croissance se poursuit. C’est la deuxième meilleure progression en France métropolitaine, après l’Île-de-France (+ 20,5 %) et devant les Hauts-de-France (+ 15,8 %).

Les nuitées non résidentes de ce type d’hébergement augmentent moins (+ 8,6 %), après un été 2017 très favorable (+ 15,9 %). La situation est toutefois meilleure qu’au niveau national où le nombre de nuitées stagne. Ainsi, dans la région, les nuitées belges et britanniques augmentent, tandis que celles des Suisses, Néerlandais et Allemands reculent sur l’ensemble de la saison par rapport à 2017.

Tous les mois ont été positifs pour les AHCT, grâce notamment à la clientèle nationale qui a par ailleurs boudé les hôtels. Les touristes résidant en France sont davantage présents quel que soit le mois (entre + 5 % et + 23 %), à commencer par celui d’août. Ceux en provenance de l’étranger sont quant à eux plus nombreux aux mois de mai, juillet et août mais sont en recul les autres mois.

Sur la saison d’été, les touristes résidents préfèrent les AHCT aux campings : ils y passent plus de nuitées (22 % contre 17 %). À l’opposé, ces hébergements semblent moins attractifs pour la clientèle en provenance de l’étranger qui n’y demeure qu’une nuit sur dix sur l’ensemble de la saison. Hormis les Suisses, les touristes en provenance des autres pays fréquentant habituellement le Grand Est privilégient en effet les campings.

Près de trois quarts des nuitées estivales dans les AHCT se concentrent dans les résidences de tourisme et hôtelières. Les non-résidents, en particulier, plébiscitent ce type d’hébergement avec neuf nuitées sur dix, tandis que les touristes en provenance de France passent près d’un quart des nuitées dans les villages de vacances et les maisons familiales.

Encadré

Offre des campings : plus d’emplacements équipés dans le Grand Est entre les saisons 2014 et 2018

Avec près de 4 millions d’emplacements offerts lors de la saison 2018, le Grand Est se place en 8e position parmi les régions métropolitaines, après la Normandie et devant la Bourgogne-Franche-Comté. Le haut du classement est occupé essentiellement par les régions littorales, la Nouvelle-Aquitaine en tête.

L’offre des campings dans le Grand Est a progressé de 1,7 % entre les saisons 2014 et 2018, soit plus que la moyenne de France métropolitaine (figure). Cette hausse a été exclusivement portée par, d’une part, les emplacements équipés et, d’autre part, par ceux de catégorie supérieure. En effet, le Grand Est s’avère moins bien doté en ces types d’emplacements par rapport à la moyenne des régions, alors que la préférence des touristes semble s’y porter davantage année après année.

Dans ce contexte, l’offre en emplacements équipés augmente plus rapidement qu’en métropole, tandis que le nombre d’emplacements nus n’a que très peu évolué entre 2014 et 2018. Ces derniers constituent cependant encore près des neuf-dixièmes de l’offre régionale, contre deux tiers des emplacements de l’ensemble des campings métropolitains. Entre 2014 et 2018, le nombre d’emplacements nus a mieux résisté dans la région que dans l’ensemble de la métropole (- 2 % contre - 6 %). Ces différences pourraient s’expliquer par une demande qui, dans la région, demeure importante pour ce type d’emplacements propices aux courts séjours.

Du point de vue de la catégorie, l’offre des campings de 3 à 5 étoiles augmente fortement entre 2014 et 2018, davantage qu’au niveau métropolitain. En effet, ces derniers représentent un peu plus de la moitié de l’ensemble de l’offre, soit moins qu’au niveau national, où les campings de 3 à 5 étoiles pèsent pour presque trois quarts de la capacité totale. L’offre en emplacements non classés à 2 étoiles est quant à elle en nette baisse, tout comme au niveau national. La région semble ainsi se doter en emplacements de confort supérieur afin de s’adapter à une demande touristique de plus en plus exigeante.

Une offre de campings marquée par le poids des emplacements nus Évolution du nombre d’emplacements de campings offerts dans le Grand Est entre les saisons d’été 2014 et 2018

Une offre de campings marquée par le poids des emplacements nus - Lecture : d’avril à septembre 2018, l’offre d’emplacements nus dans les campings du Grand Est s’établit à 3 394 000. C’est 1,8 % de moins qu’à la même période en 2014, contre - 6,2 % en France métropolitaine. Dans le Grand Est, les emplacements nus représentent 85,8 % de l’ensemble de l’offre, contre 66,0 % en métropole.
Grand Est France métropolitaine
Nombre d’emplacements offerts en 2018 (en milliers) Évolution 2014-2018 (en %) Proportion en 2018 (en %) Évolution 2014-2018 (en %) Proportion en 2018 (en %)
Type d’emplacement
Équipés 560 30,0 14,2 20,5 34,0
Nus 3 394 -1,8 85,8 -6,2 66,0
Catégorie
Non classés à 2 étoiles 1 743 -16,5 44,1 -16,2 26,3
3 à 5 étoiles 2 210 22,9 55,9 9,7 73,7
Total 3 954 1,7 100,0 1,4 100,0
  • Lecture : d’avril à septembre 2018, l’offre d’emplacements nus dans les campings du Grand Est s’établit à 3 394 000. C’est 1,8 % de moins qu’à la même période en 2014, contre - 6,2 % en France métropolitaine. Dans le Grand Est, les emplacements nus représentent 85,8 % de l’ensemble de l’offre, contre 66,0 % en métropole.
  • Champ : campings du Grand Est et de France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme et la direction générale des entreprises, enquêtes sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques.

Sources

En partenariat avec la Direction générale des entreprises et les comités régionaux et départementaux du tourisme, l’Insee réalise mensuellement des enquêtes sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques : hôtels, campings et autres hébergements collectifs touristiques (AHCT). Ces derniers comprennent notamment les résidences de tourisme (dont appart’hôtel), villages de vacances, maisons familiales et auberges de jeunesse. Ils n’incluent pas les hébergements proposés par des particuliers.

Pour les campings, à compter de 2017, l’interrogation démarre en avril sur tout le territoire et dure jusqu’en septembre. Pour les régions dont la collecte démarrait auparavant en mai, les données relatives aux mois d’avril 2010 à 2016 ont été estimées.

Définitions

La saison d’été couvre les mois d’avril à septembre.

La clientèle peut être soit résidente en France (si son lieu d’habitation habituel est localisé en France) soit non résidente.

Les nuitées (ou fréquentation) correspondent au nombre total de nuits passées par les clients. Un couple séjournant trois nuits consécutives dans un hôtel compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

La durée moyenne de séjour : rapport du nombre de nuitées au nombre d’arrivées de clients hébergés.

Le taux d’occupation est le rapport entre le nombre d’hébergements occupés et le nombre d’hébergements offerts par les établissements ouverts.

L’offre d’emplacements dans les campings correspond au total des emplacements offerts multipliés par le nombre de jours d’ouverture.

Pour en savoir plus

Gidrol J.-C., « Saison touristique d’été 2018 : fréquentation en hausse, grâce à la clientèle non résidente », Insee Focus n° 134, novembre 2018.

Ducharne T., « Un tourisme peu développé dans les Ardennes », Insee Analyses Grand Est n° 69, juin 2018.

Gidrol J.-C., « Saison touristique d'hiver 2017-2018. Une fréquentation dynamique dans l’espace urbain et les stations de ski », Insee Focus n° 114, juin 2018.

Greiner V., Villaume S., « 58 500 emplois touristiques dans le Grand Est, portés par l’hébergement et la restauration », Insee Analyses Grand Est n° 49, juillet 2017.

Eichwald A., Piralla S., « 9 900 emplois liés à la présence de touristes dans le massif des Vosges en 2013 », Insee Analyses Grand Est n° 48, juillet 2017.