Saison touristique 2018 : La fréquentation estivale des hôtels et des campings est en hausse pour la deuxième année consécutive

Pierre Chapuis, Muriel Auzanneau (Insee Centre-Val de Loire)

En Centre-Val de Loire, les châteaux et les monuments historiques, ainsi que l’itinérance à vélo sur les bords de la Loire ont cette année encore attiré de nombreux touristes. La fréquentation estivale des hôtels et des campings est en hausse pour la deuxième année consécutive après le recul prononcé de 2016. La fréquentation des hôtels progresse grâce à la clientèle non résidente dont plus de 70 % vient d’Europe du Nord. L’hôtellerie de plein air a bénéficié de conditions météorologiques exceptionnelles : un début de printemps ensoleillé et une arrière-saison chaude et sans pluie. La fréquentation est toujours dynamique dans les deux premiers départements touristiques de la région, l’Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher, mais également cette année en Eure-et-Loir.

Insee Flash Centre-Val de Loire
No 31
Paru le : Paru le 28/11/2018
Pierre Chapuis, Muriel Auzanneau (Insee Centre-Val de Loire)
Insee Flash Centre-Val de Loire  No 31 - novembre 2018

D’avril à septembre 2018, la fréquentation touristique en Centre-Val de Loire a atteint 5,9 millions de nuitées dans les hôtels et les campings (figure 1), représentant 2,3 % des nuitées de France métropolitaine. La saison 2018 a été meilleure qu’en 2017 (+ 1,8 %), avec une progression supérieure à la moyenne nationale (+ 1,4 %). Bien que les touristes résidant en France représentent les deux tiers de la fréquentation régionale, ce gain de nuitées est dû à la clientèle non résidente (+ 4,8 %), tout comme au niveau national (+ 4,1 %).

Cette année, les ponts de mai ont particulièrement encouragé les touristes à séjourner dans la région (+ 11,9 % par rapport à mai 2017) même si les grèves dans les transports ont pu limiter cet effet auprès des résidents. La fin de l’été a également bénéficié aux hôtels et campings avec un mois de septembre plus prisé que la saison dernière (+ 5,4 %). Les mois d’avril et de juillet ont, quant à eux, été en retrait. Les fortes chaleurs et le déroulement du mondial de football en début d’été ont contribué à dissuader une partie des résidents de voyager. Juin et août sont restés stables par rapport à 2017.

Les touristes sont ainsi arrivés plus nombreux dans la région mais sans pour autant séjourner plus longtemps. En moyenne, la durée des séjours dans la région reste en retrait du niveau national, avec des hébergements retenus pour 1,7 nuit, contre 2,7 nuits au niveau national.

Figure 1 Fréquentation touristique en hausse dans la région

milliers, %
Fréquentation touristique en hausse dans la région (milliers, %)
Nuitées dans les hôtels Nuitées dans les campings Évolution 2017-2018 tous types d’hébergements confondus (%)
2018 Évolution 2017-2018 2018 Évolution 2017-2018
Résidant en France 2 779 - 0,3 1 166 3,2 0,7
Résidant à l’étranger 1 044 5,9 879 1,9 4,0
Ensemble 3 822 1,3 2 045 2,7 1,8
  • Source : Insee, DGE, CRT et partenaires régionaux

Des touristes non-résidents en grande majorité européens

La clientèle de touristes non-résidents en Centre-Val de Loire est principalement européenne (figure 2). En 2018, comme depuis de nombreuses années, les deux nationalités les plus présentes sont les Néerlandais et les Britanniques. Le nombre de Néerlandais est cependant en baisse en 2018 (- 5,5 %), sans atteindre le niveau historiquement bas de 2016. Les résidents du Royaume-Uni sont plus nombreux en 2018 avec une hausse de 8,9 % après une décroissance régulière sur les trois années précédentes. Les Allemands et les Belges viennent compléter le classement des nationalités prisant la région. Le nombre d’Allemands progresse en 2018 (+ 5,1 %), comme ces dernières années. Cette population est une des plus dynamiques en Centre-Val de Loire, sa part dans les nuitées non résidentes étant en progression constante. Le nombre de Belges, quant à lui, reste stable.

Figure 2 Sept touristes non-résidents sur dix viennent d’Europe du Nord

milliers de nuitées
Sept touristes non-résidents sur dix viennent d’Europe du Nord (milliers de nuitées)
Poids dans les Non résidents Nuitées Évolution des nuitées 2017-2018
Chine et Japon 1,8 35 45,7 %
Suisse 3,2 61 10,9 %
Autres pays hors UE 5,3 101 - 4,5 %
États-Unis 6,6 126 25,9 %
Italie 4,0 77 11,7 %
Autres pays UE 4,9 95 - 0,2 %
Espagne 5,2 99 5,4 %
Belgique 9,4 180 1,9 %
Allemagne 12,6 242 5,1 %
Royaume-Uni 22,8 439 8,9 %
Pays-Bas 24,3 467 - 5,5 %
  • Source : Insee, DGE, CRT et partenaires régionaux

Figure 2 Sept touristes non-résidents sur dix viennent d’Europe du Nord

  • Source : Insee, DGE, CRT et partenaires régionaux

Les hôtels de milieu de gamme ne profitent pas de la hausse des nuitées non résidentes

La fréquentation dans les hôtels de la région est en hausse en 2018 (figure 3) avec 50 000 nuitées supplémentaires par rapport à 2017 (+ 1,3 %). La progression est bien marquée pour les hôtels sans étoile ou non classés ainsi que pour les hôtels haut de gamme (3 étoiles et plus), qui gagnent respectivement 110 000 et 85 000 nuitées. Inversement, la fréquentation des hôtels classés une et deux étoiles a fortement chuté en 2018 avec une perte de 103 000 nuitées pour les premiers et de 44 000 pour les seconds. La hausse globale est intégralement due à la fréquentation de la clientèle non résidente (figure 4) qui augmente de 5,9 % sur l’année et retrouve ainsi son niveau des années 2014-2015. Parallèlement, le nombre de nuitées résidentes diminue légèrement (- 0,3 %). En moyenne, les touristes séjournent 1,4 nuit dans les hôtels de la région. Résidents et non-résidents restent en moyenne la même durée, stable dans le temps. Ce comportement est différent du niveau national : en moyenne en France les touristes restent 1,8 nuit à l’hôtel, avec des durées légèrement plus longues pour les non-résidents que pour les résidents (2,1 nuits contre 1,7 nuit).

Figure 3 Retour de la fréquentation après le creux de 2016

Nuitées (base 100 en 2014)
Retour de la fréquentation après le creux de 2016 (Nuitées (base 100 en 2014))
Hôtels France métropolitaine Hôtels Centre-Val de Loire Campings France métropolitaine Campings Centre-Val de Loire
2014 100,00 100,00 100,00 100,00
2015 102,68 102,27 103,43 103,70
2016 98,69 102,93 102,59 99,79
2017 104,29 106,43 108,28 109,38
2018 106,13 107,83 109,43 112,30
  • Source : Insee, DGE, CRT et partenaires régionaux

Figure 3 Retour de la fréquentation après le creux de 2016

  • Source : Insee, DGE, CRT et partenaires régionaux

Figure 4 Essor des emplacements locatifs dans l’hôtellerie de plein air

milliers, %
Essor des emplacements locatifs dans l’hôtellerie de plein air (milliers, %)
Type d’emplacement Ensemble Clientèle résidente Clientèle non résidente
Nuitées 2018 Évolution 2017-2018 Nuitées 2018 Évolution 2017-2018 Nuitées 2018 Évolution 2017-2018
Nus 1 226 + 0,4 610 - 0,1 616 + 1,0
Locatifs 818 + 6,2 555 + 7,2 263 + 4,2
Ensemble 2 045 + 2,7 1 166 + 3,2 879 + 1,9
  • Sources : Insee, DGE, CRT et partenaires régionaux

Les campings de la région ont profité d’un printemps et d’une fin d’été très ensoleillés

La fréquentation des campings a bénéficié d’une année très ensoleillée dès le début du printemps et d’une arrière-saison chaude sans pluie jusqu’en octobre. Les mois de plus forte progression sont ainsi mai et septembre. Globalement sur un an, la fréquentation a augmenté de 53 000 nuitées dont les deux tiers grâce à la clientèle résidente. La catégorie des campings 3 étoiles a le plus progressé, gagnant 146 000 nuitées alors que les 4 étoiles ont reculé de 57 000 nuitées et les deux étoiles de 27 000 nuitées. La hausse de fréquentation est aussi plus marquée pour les emplacements équipés avec des mois de mai puis juillet-août en nette progression. Pour les emplacements nus, l’été a été moins bon qu’en 2017. Cependant, les mois de mai et septembre affichent là encore une progression par rapport à l’année précédente, notamment grâce aux ponts du mois de mai et aux conditions climatiques de la fin d’été et du début d’automne.

La fréquentation des Britanniques a fortement augmenté dans les campings de la région cette année avec 34 000 nuitées de plus qu’en 2017. Cette hausse concerne principalement les campings haut de gamme ( 3 et 4 étoiles). Les Allemands et les Belges, troisièmes et quatrièmes dans le classement des clientèles de campings, sont aussi venus plus nombreux en 2018 (+ 6 400 et + 5 700 nuitées) et ce sont presque exclusivement les campings 3 étoiles qui en ont profité. À l’inverse, les Néerlandais sont toujours de moins en moins nombreux dans les campings de la région, bien qu’ils restent la nationalité la plus présente parmi les touristes non-résidents. Malgré une légère embellie en 2017, leur fréquentation diminue régulièrement depuis 2014 et en 2018 elle connaît la baisse la plus forte de toutes les fréquentations non-résidentes (- 33 000 nuitées). Cette désaffection touche les deux extrêmes du classement des campings : les non classés perdant 3 000 nuitées et surtout les 4 étoiles qui perdent 32 000 nuitées par rapport à 2017.

Comme dans les hôtels, les durées de séjours de l’hôtellerie de plein air sont plus courtes dans la région qu’au niveau national. Les touristes résidents comme non-résidents louent des emplacements pour 2,9 nuitées en moyenne. Au niveau national, cette durée est de 5,1 nuits, avec une différence selon la provenance de la clientèle (5,2 nuits pour les résidents ; 4,8 pour les non-résidents).

L’Eure-et-Loir en plein essor

La fréquentation touristique des hôtels et des campings est principalement concentrée sur l’axe ligérien. Premier département avec 32 % de la fréquentation touristique des hôtels et campings, l’Indre-et-Loire a connu une hausse de 57 000 nuitées entre 2017 et 2018. Cette progression concerne surtout les hôtels (49 000 nuitées supplémentaires), même si la fréquentation est aussi en hausse dans les campings de manière moins marquée (figure 5).

Dans le Loir-et-Cher, deuxième département touristique de la région, la fréquentation augmente également (+ 53 000 nuitées), mais tirée exclusivement par les campings (+ 7,7 %). Le Loiret en revanche a enregistré un nombre de nuitées légèrement inférieur à la saison d’été 2017, au détriment des campings du département. Enfin, l’Eure-et-Loir, bien que pesant peu dans les hébergements touristiques de la région, connaît une année 2018 très dynamique avec 28 000 nuitées supplémentaires, grâce aux hôtels mais également aux campings. C’est aussi le département où le nombre de touristes non-résidents augmente le plus (+ 19,5 %).

Figure 5 Évolution du nombre de nuitées (saison estivale 2017-2018)

%
Évolution du nombre de nuitées (saison estivale 2017-2018) (%)
Évolution 2017-2018 Hôtels Campings
Cher -3,60 -2,21
Eure-et-Loir 4,34 12,48
Indre 0,40 -10,07
Indre-et-Loire 4,16 1,19
Loir-et-Cher -0,78 7,74
Loiret 0,23 -2,56
Centre-Val de Loire 1,31 2,67
France métropolitaine 1,75 1,09
  • Source : Insee, DGE, CRT et partenaires régionaux

Figure 5 Évolution du nombre de nuitées (saison estivale 2017-2018)

  • Source : Insee, DGE, CRT et partenaires régionaux

Sources

L’Insee réalise mensuellement des enquêtes sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques : hôtels, campings et autres hébergements collectifs touristiques (AHCT). Ces derniers comprennent notamment les résidences de tourisme (dont appart’hôtel), villages de vacances, maisons familiales et auberges de jeunesse. Ils n’incluent pas les hébergements proposés par des particuliers. Pour les campings, à compter de 2017, l’interrogation démarre en avril sur tout le territoire et dure jusqu’en septembre. Les données d’avril des années précédentes ont été estimées pour les régions dont la collecte démarrait en mai. Cette estimation est basée, entre autres, sur le nombre d’emplacements offerts et le taux d’occupation en mai. La présente étude ne tient pas compte des autres hébergements collectifs touristiques, se concentrant uniquement sur les hôtels et les campings. Ces enquêtes sont réalisées en partenariat avec la Direction Générale des Entreprises (DGE), le Comité régional du tourisme et les partenaires régionaux.

Définitions

La saison d’été couvre les mois d’avril à septembre.

La clientèle peut être soit résidente en France (si son lieu d’habitation habituel est localisé en France) soit non résidente.

Les nuitées (ou fréquentation) correspondent au nombre total de nuits passées par les clients dans les hôtels ou campings. Un couple séjournant trois nuits consécutives dans un hôtel compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.