Saison estivale 2018 – Bilan mitigé pour les hôtels, campings et autres hébergements collectifs

Vincent Delage, Philippe Winnicki, Insee

Le bilan de la saison touristique 2018 (avril à septembre) en Provence-Alpes-Côte d’Azur est mitigé pour les hébergements collectifs (hôtels, campings et autres hébergements collectifs), dont la fréquentation baisse de 2,0 % par rapport à la saison 2017. Tous les départements à l’exception des Bouches-du-Rhône et tous les types d’espace, du littoral à la montagne, sont touchés par cette baisse. Dans les hôtels, la vitalité de la fréquentation étrangère, en particulier dans les établissements de haut de gamme, atténue le repli.

Insee Flash Provence-Alpes-Côte d'Azur
No 46
Paru le : Paru le 28/11/2018
Vincent Delage, Philippe Winnicki, Insee
Insee Flash Provence-Alpes-Côte d'Azur  No 46 - novembre 2018

Fréquentation en baisse

Au cours de la saison estivale 2018 (avril à septembre), la fréquentation touristique baisse de 2,0 % dans l’ensemble des hébergements collectifs touristiques de Provence-Alpes-Côte d’Azur (hôtels, campings et autres hébergements collectifs touristiques).

Après le rebond de 2017 (+ 5,8 %), la fréquentation diminue cette année, en raison d’un retrait de la clientèle résidant en France (– 1,8 %) comme de celle des non-résidents (– 2,3 %). Le repli touche surtout les campings (– 3,3 %) et les autres hébergements collectifs touristiques (– 2,2 %), tandis que la fréquentation des hôtels est quasiment stable (– 0,4 %).

Dans le même temps, le nombre de nuitées progresse au niveau national (+ 1,3 % après + 5,5 % l’an passé), dans le sillage de l’Île-de-France (+ 7,7 %) (figure 1). Avec 41,5 millions de nuitées dans l’ensemble des hébergements collectifs touristiques, Provence-Alpes-Côte d’Azur reste la quatrième région la plus visitée cette saison.

Figure 1Le nombre de nuitées diminue dans la majorité des départements du sudÉvolution du nombre de nuitées de la période avril-septembre entre 2017 et 2018, par département

Le nombre de nuitées diminue dans la majorité des départements du sud ()
Région Département Nuitées été 2018 (en milliers) Évolution des nuitées été 2018/2017 (en %)
Auvergne-Rhône-Alpes 01 Ain 1 660 -1,8
03 Allier 859 -1,2
07 Ardèche 5 443 -2,1
15 Cantal 786 -3,3
26 Drôme 2 800 -1,1
38 Isère 2 899 0,9
42 Loire 558 -7,9
43 Haute-Loire 611 -9,9
63 Puy-de-Dôme 2 700 -2,0
69 Rhône 3 950 2,5
73 Savoie 5 232 -9,2
74 Haute-Savoie 5 985 -0,2
Bourgogne-Franche-Comté 21 Côte-d'Or 2 040 -2,6
25 Doubs 1 111 1,9
39 Jura 1 531 -2,5
58 Nièvre 563 3,4
70 Haute-Saône 229 -6,7
71 Saône-et-Loire 1 459 -1,8
89 Yonne 702 0,1
90 Territoire de Belfort 217 -5,4
Bretagne 22 Côtes-d'Armor 3 130 1,7
29 Finistère 6 565 4,4
35 Ille-et-Vilaine 3 621 4,1
56 Morbihan 6 582 0,6
Centre-Val de Loire 18 Cher 552 -2,8
28 Eure-et-Loir 546 5,2
36 Indre 397 -5,5
37 Indre-et-Loire 2 219 3,2
41 Loir-et-Cher 2 036 -0,9
45 Loiret 1 180 -0,7
Corse 2A Corse-du-Sud 5 603 -1,0
2B Haute-Corse 4 866 2,4
Grand-Est 08 Ardennes 437 22,5
10 Aube 724 6,2
51 Marne 1 318 4,4
52 Haute-Marne 460 0,1
54 Meurthe-et-Moselle 789 -1,4
55 Meuse 247 3,1
57 Moselle 2 125 7,2
67 Bas-Rhin 3 485 2,5
68 Haut-Rhin 2 845 3,1
88 Vosges 1 513 4,5
Hauts-de-France 02 Aisne 1 179 1,5
59 Nord 2 641 4,2
60 Oise 881 12,9
62 Pas-de-Calais 2 548 1,4
80 Somme 2 010 9,4
Ile-de-France 75 Paris 22 777 8,8
77 Seine-et-Marne 7 709 7,7
78 Yvelines 2 135 3,7
91 Essonne 1 574 8,6
92 Hauts-de-Seine 4 352 14,4
93 Seine-Saint-Denis 2 991 -2,7
94 Val-de-Marne 2 537 4,4
95 Val-d'Oise 2 902 7,6
Normandie 14 Calvados 4 946 6,7
27 Eure 1 072 -0,8
50 Manche 2 338 6,0
61 Orne 418 10,4
76 Seine-Maritime 2 289 3,6
Nouvelle-Aquitaine 16 Charente 464 -1,1
17 Charente-Maritime 10 162 2,0
19 Corrèze 1 074 2,2
23 Creuse 235 6,1
24 Dordogne 4 428 -3,9
33 Gironde 10 034 2,7
40 Landes 9 167 0,3
47 Lot-et-Garonne 861 0,5
64 Pyrénées-Atlantiques 5 273 -2,9
79 Deux-Sèvres 461 -5,0
86 Vienne 2 103 -5,0
87 Haute-Vienne 701 -2,5
Occitanie 09 Ariège 821 -6,3
11 Aude 2 997 3,6
12 Aveyron 1 867 -8,4
30 Gard 5 228 -7,3
31 Haute-Garonne 2 889 -0,3
32 Gers 706 -5,7
34 Hérault 13 372 1,0
46 Lot 1 653 -4,1
48 Lozère 1 063 1,3
65 Hautes-Pyrénées 3 783 -1,0
66 Pyrénées-Orientales 9 696 2,0
81 Tarn 653 -4,8
82 Tarn-et-Garonne 408 -1,8
Pays-de-la-Loire 44 Loire-Atlantique 5 945 4,1
49 Maine-et-Loire 1 642 2,3
53 Mayenne 290 0,6
72 Sarthe 885 2,7
85 Vendée 10 971 3,5
Provence-Alpes-Côte d'Azur 04 Alpes-de-Haute-Provence 3 022 -2,4
05 Hautes-Alpes 2 808 -5,0
06 Alpes-Maritimes 9 529 -1,5
13 Bouches-du-Rhône 7 565 4,1
83 Var 14 812 -3,7
84 Vaucluse 3 754 -4,8
France métropolitaine 311 190 1,3
  • Champ : hôtels, campings et autres hébergements collectifs touristiques.
  • Source : Insee, en partenariat avec les Comités régionaux du tourisme (CRT) et les Agences de développement touristique départementales (ADT) et la DGE

Figure 1Le nombre de nuitées diminue dans la majorité des départements du sudÉvolution du nombre de nuitées de la période avril-septembre entre 2017 et 2018, par département

  • Champ : hôtels, campings et autres hébergements collectifs touristiques.
  • Source : Insee, en partenariat avec les Comités régionaux du tourisme (CRT) et les Agences de développement touristique départementales (ADT) et la DGE

Repli dans tous les types d’espaces touristiques

La fréquentation diminue dans les quatre types d’espaces touristiques de la région (littoral, massif de haute montagne, urbain et autres espaces).

Le littoral, qui représente la moitié des nuitées de la région, se replie modérément cette saison (– 1,6 %) après le rebond de l’an dernier (+ 6,0 %). Pourtant, la clientèle non résidente est venue un peu plus nombreuse sur nos côtes (+ 0,4 %), profitant essentiellement aux hôtels (+ 4,0 %). Mais cette hausse n’a pas suffi à compenser la défection des touristes résidents (deux tiers de la fréquentation) dans tous les types d’établissement (– 2,7 %) .

Dans le même temps, la fréquentation touristique est quasi-stable sur l’ensemble du littoral méditerranéen (– 0,1 %) et progresse un peu sur l’ensemble du littoral métropolitain (+ 1,1 %). Dans les massifs de haute montagne de la région, la fréquentation estivale diminue fortement cette année (– 6,5 %) mais un peu moins que sur l’ensemble du massif alpin (– 7,9 %). L’espace urbain non littoral (Aix-en-Provence, Avignon,…) résiste mieux (– 1,2 %), grâce à la clientèle résidente venue plus nombreuse que l’an dernier dans tous les types d’hébergements (+ 1,1 %). La tendance de France métropolitaine est aussi à la hausse, tirée par Paris (+ 3,7 %).

Dans les « autres espaces » (qui accueillent le tourisme rural et de moyenne montagne), la clientèle en hébergements collectifs recule de 2,6 %, suivant la tendance à la baisse observée dans les régions du sud. Sur l’ensemble de ces espaces, la fréquentation est presque stable au niveau national (– 0,5 %).

Après une poussée en 2017, la fréquentation des hébergements touristiques s’est tassée dans tous les départements au cours de la saison 2018, à l’exception des Bouches-du-Rhône (+ 4,1 % après + 6,9 %). Ainsi la fréquentation baisse de 3,7 % (après + 5,9 % en 2017) dans le Var, de 1,5 % (après + 5,9 %) dans les Alpes-Maritimes, de 5,0 % (après + 3,6 %) dans les Hautes-Alpes, de 4,8 % (après + 5,5 %) dans le Vaucluse et de 2,4 % (après + 0,2 %) dans les Alpes-de-Haute-Provence.

La clientèle non résidente stabilise l’hôtellerie

La fréquentation touristique dans les hôtels de Provence-Alpes-Côte d’Azur s’établit à un peu plus de 15,2 millions de nuitées durant la saison estivale 2018 (figure 2). Après la hausse de 5,8 % en 2017, la fréquentation est quasiment stable cette année (– 0,4 %) mais s’écarte de la tendance métropolitaine (+ 1,8 %). Dans les hôtels de la région, la nouvelle hausse de fréquentation des non-résidents (+ 1,9 % après + 6,8 % en 2017) compense le retrait des résidents (– 2,1 % après+ 5,1 %). Le taux d’occupation reste stable à 69,4 % comme les durées moyennes de séjours (2,1 jours). Dans les établissements 3 étoiles et de haut de gamme (4 et 5 étoiles), la fréquentation continue de progresser (+ 2,9 % et + 3,1 %).

La région demeure la seconde destination hôtelière derrière l’Île-de-France.

Figure 2L’hébergement haut de gamme tire son épingle du jeuNombre de nuitées entre avril et septembre 2018 et évolution par rapport à la même période en 2017

L’hébergement haut de gamme tire son épingle du jeu
Nuitées avril-septembre 2018 Glissement annuel en % (2018/2017)
Nuitées totales (en millions) Part des nuitées des non-résidents (en %) Nuitées totales Nuitées des non-résidents
Provence-Alpes-Côte d’Azur 41,5 34 -2,0 -2,3
Alpes-de-Haute-Provence 3,0 27 -2,4 -10,3
Hautes-Alpes 2,8 27 -5,0 -5,0
Alpes-Maritimes 9,5 49 -1,5 -0,5
Bouches-du-Rhône 7,6 28 4,1 0,8
Var 14,8 29 -3,7 -1,5
Vaucluse 3,8 41 -4,8 -8,1
Littoral 24,0 37 -1,6 0,4
Urbain 8,1 32 -6,7 -1,2
Montagne 2,2 25 -1,2 -11,6
Autres espaces 7,2 32 -2,6 -5,8
Hôtels 15,2 45 -0,4 1,9
Non classés 1,1 30 -11,6 -6,5
1 et 2 étoiles 3,5 32 -6,0 -3,9
3 étoiles 5,6 43 2,9 2,0
4 et 5 étoiles 5,1 58 3,1 5,1
Campings 15,7 37 -3,3 -6,1
Non classés 0,4 38 -24,3 -28,4
1 et 2 étoiles 1,7 37 -12,7 -12,0
3 étoiles 4,4 38 -8,4 -12,9
4 et 5 étoiles 9,3 36 2,5 0,4
Emplacements nus 7,1 50 -7,3 -7,7
Emplacements équipés 8,6 26 0,2 -3,0
Autres hébergements collectifs touristiques 10,6 16 -2,2 -5,3
Résidences de tourisme et résidences hôtelières 7,6 20 -1,5 -5,8
Autres hébergements 3,0 8 -3,8 -2,2
  • Source : Insee, en partenariat avec les Comités régionaux du tourisme (CRT), les Agences de développement touristique départementales (ADT) et la DGE

Les campeurs boudent la région

Avec près de 15,7 millions de nuitées d’avril à septembre 2018, les campings représentent près de 40 % de l’ensemble des nuitées de la région. Leur fréquentation repart à la baisse (– 3,3 % après + 4,7 % en 2017), contrairement à la tendance nationale (+ 1,1 % après + 5,5 %). Le taux d’occupation perd plus d’un point (41,1 %) alors que les durées moyennes de séjours augmentent légèrement (6,3 jours). Provence-Alpes-Côte d’Azur conserve la troisième place des régions accueillant le plus de campeurs durant la saison estivale, devancée par la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie. La baisse de fréquentation touche la clientèle résidente (– 1,7 %) et plus encore celle des non-résidents (– 6,1 %). Le nombre de nuitées passées dans des emplacements nus chute de 7,3 % alors que celui correspondant à des emplacements équipés se maintient (+ 0,2 %). Les campings haut de gamme (4 et 5 étoiles) résistent mieux et leur fréquentation continue de progresser. Cette baisse dans l’hôtellerie de plein air touche tous les départements.

Les autres hébergements collectifs touristiques suivent la tendance régionale

Avec 10,6 millions de nuitées entre avril et septembre 2018, les autres hébergements collectifs touristiques (AHCT) représentent 25 % de nuitées des hébergements collectifs touristiques de la région. Leur fréquentation est à la baisse cette saison après l’embellie de 2017 (– 2,2 % après + 6,4 %). Dans le même temps, le nombre de nuitées en AHCT se stabilise au niveau national (+ 0,9 % par rapport à l’été 2017).

Provence-Alpes-Côte d’Azur demeure néanmoins la région accueillant le plus de clients dans ce type d’hébergement touristique en raison d’une offre plus importante qu’ailleurs. Le taux d’occupation (66,6 %) perd plus de deux points et les durées moyennes de séjours (4,7 jours) diminuent un peu. La clientèle résidente se replie très légèrement mais reste au niveau élevé atteint en 2017 (– 1,1 % après + 11,2 %). En revanche, la clientèle des non-résidents, déjà minoritaire, continue de bouder ce type d’hébergement en 2018 (– 5,3 % après – 12,4 %).

Sources

L’Insee réalise mensuellement des enquêtes sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques : hôtels, campings et autres hébergements collectifs touristiques (AHCT). Ces derniers comprennent notamment les résidences de tourisme (dont appart’hôtels), villages de vacances, maisons familiales et auberges de jeunesse. Ils n’incluent pas les hébergements proposés par des particuliers. Ces enquêtes sont réalisées en partenariat avec la DGE, les Comités régionaux du tourisme (CRT) et les Agences de développement touristique départementales (ADT).

Définitions

La saison d’été couvre les mois d’avril à septembre.

Le nombre de nuitées (ou fréquentation) correspond au nombre total de nuits passées dans un hôtel ou un camping. Par exemple, un couple séjournant trois nuits consécutives dans un hôtel occasionnera six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

La clientèle peut être soit résidente en France (si son lieu d’habitation habituel est localisé en France) soit non résidente.

Pour en savoir plus

Delage V., Winnicki P., « Juillet-août 2018 – La fréquentation touristique de pleine saison manque de ressort », Insee Flash Provence-Alpes-Côte d’Azur n° 44, octobre 2018

Delage V., Samyn S., Winnicki P., « L’économie du tourisme en Provence-Alpes-Côte d’Azur », Insee Dossier Provence-Alpes-Côte d’Azur n° 8, juin 2018

Bahu M., « La location de logements touristiques via Internet attire toujours plus en 2017 », Insee Focus n° 133, novembre 2018

Gidrol J.-C., « Saison touristique d’été 2018 : fréquentation en hausse, grâce à la clientèle non résidente », Insee Focus n° 134, novembre 2018