Le tourisme aux Antilles : à la reconquête d’une plus large clientèle

Baptiste Raimbaud, Floraline Cratère, Dominique Trefoloni

Le tourisme dans les territoires ultramarins constitue l’un des atouts de l’économie locale. Une meilleure desserte par avion et par bateau de croisière permet d’accueillir une plus large clientèle principalement métropolitaine mais également antillaise et américaine. Si le Sud Grande-Terre, Deshaies, les Saintes en Guadeloupe et l’Espace Sud en Martinique concentrent l’essentiel de la fréquentation touristique, les autres communes donnent accès à un tourisme diversifié. L’hébergement et la restauration, deux piliers du tourisme représentent plus de 4 % de l’emploi salarié en Martinique et en Guadeloupe. Bien que l’hébergement touristique génère une valeur ajoutée supérieure à celle de la restauration, cette dernière dégage un meilleur taux de marge aux Antilles.

Insee Analyses Guadeloupe
No 33
Paru le : Paru le 28/11/2018
Baptiste Raimbaud, Floraline Cratère, Dominique Trefoloni
Insee Analyses Guadeloupe  No 33 - novembre 2018

En 2017, les destinations Guadeloupe et Martinique gagnent en attractivité. La fréquentation touristique est en hausse, de 19 % en Martinique et de 13 % en Guadeloupe entre 2016 et 2017. Cette augmentation est portée essentiellement par le secteur des croisières (+ 45 % en Martinique et + 15 % en Guadeloupe), mais également par le tourisme de séjour (+ 11,8 % en Guadeloupe et + 3,1 % en Martinique). La hausse de fréquentation touristique se traduit par une augmentation du nombre de nuitées consommées dans l’hôtellerie (+ 23,6 % en Guadeloupe et + 8,6 % en Martinique).

Une clientèle majoritairement française

En 2017, la fréquentation dans les hôtels antillais s’établit à 2 500 000 nuitées, réparties de manière équitable entre la Guadeloupe et la Martinique. La majorité de ces nuitées sont effectuées par des Français provenant de France hors Antilles (63 % en Martinique et 59 % en Guadeloupe, dont 1 % provenant de Guyane). La clientèle antillaise concentre 21 % des nuitées. Néanmoins, les touristes antillais privilégient leur région de résidence. Les touristes étrangers arrivent en troisième position avec 18 % des nuitées. Ils se tournent davantage vers la Guadeloupe que vers la Martinique. En Guadeloupe, les nuitées étrangères sont plus nombreuses que les nuitées des résidents alors que la situation est inverse en Martinique. Ces visiteurs étrangers viennent principalement d’Europe et d’Amérique du Nord. L’arrivée de la clientèle nord-américaine s’explique essentiellement par l’ouverture de lignes directes et régulières depuis New York ou encore Fort-Lauderdale en Floride.

Selon leur provenance, les touristes ne sont pas attirés par les mêmes pôles touristiques. En Guadeloupe, les hôtels du sud de la Grande-Terre sont fréquentés majoritairement par des Français métropolitains. Dans la commune de Deshaies, la clientèle étrangère est bien plus présente que sur le reste du territoire. Alors qu’Aux Saintes, le tourisme interne est plus important que pour le reste de la Guadeloupe.

En Martinique, les touristes étrangers semblent préférer Sainte-Anne. Aux Trois-Îlets, la clientèle française venue de métropole est plus importante que pour le reste de la Martinique. Alors que les Martiniquais préfèrent les communes du Diamant et du Vauclin.

La diversité des touristes permet, aux Antilles, de conserver une activité touristique toute l’année. En effet, les touristes européens et nord-américains sont principalement présents en hiver, haute saison touristique aux Antilles caractérisée par la présence d’opérateurs aériens low cost pour la clientèle américaine. Les Antilles françaises, du reste de la Caraïbe ou d’Amérique du Sud permettent d’assurer une activité hôtelière en été.

En plus des hôtels, la Guadeloupe et la Martinique proposent un grand nombre de meublés touristiques qui, d’après l’Observatoire Régional du Tourisme, attirent 30 % des touristes séjournant sur le territoire.

Les croisières amènent, elles aussi, des touristes qui visitent le territoire mais n’effectuent pas de nuitées. En 2017, 467 000 touristes ont visité la Martinique dans le cadre d’une croisière, dont 406 000 pour lesquels la croisière était basée dans la région. En Guadeloupe, 320 000 touristes ont visité les îles de l’archipel dans le cadre d’une croisière, dont 214 000 pour lesquels la croisière était basée dans la région (figure 1).

Figure 1La majorité des touristes séjournant dans les hôtels antillais sont des Français métropolitainsRépartition des nuitées dans les hôtels de Guadeloupe et de Martinique selon l’origine des touristes en 2017

en %
La majorité des touristes séjournant dans les hôtels antillais sont des Français métropolitains (en %) - Lecture : 63 % des touristes séjournant dans les hôtels de Martinique viennent de France en dehors des Antilles.
Martinique Guadeloupe
Guadeloupe 2 15
Martinique 20 5
France (hors-Antilles) 63 59
Étranger 15 21
  • Lecture : 63 % des touristes séjournant dans les hôtels de Martinique viennent de France en dehors des Antilles.
  • Source : Insee, Enquête de fréquentation hôtelière 2017.

Figure 1La majorité des touristes séjournant dans les hôtels antillais sont des Français métropolitainsRépartition des nuitées dans les hôtels de Guadeloupe et de Martinique selon l’origine des touristes en 2017

  • Lecture : 63 % des touristes séjournant dans les hôtels de Martinique viennent de France en dehors des Antilles.
  • Source : Insee, Enquête de fréquentation hôtelière 2017.

Des plaisanciers visitent aussi les îles. La marina du Marin en Martinique peut accueillir 940 bateaux, quand celles de Guadeloupe peuvent en accueillir plus de 1 700. C’est ainsi plusieurs dizaines de milliers de plaisanciers qui se rendent chaque année aux Antilles françaises.

Figure 2Essor du tourisme de séjour en Guadeloupe et record de croisiéristes en Martinique en 2017Évolution de la fréquentation touristique en Guadeloupe et en Martinique de 2006 à 2017

Essor du tourisme de séjour en Guadeloupe et record de croisiéristes en Martinique en 2017 - Lecture : en 2017, le tourisme de séjour totalise 649 900 visiteurs en Guadeloupe et 535 600 en Martinique et le tourisme de croisière s’élève à 467 000 visiteurs en Martinique et 319 600 en Guadeloupe.
Année Tourisme de séjour en Guadeloupe Tourisme de séjour en Martinique Tourisme de croisière en Guadeloupe Tourisme de croisière en Martinique
2006 374 913 503 475 72 383 119 763
2007 407 944 501 491 92 155 90 602
2008 411 799 481 225 115 438 108 451
2009 346 507 441 647 111 263 95 627
2010 392 283 478 060 105 133 101 487
2011 417 817 498 578 102 281 69 471
2012 471 924 487 359 158 288 116 357
2013 487 416 489 705 158 356 122 981
2014 486 000 489 561 234 304 205 919
2015 512 000 487 365 309 872 274 387
2016 581 250 519 303 276 293 322 502
2017 649 891 535 647 319 596 467 021
  • Lecture : en 2017, le tourisme de séjour totalise 649 900 visiteurs en Guadeloupe et 535 600 en Martinique et le tourisme de croisière s’élève à 467 000 visiteurs en Martinique et 319 600 en Guadeloupe.
  • Sources : Observatoire Régional de Tourisme, Guadeloupe Port Caraïbes et Comité Martiniquais du Tourisme.

Figure 2Essor du tourisme de séjour en Guadeloupe et record de croisiéristes en Martinique en 2017Évolution de la fréquentation touristique en Guadeloupe et en Martinique de 2006 à 2017

  • Lecture : en 2017, le tourisme de séjour totalise 649 900 visiteurs en Guadeloupe et 535 600 en Martinique et le tourisme de croisière s’élève à 467 000 visiteurs en Martinique et 319 600 en Guadeloupe.
  • Sources : Observatoire Régional de Tourisme, Guadeloupe Port Caraïbes et Comité Martiniquais du Tourisme.

Un pôle touristique dans le sud de la Martinique...

En Martinique, les offres d’hébergements touristiques sont surtout concentrées au sud de l’île. La commune des Trois-Îlets propose 8 300 lits dont 1 600 en hôtellerie. Sainte-Luce regroupe 6 100 lits dont 1 500 en hôtellerie et Sainte-Anne 8 000 dont 700 en hôtellerie. Le Diamant compte 500 lits en hôtellerie. L’est de la Martinique offre également des possibilités d’hébergements touristiques près du littoral atlantique. Les communes du Diamant, du Vauclin, du François et de Trinité disposent chacune de plus de 2 000 lits dont plus de 200 en hôtellerie. Par ailleurs, les Anses-d’Arlet, Rivière-Pilote et Le Robert comptent environ 3 000 lits touristiques, malgré l’absence d’hôtels. Fort-de-France et les communes voisines regroupent 5 500 lits touristiques incluant plus de 1 000 lits en hôtellerie répartis dans sept hôtels différents (figure 3).

Figure 3Le Sud de la Martinique, des Trois-Îlets à Sainte-Anne, forme le pôle touristique de la régionNombre de lits et fonction touristique dans les communes de Martinique

Le Sud de la Martinique, des Trois-Îlets à Sainte-Anne, forme le pôle touristique de la région
Nombre de lits Fonction touristiqueLits/100 hab
Centre Martinique Fort-de-France 2 861 3,5
Le Lamentin 1 080 2,7
Schoelcher 1 736 8,7
Saint-Joseph 212 1,3
Sud Martiniquais Ducos 572 3,2
Saint-Esprit 145 1,5
Rivière-Salée 641 5,2
Les Trois-Îlets 8 312 108,7
Les Anses-d'Arlet 2 906 77,8
Le Diamant 2 155 36,1
Sainte-Luce 6 089 61,2
Rivière-Pilote 2 876 23,7
Le Marin 614 6,9
Saint-Anne 7 986 187,3
Le Vauclin 2 786 30,4
Le Francois 2 314 13,2
Nord Martiniquais Le Robert 3 244 14,0
Gros-Morne 356 3,5
La Trinité 2 056 16,1
Sainte-Marie 275 1,7
Le Marigot 180 5,4
Le Lorrain 281 4,0
L'Ajoupa-Bouillon 45 2,4
Basse-Pointe 173 5,2
Macouba 5 0,5
Grand'Rivière 45 6,6
Le Prêcheur 383 26,4
Saint-Pierre 336 8,0
Le Morne-Rouge 60 1,2
Fonds-Saint-Denis 76 9,6
Le Carbet 1 336 36,3
Le Morne-Vert 461 24,8
Bellefontaine 49 3,0
Case-Pilote 95 2,1
  • Source : Insee, Recensement de la population 2015 – Exploitation principale.

Figure 3Le Sud de la Martinique, des Trois-Îlets à Sainte-Anne, forme le pôle touristique de la régionNombre de lits et fonction touristique dans les communes de Martinique

  • Source : Insee, Recensement de la population 2015 – Exploitation principale.

… et trois pôles touristiques différents en Guadeloupe

En Guadeloupe, l’offre hôtelière repose sur 49 établissements, principalement des 3 étoiles (17 hôtels) et des hôtels non classés (18 hôtels). Ces hôtels offrent plus de 6 000 lits, principalement au sud de la Grande-Terre (2 570 lits en hôtellerie au Gosier, 1 920 à Sainte-Anne et 460 à Saint-François). La commune de Deshaies, second pôle touristique, concentre plus de 860 lits en hôtellerie. Enfin, la commune de Terre-de-Haut, dans l’archipel des Saintes, compte 280 lits. Néanmoins, plus de 90 % de l’offre d’hébergement se fait par l’intermédiaire de résidences secondaires qui peuvent être proposées en location touristique, soit 77 840 lits. Ainsi, les communes du sud de la Grande-Terre, Le Gosier, Sainte-Anne et Saint-François, comptent respectivement 40, 75 et 110 lits touristiques pour 100 habitants. La commune de Deshaies offre 160 lits pour 100 habitants, et celles de Terre-de-Haut et de Terre-de-Bas respectivement 100 et 60 lits pour 100 habitants (figure 4).

Figure 4Le Sud Grande-Terre, Deshaies et l'archipel des Saintes forment les trois pôles touristiques de l'îleNombre de lits et fonction touristique dans les communes de Guadeloupe

Le Sud Grande-Terre, Deshaies et l'archipel des Saintes forment les trois pôles touristiques de l'île
Nombre de lits Fonction touristiqueLits/100 hab
Marie-Galante Grand-Bourg 2 142 41,4
Capesterre-de-Marie-Galante 1 180 35,6
Saint-Louis 592 23,9
La Riviera du Levant saint francois 15 285 110,4
saint-anne 17 928 73,5
le gosier 10 490 38,8
La désirade 557 37,6
Nord Grande-Terre Le Moule 5 075 22,7
Morne-a-leau 676 3,9
Petit-Canal 860 10,0
Port-Louis 659 11,3
Anse-bertrand 1 241 25,4
Cap Excellence Pointe-a-pitre 3 961 24,2
Les abymes 2 141 3,9
Baie-Mahault 547 1,8
Nord Basse-Terre deshaies 6 512 158,3
Pointe Noire 1 782 28,4
Sainte-Rose 1 281 6,4
Petit-Bourg 2 590 10,8
Lamentin 538 3,3
Goyave 377 5,0
Sud Basse-Terre Capesterre-belle-eau 1 550 8,2
Bouillante 773 10,6
Vieux-Habitants 634 8,7
Baillif 326 5,7
Basse-terre 198 1,9
saint-Claude 643 6,2
Trois-rivière 530 6,4
Gourbeyre 828 10,6
Vieux-fort 142 7,6
Terre-de-Haut 1 596 99,7
Terre-de-Bas 635 59,9
  • Source : Insee, Recensement de la population 2015 – Exploitation principale.

Figure 4Le Sud Grande-Terre, Deshaies et l'archipel des Saintes forment les trois pôles touristiques de l'îleNombre de lits et fonction touristique dans les communes de Guadeloupe

  • Source : Insee, Recensement de la population 2015 – Exploitation principale.

L’hôtellerie-restauration, moteur économique des pôles touristiques

Le secteur de l’hôtellerie-restauration représente plus de 4 % de l’emploi salarié en Guadeloupe et en Martinique.

Néanmoins, l’emploi dans ce secteur est concentré dans les pôles touristiques. En Martinique, les communes de Sainte Anne, des Trois-Îlets et de Sainte-Luce, concentrent respectivement 27 %, 21 % et 15 % de l’emploi dans l’hôtellerie-restauration. Ces trois communes totalisent ainsi 63 % de l’emploi salarié dans ce secteur. Un quart de ces emplois sont situés à Fort-de-France, mais ramené à l’activité de la commune, cela ne représente que 3,1 % de l’emploi salarié.

En Guadeloupe, le sud de la Grande-Terre rassemble 36 % des emplois avec respectivement 16 %, 14 % et 6 % dans les communes de Sainte-Anne, du Gosier, et de Saint-François. La commune de Deshaies et l’archipel des Saintes regroupent 24 % et 19 % de l’activité salariée de l’hôtellerie-restauration.

En 2017, la Guadeloupe compte plus d’entreprises et de créations d’entreprises dans l’hôtellerie-restauration que la Martinique (figure 5).

Figure 5L’hôtellerie-restauration regroupe plus de 4 % de l’emploi salarié aux AntillesParts des créations d'entreprise, du nombre d'entreprises et de l'emploi salarié du secteur de l'hôtellerie-restauration aux Antilles en 2017

en %
L’hôtellerie-restauration regroupe plus de 4 % de l’emploi salarié aux Antilles (en %) - Lecture : en 2017, les créations d’entreprises dans la branche de l’hôtellerie-restauration représentent respectivement 11 % et 7 % des nouvelles entreprises en Guadeloupe et en Martinique.
Martinique Guadeloupe
Création d’entreprise 7,0 11,0
Entreprises 6,8 8,5
Emploi salarié 4,2 4,5
  • Lecture : en 2017, les créations d’entreprises dans la branche de l’hôtellerie-restauration représentent respectivement 11 % et 7 % des nouvelles entreprises en Guadeloupe et en Martinique.
  • Sources : estimations trimestrielles Accoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 5L’hôtellerie-restauration regroupe plus de 4 % de l’emploi salarié aux AntillesParts des créations d'entreprise, du nombre d'entreprises et de l'emploi salarié du secteur de l'hôtellerie-restauration aux Antilles en 2017

  • Lecture : en 2017, les créations d’entreprises dans la branche de l’hôtellerie-restauration représentent respectivement 11 % et 7 % des nouvelles entreprises en Guadeloupe et en Martinique.
  • Sources : estimations trimestrielles Accoss-Urssaf, Dares, Insee.

Aux Antilles, comme dans l’Hexagone, les établissements de restauration sont plus nombreux que ceux de l’hébergement.

Depuis 2015, l’hôtellerie-restauration connaît un renouveau, dépassant en 2018 les niveaux d’emploi de 2012. Au deuxième trimestre 2018, l’activité regroupe 5 122 emplois en Martinique et 4 913 emplois en Guadeloupe.

La fin d’année 2018 s’annonce prometteuse en Guadeloupe grâce à l’évènement sportif quadriennal, la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Cette onzième édition pourrait avoir un effet dynamisant pour le tourisme. Les hôtels et les restaurants pourraient ainsi bénéficier d’une hausse de la fréquentation touristique, comme lors des éditions précédentes.

En Guadeloupe, l’hébergement et la restauration dégagent une meilleure marge qu’en Martinique

Dans la branche de l’hôtellerie-restauration, le taux de valeur ajoutée, qui rapporte la valeur ajoutée au chiffre d’affaires, est de niveau équivalent aux Antilles. Dans l’hébergement touristique martiniquais la valeur ajoutée représente 48 % du chiffre d’affaires contre 43 % en Guadeloupe. La tendance est inversée dans la restauration où le taux de valeur ajoutée atteint 39 % en Guadeloupe et 37 % en Martinique (figure 6).

La valeur ajoutée permet de rémunérer le facteur travail, au travers des salaires et des charges sociales et le facteur capital grâce à l’excédent brut d’exploitation. En Martinique, la part des frais de personnel dans la valeur ajoutée est plus élevée qu’en Guadeloupe, quel que soit le secteur. Cela s’explique en partie par une masse salariale plus importante dans l’hébergement et la restauration en Martinique pour un moindre nombre d’unités qu’en Guadeloupe. Dans l’hôtellerie martiniquaise, la quasi-totalité de la valeur ajoutée est utilisée pour les frais de personnel (92 %) alors qu’elle représente 76 % de la valeur ajoutée dans le secteur hôtelier guadeloupéen. Dans la restauration, les charges de personnel pèsent 73 % de la valeur ajoutée en Martinique, niveau supérieur à celui de la Guadeloupe (69 %).

Le taux de marge rapporte l’excédent brut d’exploitation à la valeur ajoutée. La plus faible part des frais de personnel dans la valeur ajoutée permet à la restauration de dégager un taux de marge supérieur à celui de l’hôtellerie en Guadeloupe et en Martinique.

La majorité des touristes séjournant dans les hôtels antillais sont des Français métropolitains.

Figure 6Hôtellerie-restauration : des taux de marges plus importants en Guadeloupe qu'en MartiniqueIndicateurs de performance des sous-secteurs de l’hébergement et de la restauration aux Antilles en 2015

en %
Hôtellerie-restauration : des taux de marges plus importants en Guadeloupe qu'en Martinique (en %) - Lecture : le taux de marge de l'hôtellerie-restauration en Guadeloupe est de 29 % en 2015.
Taux de valeur ajoutée Part des frais de personnel Taux de marge
Guadeloupe Martinique Guadeloupe Martinique Guadeloupe Martinique
Hébergement 43 48 73 86 27 14
dont Autres hébergements touristiques 33 46 48 71 52 29
dont Hôtels 44 48 76 92 24 8
Restauration 39 37 69 73 31 27
dont Restauration traditionnelle 43 37 64 67 36 33
dont Restauration rapide 35 38 74 82 26 18
dont Débits de boisson 35 24 68 71 32 29
Total 41 40 71 78 29 22
  • Lecture : le taux de marge de l'hôtellerie-restauration en Guadeloupe est de 29 % en 2015.
  • Source : Insee, Esane 2015

Encadrés

Tourisme de séjour et tourisme de croisière aux Antilles

Le tourisme de séjour décolle en Guadeloupe…

En Guadeloupe, le tourisme de séjour atteint un niveau inégalé depuis le début des années 2000. En 2017, 650 000 touristes y ont séjourné soit une progression de 34 % en trois ans (figure 2). Depuis 2016 des investissements sont réalisés afin d’augmenter l’attractivité de la Guadeloupe. La rénovation des établissements hôteliers renforce la modernisation et la montée en gamme de l’offre hôtelière guadeloupéenne qui doit faire face à la concurrence des autres destinations touristiques du bassin caribéen. L’extension de l’aéroport Pôle Caraïbes a pour ambition d’atteindre la cible de 1 million de touristes à l’horizon 2020. Quant au tourisme de croisière, après un repli en 2016, il repart à la hausse et atteint le nombre de 320 000 croisiéristes. Le Port de Pointe-à-Pitre est aussi au cœur d’un projet de rénovation important connue sous le nom de Karukera Bay qui aidera à redynamiser le secteur.

… et le tourisme de croisière a le vent en poupe en Martinique

En Martinique, le nombre de croisiéristes a atteint un nombre record de 467 000 touristes en 2017. La fréquentation touristique des croisiéristes a quadruplé en cinq ans. Les investissements réalisés dans le Grand Port Maritime de la Martinique ont permis d’accueillir davantage de navires de croisière. Le passage des cyclones Irma sur d’autres îles de la Caraïbe a également occasionné une hausse des rotations des bateaux de croisière en Martinique. Le tourisme de séjour est en légère hausse avec 536 000 touristes en 2017, contre 519 000 en 2016.

Le tourisme en Guyane

En 2017, la Guyane compte 29 hôtels, offrant 1 500 chambres. La fréquentation de ces hôtels est en hausse : 370 000 nuitées ont été enregistrées durant l’année 2017, soit une augmentation de 3 % en un an. Ces nuitées concernent d’abord des Français (77 % de la clientèle). La moitié des nuitées sont effectuées par des touristes de l’Hexagone, deux sur dix par des Guyanais et une sur dix par des Antillais. Les autres pays d’Europe constituent 16 % des nuitées, l’Amérique du Sud et les Caraïbes 5 % et l’Amérique du Nord 2 %. Le tourisme en Guyane est un tourisme d’affaires : en 2016, 4 % des visites sont liées à des missions au Centre Spatial Guyanais (CSG), 36 % à d’autres secteurs professionnels et 4 % aux études ou stages. C’est également un tourisme fortement affinitaire : 41 % des touristes en Guyane rendaient visite à des parents ou des amis.

L’activité spatiale attire deux tiers des visiteurs étrangers, les communes de Kourou et de Sinnamary en bénéficiant directement. On compte, en 2016, 19 600 visiteurs grand public au CSG et 12 570 invités aux lancements Ariane, Soyouz et Vega.

En plus des 3 000 lits touristiques en hôtellerie, la Guyane propose 4 900 lits dans des résidences secondaires en location saisonnière, dont 500 lits dans les communes non-routières de Guyane.

Sources : Insee et Comité du Tourisme de la Guyane

Définitions

Fonction touristique

Elle correspond au nombre de lits à vocation touristique pour 100 habitants dans une commune.

Chiffre d’affaires

Le chiffre d’affaires représente le montant des affaires (hors taxes) réalisées par l’entreprise avec les tiers dans l’exercice de son activité professionnelle normale et courante. Il correspond à la somme des ventes de marchandises, de produits fabriqués, des prestations de services et des produits des activités annexes.

Valeur ajoutée

Solde du compte de production. Elle est égale à la valeur de la production diminuée de la consommation intermédiaire.

Taux de valeur ajoutée

Le taux de valeur ajoutée mesure la capacité à créer de la valeur par euro de chiffre d’affaires. Il est égal au rapport de la valeur ajoutée hors taxes par le chiffre d’affaires.

Taux de marge

C’est le rapport entre l’excédent brut d’exploitation (EBE) et la valeur ajoutée. Il s’agit de la part de la richesse dégagée qui revient à l’entreprise.

Part des frais de personnel

La part de frais de personnel mesure la part de la richesse qui est utilisée pour rémunérer les salariés (y compris les cotisations sociales à la charge de l’employeur). Elle est égale au rapport des charges de personnel sur la valeur ajoutée au coût des facteurs.

Excédent brut d’exploitation

Résultat qui reste à l’entreprise une fois payées les charges de fonctionnement.






Pour en savoir plus