La croissance de la population de la Seine-Maritime freinée par une faible attractivité

Stève Lacroix (Insee Normandie)

Au 1er janvier 2016, le département de la Seine-Maritime compte un peu plus de 1 255 700 habitants. Il reste le premier département normand et le 15e département français en nombre d’habitants. Entre 2011 et 2016, la croissance de la population a été faible (+ 0,1 % en moyenne annuelle). La Seine-Maritime bénéficie pourtant d’un solde naturel (naissances moins décès) soutenu, mais celui-ci est compensé par un solde migratoire (départs du département moins arrivées) particulièrement négatif. Tandis que la plupart des unités urbaines perdent des habitants, de nombreuses communes rurales font preuve d’un important dynamisme démographique.

Stève Lacroix (Insee Normandie)
Insee Flash Normandie  No 81 - décembre 2018

Cette étude fait partie d'une série de publications sur l'évolution de la population des départements normand au 1ᵉʳ janvier 2016.

Le département de la Seine-Maritime compte un peu plus de 1 255 700 habitants au 1er janvier 2016. Il reste au 15e rang parmi les 100 départements français. En 2016, la Seine-Maritime compte 4 500 habitants de plus qu’en 2011, soit une croissance de 0,1 % par an, dans la lignée de celle observée au cours de la période quinquennale précédente (2006 / 2011). Cette évolution se situe dans la moyenne normande, mais en deçà de celles de l’Eure (+ 0,5 %) et du Calvados (+ 0,3 %), dont le dynamisme démographique est plus proche de ce que l’on constate sur le plan national (+ 0,4 % ; figure 1).

Figure 1En Seine-Maritime, les soldes naturel et migratoire se neutralisentÉvolution des populations municipales entre 2011 et 2016, soldes naturels et migratoires

En Seine-Maritime, les soldes naturel et migratoire se neutralisent
Départements Population municipale (nombre) Évolution annuelle (%)
2016 2011 2011-2016 due au solde naturel due au solde migratoire
Calvados 693 679 684 709 +0,3 +0,2 +0,1
Eure 602 825 588 111 +0,5 +0,4 +0,1
Manche 498 362 500 084 -0,1 -0,1 0,0
Orne 285 308 290 891 -0,4 -0,1 -0,2
Seine-Maritime 1 255 755 1 251 229 +0,1 +0,3 -0,3
Normandie 3 335 929 3 315 024 +0,1 +0,2 -0,1
France 66 361 658 64 933 400 +0,4 +0,4 +0,1
  • Note : Les taux de variation sont arrondis au plus près de leurs valeurs réelles. La somme des taux dus aux soldes naturels et migratoires apparents peut être de fait légèrement différente du taux de variation de la population.
  • Sources : Insee – recensement de la population 2011-2016 ; État civil

La Seine-Maritime continue de bénéficier d’une évolution favorable de sa croissance démographique naturelle, liée à la différence entre les naissances et les décès. Elle lui permet de gagner 20 600 habitants entre 2011 et 2016, ce qui, en volume, constitue la croissance la plus élevée au sein des départements normands. Mais cette croissance reste pénalisée par un défaut d’attractivité, qui provoque un nombre de départs de ses habitants nettement supérieur à celui des arrivées. Ce solde migratoire défavorable fait ainsi perdre 16 100 habitants sur la période, la baisse la plus conséquente de tous les départements normands.

L’évolution démographique de la Seine-Maritime est portée par celle de l’arrondissement de Rouen (figure 2), qui est le seul où la croissance est positive, de 0,2 % par an entre 2011 et 2016. À l’inverse, dans les arrondissements du Havre et de Dieppe la population baisse de 0,1 % par an. Une part non négligeable de la croissance de la population du département provient des communes rurales, pour lesquelles la population augmente à un rythme annuel de 0,5 %, alors qu’elle baisse de 0,1 % par an pour les unités urbaines. Dans le même ordre d’idée, les communes de moins de 3 500 habitants voient leur population progresser assez sensiblement, alors qu’en moyenne celle des communes plus grandes augmente très faiblement, voire stagne ou diminue (figure 3). Cette évolution démographique de petites communes comme Saint-Pierre-de-Manneville (+ 4,2 % par an) ou Fontaine-le-Bourg (+ 3,5 %) est surtout portée par un nombre d’arrivées qui excède celui des départs, mais leur solde naturel est également favorable.

Figure 2Les villes de plus de 3 500 habitants perdent des habitantsÉvolution des populations municipales entre 2011 et 2016 par taille de commune

Les villes de plus de 3 500 habitants perdent des habitants
Taille des communes 2016 Nombre de communes 2016 Population municipale 2016 Part dans la population du département (%) Évolution annuelle 2011-2016 (%)
Moins de 250 habitants 143 23 393 1,9 +0,4
250 à 499 habitants 204 75 582 6,0 +0,6
500 à 999 habitants 181 126 435 10,1 +0,5
1000 à 3 499 habitants 128 211 639 16,9 +0,4
3500 à 4 999 habitants 12 50 441 4,0 0,0
5 000 à 9 999 habitants 23 175 170 13,9 +0,1
10 000 habitants ou plus 20 593 095 47,2 -0,2
Seine-Maritime 711 1 255 755 100,0 +0,1
  • Source : Insee – recensement de la population 2011-2016

Figure 3Une part non négligeable de la croissance de la population du département provient des communes ruralesTaux de variation annuel moyen de la population des communes entre 2011 et 2016

  • Source : Insee, recensement de la population des communes entre 2011 et 2016

Le phénomène de périurbanisation se poursuit au détriment des villes centres et la plupart des grandes villes de Seine-Maritime perdent des habitants. C’est notamment le cas pour les trois plus importantes du Havre, de Rouen et de Dieppe (figure 4). La commune de Rouen voit ainsi sa population diminuer annuellement de 0,3 %. Dans le même temps, le dynamisme démographique reste soutenu dans plusieurs communes du pôle urbain rouennais. C’est le cas, au nord-ouest, pour Bois-Guillaume (+ 1,3 %) et Isneauville (+ 2,9 %) et, au sud, pour Le Mesnil-Esnard (+ 1,9 %), Boos (+ 2,7 %), Le Grand-Quevilly (+ 1,0 %) et, à un degré moindre, Saint-Étienne-du-Rouvray (+ 0,4 %).

Figure 4Les grandes communes de la couronne rouennaise montrent un dynamisme démographiqueÉvolution des populations municipales des 10 communes les plus importantes

Les grandes communes de la couronne rouennaise montrent un dynamisme démographique
Communes 2016 2011 Évolution annuelle 2011-2016 (%)
Le Havre 170 352 174 156 -0,4
Rouen 110 117 111 553 -0,3
Dieppe 29 606 31 148 -1,0
Sotteville-lès-Rouen 28 991 28 679 +0,2
Saint-Étienne-du-Rouvray 28 696 28 118 +0,4
Le Grand-Quevilly 25 897 24 637 +1,0
Le Petit-Quevilly 22 134 22 055 +0,1
Mont-Saint-Aignan 18 944 19 333 -0,4
Fécamp 18 900 19 264 -0,4
Elbeuf 16 503 16 800 -0,4
  • Source : Insee – recensement de la population 2011-2016

Graphique interactif : évolutions au sein des départements de la région

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Population au 1ᵉʳ janvier 2016

Population au 1ᵉʳ janvier 2016 () -
Population en 2016 Population en 2011 Évolution annuelle moyenne (en %)
2011-2016 2006-2011
Normandie 3 335 929 3 315 077 + 0.1 + 0.3
France Métropolitaine 64 468 792 63 070 344 + 0.4 + 0.5
Départements
Calvados 693 679 684 709 + 0.3 + 0.4
Eure 602 825 588 111 + 0.5 + 0.7
Manche 498 362 500 084 - 0.1 + 0.3
Orne 285 308 290 891 - 0.4 - 0.1
Seine-Maritime 1 255 755 1 251 282 + 0.1 + 0.1
Principales unités urbaines de la région
Rouen 467 763 464 874 + 0.1 + 0.1
Le Havre 235 665 239 566 - 0.3 - 0.7
Caen 198 877 197 654 + 0.1 - 0.2
Cherbourg-en-Cotentin 82 841 84 111 - 0.3 - 0.9
Évreux 60 205 59 990 + 0.1 - 0.4
Louviers 44 384 43 361 + 0.5 - 0.4
Alençon 37 730 37 468 + 0.1 - 1.0
Dieppe 36 694 38 373 - 0.9 - 1.1
Dives-sur-Mer 34 583 35 744 - 0.7 + 0.4
Vernon 31 662 32 977 - 0.8 + 0.3
Principales communes
Le Havre 170 352 174 156 - 0.4 - 0.9
Rouen 110 117 111 553 - 0.3 + 0.7
Caen 105 403 108 793 - 0.6 - 0.3
Cherbourg-en-Cotentin 80 076 81 690 - 0.4 - 0.9
Évreux 48 899 49 359 - 0.2 - 0.7
Dieppe 29 606 31 148 - 1.0 - 1.5
Sotteville-lès-Rouen 28 991 28 679 + 0.2 - 0.9
Saint-Étienne-du-Rouvray 28 696 28 118 + 0.4 + 0.2
Alençon 26 129 26 300 - 0.1 - 1.6
Le Grand-Quevilly 25 897 24 637 + 1.0 - 1.2
  • Champ : limites territoriales communales en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2018
  • Source : Insee, recensements de la population de 2006, 2011 et 2016

Population au 1ᵉʳ janvier 2016

Évolution du questionnaire de recensement

Afin d'améliorer la prise en compte de la multi résidence, notamment pour les enfants en résidence partagée, le questionnaire du recensement de la population a évolué en 2018. La croissance de population mesurée entre 2011 et 2016 est ainsi affectée d’un très léger effet questionnaire. Une estimation au niveau national en sera publiée le 15 janvier 2019.

Définitions

Géographie : La géographie utilisée pour la diffusion du recensement de l’année 2016 est la géographie en vigueur au 1er janvier 2018.

Des chiffres fondés sur cinq ans d'enquêtes : le recensement repose sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. En cumulant cinq enquêtes, l'ensemble des habitants des communes de moins de 10 000 habitants et 40 % environ de la population des communes de 10 000 habitants ou plus sont pris en compte. Les informations ainsi collectées sont ramenées à une même date pour toutes les communes afin d'assurer l'égalité de traitement entre elles. Cette date de référence est fixée au 1er janvier de l'année médiane des cinq années d'enquête (2014, 2015, 2016, 2017 et 2018) pour obtenir une meilleure robustesse des données, soit le 1er janvier 2016.

La population municipale comprend les personnes ayant leur résidence habituelle sur le territoire de la commune, dans un logement ou une communauté.

Pour en savoir plus

Roger P., "Bilan démographique 2017 : la population normande stoppe sa progression", Insee Analyses Normandie n°50, septembre 2018.

Granier C., Lacroix S., Leroux S., Ziembinski N., « Présentation de l'évolution de la population de chaque département normand », Insee Flash Normandie, n°77, 78, 79, 80 et 81, décembre 2018.

"Entre 2011 et 2016, les grandes aires urbaines portent la croissance démographique française", Insee Focus n°138, décembre 2018.