La progression démographique ralentit dans les couronnes périurbaines

Olivier Pégaz-Blanc, Insee

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, près de neuf habitants sur dix vivent dans les grandes aires urbaines, contre huit sur dix à l’échelle nationale. Entre 2011 et 2016, la périurbanisation s’est poursuivie à un rythme moindre autour des principaux pôles urbains, à l’exception de Marseille – Aix-en-Provence. En particulier, l’essor démographique a nettement ralenti autour de Nice et d’Avignon. Dans le même temps, les grands pôles urbains ont conservé un solde naturel très favorable et leur solde migratoire s’est globalement amélioré. L’excédent migratoire de l’ensemble des communes isolées hors influence des pôles s’est en sens inverse réduit.

Olivier Pégaz-Blanc, Insee
Insee Flash Provence-Alpes-Côte d'Azur  No 48 - janvier 2019

Près de neuf habitants sur dix vivent dans les grandes aires urbaines

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la concentration de la population dans les zones urbaines est très prononcée. En 2016, les 14 grandes aires urbaines (définitions) réunissent, à elles seules, 88 % de la population régionale, soit 10 points de plus qu’au niveau national (figure 1). Huit habitants sur dix vivent au sein des grands pôles urbains (unités urbaines de plus de 10 000 emplois) et 7 % de la population dans les communes périurbaines constituant les couronnes de ces grands pôles urbains.

Quatre grandes aires urbaines de la région figurent parmi les vingt plus peuplées de France en 2016 : Marseille – Aix-en-Provence (près d’1,8 million d’habitants), Nice (un million), Toulon (630 000) et Avignon (530 000 dont 480 000 dans la région). Ces quatre aires concentrent plus des trois quarts de la population régionale. Entre 2011 et 2016, leur population a progressé de + 0,4 % chaque année, soit au total + 71 400 habitants.

Figure 1La population continue de croître dans les grandes aires urbainesTaux de variation annuel de la population entre 2011 et 2016 (en %)

La population continue de croître dans les grandes aires urbaines
AU2010 LIBAU2010 Catégorie Taux 2011-2016 (en %)
003 Marseille - Aix-en-Provence 0_ensemble 0,4
003 Marseille - Aix-en-Provence 1_grand pôle 0,3
003 Marseille - Aix-en-Provence 2_couronne grand pôle 1,1
007 Nice 0_ensemble 0,0
007 Nice 1_grand pôle 0,0
007 Nice 2_couronne grand pôle 0,8
013 Toulon 0_ensemble 0,6
013 Toulon 1_grand pôle 0,6
013 Toulon 2_couronne grand pôle 1,4
016 Avignon 0_ensemble 0,5
016 Avignon 1_grand pôle 0,5
016 Avignon 2_couronne grand pôle 0,7
094 Fréjus 0_ensemble 0,8
094 Fréjus 1_grand pôle 0,8
110 Draguignan 0_ensemble 1,0
110 Draguignan 1_grand pôle 1,0
110 Draguignan 2_couronne grand pôle 0,4
112 Menton - Monaco (partie française) 0_ensemble 0,1
112 Menton - Monaco (partie française) 1_grand pôle 0,0
112 Menton - Monaco (partie française) 2_couronne grand pôle 1,6
136 Gap 0_ensemble 0,6
136 Gap 1_grand pôle 0,1
136 Gap 2_couronne grand pôle 1,5
141 Arles 0_ensemble 0,1
141 Arles 1_grand pôle 0,1
143 Salon-de-Provence 0_ensemble 1,4
143 Salon-de-Provence 1_grand pôle 1,4
176 Manosque 0_ensemble 0,3
176 Manosque 1_grand pôle -0,1
176 Manosque 2_couronne grand pôle 2,0
200 Beaucaire 0_ensemble 1,3
200 Beaucaire 1_grand pôle 1,3
218 Digne-les-Bains 0_ensemble -0,5
218 Digne-les-Bains 1_grand pôle -0,8
218 Digne-les-Bains 2_couronne grand pôle 0,0
244 Brignoles 0_ensemble 1,4
244 Brignoles 1_grand pôle 1,4
244 Brignoles 2_couronne grand pôle 1,6
  • Note : L’aire urbaine d’Avignon compte quatorze communes du Gard (2 dans son pôle urbain et 12 dans sa couronne) soit 52 289 habitants. La commune de Fourques (Gard) constitue avec Arles le pôle urbain et l’aire urbaine d’Arles. Tarascon constitue avec Beaucaire (Gard) le pôle urbain et l’aire urbaine de Beaucaire.
  • Source : Insee, recensements de la population

Figure 1La population continue de croître dans les grandes aires urbainesTaux de variation annuel de la population entre 2011 et 2016 (en %)

  • Note : L’aire urbaine d’Avignon compte quatorze communes du Gard (2 dans son pôle urbain et 12 dans sa couronne) soit 52 289 habitants. La commune de Fourques (Gard) constitue avec Arles le pôle urbain et l’aire urbaine d’Arles. Tarascon constitue avec Beaucaire (Gard) le pôle urbain et l’aire urbaine de Beaucaire.
  • Source : Insee, recensements de la population

La périurbanisation ralentit, sauf autour d’Aix-Marseille

En 2016, plus de 370 000 personnes vivent dans les couronnes des grands pôles urbains. Leur développement démographique, connu sous le terme de périurbanisation, s’est poursuivi entre 2011 et 2016 (+ 1,0 % de population supplémentaire chaque année) mais à un rythme moins soutenu que les années précédentes (+ 1,4 % entre 2006 et 2011). Cette tendance se retrouve à l’échelle nationale (+ 1,2 % puis + 0,8 % entre 2011 et 2016). Le développement démographique périurbain est toujours dû à un solde migratoire élevé (+ 0,9 % par an), mais celui-ci a diminué par rapport à la période précédente (+ 1,2 % par an entre 2006 et 2011).

Ce ralentissement migratoire concerne les couronnes des grands pôles de Toulon (- 0,3 point), d’Avignon (- 0,6 point) et surtout de Nice (- 0,8 point) (figure 2), tandis que celle de Marseille – Aix-en-Provence a conservé la même attractivité. En parallèle, le solde migratoire de plusieurs grands pôles urbains a augmenté.

Figure 2Quatre grandes aires urbaines parmi les vingt plus peuplées de FranceÉvolution de la population des principales aires urbaines de Provence-Alpes-Côte d'Azur

Quatre grandes aires urbaines parmi les vingt plus peuplées de France
Population en 2016 Taux de variation annuel de la population 2011-2016 (en %) Taux de variation annuel de la population 2006-2011 (en %)
en effectif en % régional Ensemble Dû au solde naturel Dû au solde migratoire apparent
Marseille-Aix-en-Provence 1 756 296 35,0 0,4 0,5 -0,1 0,3
Pôle urbain 1 587 537 31,6 0,3 0,5 -0,2 0,3
Couronne 168 759 3,4 1,1 0,2 0,9 1,2
Nice 1 006 402 20,0 0,0 0,1 -0,1 0,2
Pôle urbain 943 583 18,8 0,0 0,1 -0,1 0,1
Couronne 62 819 1,3 0,8 0,1 0,8 1,7
Toulon 626 504 12,5 0,6 0,0 0,6 0,3
Pôle urbain 572 952 11,4 0,6 0,0 0,6 0,2
Couronne 53 552 1,1 1,4 0,0 1,3 1,8
Avignon1 529 190 9,5 0,5 0,4 0,1 0,5
Pôle urbain 456 961 8,7 0,5 0,4 0,1 0,4
Couronne 72 229 0,8 0,7 0,4 0,4 1,4
  • 1. L’aire urbaine d’Avignon compte quatorze communes du Gard (2 dans son pôle urbain et 12 dans sa couronne) soit 52 289 habitants.
  • Source : Insee, recensements de la population de 2006, 2011 et 2016, état civil.

Le solde migratoire des grands pôles urbains se redresse

Entre 2011 et 2016, la croissance démographique des grands pôles urbains s’est poursuivie, à un rythme légèrement supérieur aux cinq années précédentes (+ 0,3 % après + 0,2 %). Cette hausse repose surtout sur l’excédent naturel. Toutefois, le solde migratoire des grands pôles urbains est redevenu globalement positif (+ 1 800 habitants par an, après - 2 700).

Au-delà de cette tendance générale, les principaux pôles urbains de la région sont dans des situations différentes. Dans les pôles de Marseille – Aix-en-Provence et d’Avignon, le solde naturel est très positif et le solde migratoire s’est redressé. Le pôle urbain de Nice conserve un léger déficit migratoire que compense difficilement un excédent naturel faible : sa croissance démographique, déjà très faible entre 2006 et 2011, est donc insignifiante depuis 2011. Enfin, si le pôle urbain de Toulon est à l’équilibre entre naissances et décès, son solde migratoire apparent a progressé très fortement sur les dix années (+ 3 200 personnes par an entre 2011 et 2016 après + 600 personnes par an entre 2006 et 2011). Sa croissance démographique est élevée (+ 0,6 % par an).

Des apports migratoires nettement plus limités pour les communes isolées

Les communes dites isolées, hors influence des pôles, connaissent un net ralentissement démographique : la croissance de la population y est passée de 1,3 % par an entre 2006 et 2011 à seulement 0,3 % entre 2011 et 2016. Le déficit naturel s’est creusé et le solde migratoire apparent baisse fortement (seulement 0,6 % contre 1,4 % entre 2006 et 2011). Souvent de très petite taille (environ 500 habitants en moyenne), ces communes isolées se situent, dans 70 % des cas, dans les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence. La baisse du solde migratoire apparent est encore plus importante pour les communes isolées du Var (+ 1,2 % par an après + 2,6 % cinq ans plus tôt). Pour celles situées dans les Alpes-Maritimes, la baisse de l’attractivité migratoire (+ 0,9 % après + 2,0 %) se conjugue à un solde naturel encore plus déficitaire (- 1,0 % après - 0,7 %).

Sources

Cette étude est fondée sur les populations communales, dites « populations municipales légales », issues des recensements de la population réalisés par l’Insee, en partenariat avec les communes, en date de référence au 1er janvier 2006, 2011 et 2016.

Les statistiques de l’état civil sur les naissances et les décès sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee.

Le questionnaire du recensement a changé en 2018 afin de mieux prendre en compte les situations de multi-résidence qui se développent. Ce nouveau questionnaire améliore l’observation des liens familiaux qui unissent les personnes habitant un même logement et simplifie le remplissage du questionnaire pour les personnes ayant plusieurs résidences, notamment les enfants de parents séparés.

Ces modifications ont cependant un effet sur les réponses de certaines personnes enquêtées et donc un impact sur la mesure de la population. Cet impact, à la baisse, corrige une sur-estimation du nombre de personnes en multi-résidence, dont certaines étaient comptabilisées jusqu’à présent à tort deux fois (une fois dans chacun de leurs logements).

La croissance de population mesurée par le recensement est ainsi affectée d’un très léger effet questionnaire que l’Insee estime à – 0,1 % entre 2011 et 2016. Cet effet n’affecte pas les analyses structurelles ou géographiques sur la population.

Pour plus d’information, consulter la note technique "Recensement de la population : changement de questionnaire 2018 et introduction d'un ajustement national" sur le site de l'Insee.

Définitions

Une grande aire urbaine est un ensemble de communes, d'un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain (zone de bâti continu comptant plus de 10 000 emplois) et une couronne périurbaine (communes dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci).

Pour en savoir plus

Méreau B. « Populations légales : 5 021 928 habitants en Provence-Alpes-Côte d’Azur au 1ᵉʳ janvier 2016 », Insee Flash Provence-Alpes-Côte d'Azur n° 47, décembre 2018

Vallès V. « Entre 2011 et 2016, les grandes aires urbaines portent la croissance démographique française », Insee Focus n° 138, décembre 2018

Barret C., Dotta D., Novella S. « Nouveau zonage en aires urbaines 2010 Avignon s'étend fortement », Insee Paca Analyse n° 12, octobre 2011

Brutel C., Levy D., « Le nouveau zonage en aires urbaines de 2010 – 95 % de la population vit sous influence des villes », Insee Première n° 1374, octobre 2011