Une croissance démographique ralentie par la baisse des naissances et la hausse des décès

Sonia Besnard, Mathilde Rocheteau, Insee

Si elle reste supérieure au niveau national, la croissance de la population dans les Pays de la Loire ralentit au cours des dernières années comme en France métropolitaine. Ce ralentissement est dû à la baisse des naissances conjuguée à la hausse des décès. Le fléchissement de la fécondité explique en grande partie la baisse des naissances, accompagné d’une diminution du nombre de femmes de 25 à 34 ans. Quant à la hausse des décès, elle est à relier à l’arrivée des générations nombreuses du baby-boom à des âges de forte mortalité.

Sonia Besnard, Mathilde Rocheteau, Insee
Insee Flash Pays de la Loire  No 89 - janvier 2019

3 786 550 habitants dans les Pays de la Loire au 1er janvier 2019

Au 1er janvier 2019, la population des Pays de la Loire est estimée à 3 786 550 habitants (sources). La croissance démographique dans la région est soutenue. Depuis l’an 2000, son rythme est de + 0,8 % en moyenne annuelle contre + 0,5 % en France métropolitaine. C’est le 3e plus élevé de France métropolitaine, derrière la Corse et l’Occitanie.

La croissance démographique ralentit

Si elle reste soutenue, la hausse de la population régionale ralentit : elle passe de 33 400 habitants supplémentaires par an entre 2000 et 2006 à 29 500 entre 2007 et 2014. Exceptés les Hauts-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes, cette décélération concerne toutes les régions. Selon les dernières estimations de population, elle s’accentuerait fortement. Dans les Pays de la Loire, le gain annuel ne serait plus que de 21 700 habitants par an entre 2015 et 2018 (figure 1).

Figure 1La croissance démographique ralentit, tout en restant supérieure au niveau nationalÉvolution annuelle de la population entre 2000 et 2018 (en %)

La croissance démographique ralentit, tout en restant supérieure au niveau national
Pays de la Loire France métropolitaine
2000 1,01 0,69
2001 1,00 0,71
2002 1,00 0,70
2003 0,96 0,67
2004 1,05 0,76
2005 1,03 0,72
2006 0,93 0,64
2007 0,79 0,55
2008 0,82 0,53
2009 0,92 0,48
2010 0,83 0,49
2011 0,87 0,48
2012 0,78 0,51
2013 0,82 0,52
2014 0,75 0,43
2015 0,60 0,36
2016(p) 0,61 0,36
2017(p) 0,56 0,31
2018(p) 0,54 0,28
  • (p) résultats provisoires.
  • Source : Insee, recensements de la population et estimations de population.

Figure 1La croissance démographique ralentit, tout en restant supérieure au niveau nationalÉvolution annuelle de la population entre 2000 et 2018 (en %)

  • (p) résultats provisoires.
  • Source : Insee, recensements de la population et estimations de population.

Dans la région, la croissance de la population résulte à la fois de l'excédent des naissances sur les décès (solde naturel) et des arrivées dans la région sur les départs (solde migratoire).

La baisse des naissances se poursuit

La baisse du nombre de naissances contribue au ralentissement de la croissance démographique. En 2018, 39 890 bébés seraient nés dans les Pays de la Loire (donnée provisoire), 370 naissances de moins qu’en 2017. Depuis le pic de 2010, la baisse se poursuit, plus fortement qu’au niveau national (figure 2). Par rapport à 2017, les naissances seraient moins nombreuses dans la Sarthe et en Maine-et-Loire, stables en Loire-Atlantique et Vendée. À l’inverse, elles seraient plus nombreuses en Mayenne.

Figure 2Huitième année de baisse des naissancesÉvolution du nombre de naissances (base 100 en 2000)

Huitième année de baisse des naissances
Pays de la Loire France métropolitaine
2000 100,0 100,0
2001 98,2 99,5
2002 97,6 98,3
2003 98,6 98,3
2004 99,9 99,1
2005 101,0 99,9
2006 104,3 102,9
2007 102,6 101,4
2008 103,3 102,7
2009 103,3 102,4
2010 104,4 103,5
2011 102,3 102,4
2012 101,7 102,0
2013 100,6 100,9
2014 99,2 100,8
2015 95,5 98,1
2016 92,8 96,1
2017 91,4 94,0
2018 (p) 90,6 92,6
  • (p) résultats provisoires.
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil.

Figure 2Huitième année de baisse des naissancesÉvolution du nombre de naissances (base 100 en 2000)

  • (p) résultats provisoires.
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil.

La natalité résulte de deux facteurs : le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants et leur fécondité. La diminution de l’indicateur conjoncturel de fécondité explique la quasi-totalité de la baisse des naissances. Depuis trois ans, la diminution du nombre de femmes de 25 à 34 ans, période où les femmes sont les plus fécondes, contribue également à la baisse des naissances. En 2018, 210 400 femmes ont entre 25 et 34 ans, soit 5 500 de moins qu’en 2015.

La baisse de l’indicateur conjoncturel de fécondité dans les Pays de la Loire est la plus forte des régions métropolitaines (– 0,25 enfant par femme depuis 2010). L’indice de la région est maintenant équivalent à celui de France métropolitaine (figure 3). Avec 1,88 enfant par femme en 2017, la région Pays de la Loire est la 4e la plus féconde, derrière l’Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur et les Hauts-de-France, perdant la 1re place qu’elle occupait entre 2003 et 2010.

Avec 1,93 enfant par femme en 2017, la Mayenne reste le département le plus fécond de la région même si l’indicateur conjoncturel de fécondité y baisse fortement. La fécondité est la plus faible de la région en Loire-Atlantique, avec 1,86 enfant par femme en 2017.

Figure 3La fécondité baisse depuis 2010 jusqu’à rejoindre le niveau nationalIndicateur conjoncturel de fécondité (en nombre d’enfants par femme)

La fécondité baisse depuis 2010 jusqu’à rejoindre le niveau national
Pays de la Loire France métropolitaine
2000 2,01 1,87
2001 1,98 1,88
2002 1,98 1,86
2003 2,00 1,87
2004 2,03 1,90
2005 2,06 1,92
2006 2,12 1,98
2007 2,09 1,96
2008 2,11 1,99
2009 2,11 1,99
2010 2,13 2,02
2011 2,10 2,00
2012 2,09 1,99
2013 2,07 1,97
2014 2,04 1,97
2015 1,96 1,92
2016 1,91 1,89
2017 1,88 1,88
  • Source : Insee, recensements de la population, statistiques de l'état civil, estimations de population.

Figure 3La fécondité baisse depuis 2010 jusqu’à rejoindre le niveau nationalIndicateur conjoncturel de fécondité (en nombre d’enfants par femme)

  • Source : Insee, recensements de la population, statistiques de l'état civil, estimations de population.

Des décès toujours à un niveau élevé

En 2018, le nombre de décès augmente : 35 000 Ligériens seraient décédés (donnée provisoire), 220 de plus qu’en 2017 (figure 4). Cette hausse est inférieure au niveau national. Les décès seraient plus nombreux en Loire-Atlantique, Vendée et Maine-et-Loire, stables en Mayenne, et moins nombreux dans la Sarthe. Le niveau de décès résulte à la fois de la taille des générations et de la mortalité à chaque âge. Le nombre de décès a tendance à augmenter avec l’arrivée des générations du baby-boom à des âges de forte mortalité. Le taux de mortalité atteint en moyenne 8,8 décès pour 1 000 habitants entre 2012 et 2017, alors qu’il était de 8,3 décès pour 1 000 habitants entre 2004 et 2011.

Figure 4Des décès à un niveau plus élevé depuis 2012Évolution du nombre de décès (base 100 en 2000)

Des décès à un niveau plus élevé depuis 2012
Pays de la Loire France métropolitaine
2000 100,0 100,0
2001 99,7 100,0
2002 100,8 100,8
2003 106,6 104,0
2004 97,6 96,0
2005 99,4 99,4
2006 98,5 97,3
2007 101,0 98,1
2008 102,9 100,2
2009 103,9 101,4
2010 104,6 101,8
2011 103,7 100,7
2012 109,9 105,3
2013 110,6 105,2
2014 108,1 103,0
2015 117,6 109,6
2016 116,9 109,5
2017 120,8 111,4
2018 (p) 121,5 112,8
  • (p) résultats provisoires.
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil.

Figure 4Des décès à un niveau plus élevé depuis 2012Évolution du nombre de décès (base 100 en 2000)

  • (p) résultats provisoires.
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil.

Espérance de vie : avantage aux femmes

L’espérance de vie à la naissance des femmes demeure nettement supérieure à celle des hommes. Dans les Pays de la Loire, une femme née en 2017 vivrait en moyenne 85 ans et 7 mois, et un homme 79 ans et 5 mois, soit 6 ans et 2 mois de plus. L’écart tend néanmoins à se réduire, il était de presque 8 ans en 2000. L’espérance de vie des femmes dans les Pays de la Loire est la 4e plus élevée des espérances de vie des régions métropolitaines. Elle est de 2 mois et demi supérieure au niveau national et est stable depuis 3 ans. Celle des hommes se situe dans la médiane (1 mois de moins par rapport au niveau national).

L’espérance de vie des femmes en Mayenne est la plus élevée des départements de la région (85 ans et 10 mois, 13e rang des départements de France métropolitaine). Elle est plus faible dans la Sarthe (85 ans et 1 mois). Pour les hommes, l’espérance de vie est plus élevée en Maine-et-Loire (80 ans et 1 mois) et plus faible en Vendée (78 ans et 8 mois).

Sources

Les statistiques d’état civil sur les naissances et les décès sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee. Pour 2018, il s’agit d’une estimation provisoire basée sur les évènements enregistrés au cours des dix premiers mois de l’année. Les naissances et les décès sont comptabilisés au lieu de domicile respectivement de la mère et du défunt (évènements dits domiciliés).

Le recensement de la population sert de base aux estimations annuelles de population. Il fixe les niveaux de référence pour les années où il est disponible. Pour les années 2017, 2018 et 2019, les estimations de population sont provisoires : la population du dernier recensement (soit 2016) est actualisée grâce à des estimations du solde naturel (différence entre le nombre de naissances et de décès) et du solde migratoire apparent (différence entre le nombre de personnes qui entrent sur le territoire et de personnes qui en sortent complétée d’un ajustement). Un ajustement a en effet été introduit pour tenir compte de la rénovation du questionnaire qui a eu lieu lors de l’enquête de recensement de 2018 et pour rendre comparables les niveaux de population annuels successifs. Une explication détaillée est disponible dans la documentation relative au recensement de la population sur insee.fr. Les soldes migratoires apparents de 2016 à 2018 sont estimés à partir des données des trois derniers soldes connus (2013, 2014 et 2015). Ils sont provisoires.

Définitions

L’indicateur conjoncturel de fécondité est la somme des taux de fécondité par âge observés une année donnée. Cet indicateur peut être interprété comme le nombre moyen d’enfants qu’aurait une génération fictive de femmes qui connaîtraient tout au long de leur vie les taux de fécondité par âge observés cette année-là. Il s’agit d’un indicateur synthétique des taux de fécondité par âge de l’année considérée.

L’espérance de vie à la naissance est égale à la durée de vie moyenne d’une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les conditions de mortalité par âge de l’année considérée. Il s’agit d’un indicateur synthétique des taux de mortalité par âge de l’année considérée.

Pour en savoir plus

Beaumel C. et Papon S., Bilan démographique 2018 - La fécondité baisse depuis quatre ans, Insee Première, n° 1730, janvier 2019.

Barré M., Une croissance démographique qui ralentit sauf dans les intercommunalités les plus peuplées, Insee Flash Pays de la Loire n° 88, janvier 2019.

Barré M. et Rodrigues A., Pays de la Loire : la dynamique démographique ralentit mais reste soutenue, Insee Analyses Pays de la Loire n° 69, décembre 2018.

Barré M. et Bourieau P., Une croissance de population concentrée à l’ouest et un fort vieillissement, Insee Analyses Pays de la Loire n° 61, juin 2018.