L’emploi salarié ne progresse plusNote de conjoncture régionale - 3ᵉ trimestre 2018

Erwan Auger, Thomas Ducharne, Marie-Laure Kayali, Philippe Marchet, Thibaut Martini, Vincent Nieto, Insee

Au troisième trimestre 2018, l’emploi salarié poursuit sa baisse dans le Grand Est pour le second trimestre consécutif après trois ans de hausse. Le tertiaire et la construction peinent désormais à le soutenir, tandis que l’industrie et l’intérim sont toujours en difficulté. Le chômage se stabilise, comme le nombre de demandeurs d’emploi.

Malgré un net ralentissement, la construction reste bien orientée grâce aux logements collectifs, ce qui n’est pas le cas au niveau national. En dépit de l’attrait de la clientèle étrangère pour la région, la fréquentation des hôtels diminue légèrement ce trimestre. Le nombre de créations d’entreprises recule légèrement, quand celui des défaillances fléchit nettement. Les exportations sont bien orientées. L’emploi augmente chez nos voisins et le chômage recule partout.

Insee Conjoncture Grand Est
No 16
Paru le : Paru le 17/01/2019
Erwan Auger, Thomas Ducharne, Marie-Laure Kayali, Philippe Marchet, Thibaut Martini, Vincent Nieto, Insee
Insee Conjoncture Grand Est  No 16 - janvier 2019
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La baisse de l’emploi salarié s’accentue

Au troisième trimestre 2018, la baisse de l’emploi salarié total dans le Grand Est se poursuit avec un recul de 0,2 %, soit une perte de 2 980 emplois après 900 au trimestre précédent. En France (hors Mayotte), l’emploi est en légère hausse de 0,1 %. C’est un tassement dans le secteur privé (- 0,2 %) qui pèse sur la tendance régionale, contrairement au niveau national où il augmente de 0,1 % et recule d’autant dans le secteur public. Les régions voisines suivent un mouvement similaire : - 0,3 % en Bourgogne-Franche-Comté et - 0,1 % dans les Hauts-de-France.

L’emploi diminue dans neuf des dix départements du Grand Est. Les départements les plus touchés sont les Ardennes, la Meuse et la Moselle (- 0,6 %, - 0,5 % et - 0,4 %). Il progresse uniquement dans le Bas-Rhin (+ 0,2 %).

Figure 1Évolution de l'emploi salarié

Indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Évolution de l'emploi salarié (Indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
emploi salarié total - Grand Est emploi salarié total - France hors Mayotte emploi salarié privé - Grand Est emploi salarié privé - France hors Mayotte
T4 2010 100 100 100 100
T1 2011 100,13 100,21 100,25 100,27
T2 2011 99,92 100,3 100,12 100,39
T3 2011 99,64 100,24 99,96 100,42
T4 2011 99,7 100,3 99,97 100,42
T1 2012 99,44 100,31 99,65 100,39
T2 2012 99,12 100,29 99,28 100,33
T3 2012 98,93 100,19 98,98 100,14
T4 2012 98,52 100,03 98,48 99,94
T1 2013 98,24 99,96 98,14 99,83
T2 2013 98,14 99,86 97,91 99,59
T3 2013 98,01 100,02 97,69 99,75
T4 2013 98,08 100,34 97,54 99,91
T1 2014 98,08 100,39 97,44 99,87
T2 2014 97,99 100,42 97,31 99,93
T3 2014 97,75 100,3 96,94 99,74
T4 2014 97,56 100,4 96,61 99,79
T1 2015 97,29 100,35 96,33 99,73
T2 2015 97,33 100,6 96,29 99,98
T3 2015 97,28 100,64 96,31 100,08
T4 2015 97,27 100,86 96,32 100,33
T1 2016 97,33 101,05 96,31 100,55
T2 2016 97,5 101,33 96,56 100,88
T3 2016 97,53 101,63 96,67 101,26
T4 2016 97,57 101,79 96,73 101,42
T1 2017 97,82 102,19 96,98 101,92
T2 2017 98,09 102,56 97,37 102,38
T3 2017 98,16 102,74 97,55 102,63
T4 2017 98,43 103,13 97,94 103,17
T1 2018 98,49 103,33 98 103,43
T2 2018 98,44 103,4 98,01 103,56
T3 2018 98,29 103,46 97,8 103,68
  • Note : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 1Évolution de l'emploi salarié

  • Note : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

L’emploi stagne dans le tertiaire et la construction

Après plusieurs trimestres de hausse, la croissance dans le secteur marchand hors intérim est à l’arrêt ce trimestre (0,0 % après + 0,2 %), alors que la tendance nationale, positive, se prolonge (+ 0,2 %, comme au trimestre précédent). Les hausses majeures concernent les secteurs de l’information et la communication et des services aux entreprises (+ 0,9 % et + 0,6 %). À l’inverse, les services aux ménages perdent de nombreux emplois et le commerce bascule dans le négatif (- 0,7 % et - 0,1 %). Les départements du Grand Est suivent des dynamiques opposées. L’emploi dans le secteur marchand recule dans la Meuse, la Haute-Marne et les Ardennes (entre - 0,6 % et - 0,4 %) et croît dans l’Aube, le Bas-Rhin et les Vosges (+ 0,4 % et + 0,5 %).

Dans la construction, l’emploi salarié reste stable, alors qu’aux trimestres précédents son solde était positif (- 0,0 % après + 0,2 %). Sur le territoire français, le rythme reste vigoureux avec un gain de 0,4 %. Le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté (- 0,2 %) sont les uniques régions françaises où l’évolution n’est pas positive. La Marne et le Haut-Rhin bénéficient toujours d’une bonne dynamique (+ 0,7 %), mais la Haute-Marne et la Moselle passent sous le seuil des - 1,0 %.

Figure 2Évolution de l'emploi salarié par secteur dans le Grand Est

Indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Évolution de l'emploi salarié par secteur dans le Grand Est (Indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Construction Industrie Tertiaire marchand hors intérim Tertiaire non marchand
T4 2010 100 100 100 100
T1 2011 99,99 99,73 100,17 99,91
T2 2011 99,48 99,7 100,38 99,59
T3 2011 98,8 99,3 100,19 99,3
T4 2011 98,46 99,01 100,28 99,45
T1 2012 98,91 98,49 100,22 99,37
T2 2012 98,58 98,25 99,96 99,31
T3 2012 98,02 98,07 99,96 99,42
T4 2012 97,13 97,66 99,67 99,17
T1 2013 96,13 96,9 99,42 99,08
T2 2013 95,67 96,21 99,15 99,3
T3 2013 95,62 95,6 99,06 99,38
T4 2013 94,95 95,27 98,95 100
T1 2014 94,13 94,97 98,81 100,05
T2 2014 93,19 94,55 98,72 100,13
T3 2014 91,59 93,91 98,59 100,17
T4 2014 90,68 93,58 98,45 100,3
T1 2015 89,7 93,07 98,38 100,11
T2 2015 88,74 92,5 98,45 100,24
T3 2015 88,11 92,01 98,54 99,94
T4 2015 87,7 91,54 98,56 100,02
T1 2016 87,37 91,23 98,99 100,25
T2 2016 86,86 90,96 99,21 100,23
T3 2016 86,38 90,84 99,29 100,19
T4 2016 85,7 90,41 99,63 100,19
T1 2017 86,43 90,08 99,64 100,42
T2 2017 86,78 89,91 99,99 100,39
T3 2017 86,87 89,74 100,18 100,16
T4 2017 87,3 89,58 100,37 100,04
T1 2018 87,64 89,39 100,64 100,08
T2 2018 87,8 89,2 100,82 99,94
T3 2018 87,77 89,01 100,84 99,89
  • Note : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 2Évolution de l'emploi salarié par secteur dans le Grand Est

  • Note : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Toujours moins d’emplois dans l’industrie, l’intérim s’enlise

L’emploi industriel poursuit sa baisse (- 0,2 %, soit 650 emplois de moins), tandis que la tendance nationale est à la stabilité. Il se redresse néanmoins dans le Bas-Rhin et la Marne (+ 0,4 % et + 0,3 %), mais décroît dans les autres départements (entre - 0,7 % et - 0,3 %). Le secteur de la fabrication de matériels de transport est le plus touché, avec une diminution de 1,7 %. Celle-ci est notamment due aux réorganisations au sein de PSA automobiles qui induit des baisses d’emplois. Les secteurs de la cokéfaction-raffinage et des biens d’équipements et matériels repartent à la hausse (+ 0,2 % et + 0,3 %).

L’emploi intérimaire chute de 2,5 % et se contracte encore davantage qu’au trimestre précédent (- 0,9 %). Tous les secteurs sont touchés par cette dégradation, même si la construction résiste mieux mais diminue de 1,2 %. Il s’aggrave aussi en France, bien que plus modérément (- 1,2 % après - 0,6 %). L’intérim ne progresse que dans le Bas-Rhin (+ 0,5 %), mais recule très fortement dans la Marne, passant de + 3,1 % à - 7,9 % ainsi que dans la Meuse, de + 10,1 % à - 6,2 %.

Figure 3Évolution de l'emploi intérimaire

Indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Évolution de l'emploi intérimaire (Indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Grand Est France hors Mayotte
T4 2010 100 100
T1 2011 104,48 101,43
T2 2011 102,25 100,58
T3 2011 100,36 100,37
T4 2011 99,78 99,36
T1 2012 94,98 95,28
T2 2012 90,46 92,59
T3 2012 84,36 88,23
T4 2012 80,57 85,38
T1 2013 83,17 88,52
T2 2013 85,08 87,8
T3 2013 88,67 90,01
T4 2013 87,03 90,35
T1 2014 89,1 89,75
T2 2014 91,27 91,98
T3 2014 88,27 89,12
T4 2014 89,04 90,17
T1 2015 89,56 90,22
T2 2015 91,98 94,37
T3 2015 94,77 97,2
T4 2015 99,1 99,59
T1 2016 97,77 99,9
T2 2016 98,69 102,06
T3 2016 99,28 105,79
T4 2016 104,57 110,53
T1 2017 109,61 116,23
T2 2017 115,97 121,96
T3 2017 119,49 124,7
T4 2017 126,95 130,24
T1 2018 125,29 130,56
T2 2018 124,15 129,81
T3 2018 121 128,27
  • Note : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 3Évolution de l'emploi intérimaire

  • Note : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Le tertiaire non marchand se contracte

Le repli dans le tertiaire non marchand s’estompe par rapport au trimestre précédent, mais la tendance ne s’inverse pas (- 370 emplois, soit - 0,1 %), comme au niveau national (- 6 500 emplois, soit - 0,1 %). Dans les départements de la région, l’emploi varie dans ce secteur de - 0,4 % dans les Ardennes à + 0,2 % dans le Bas-Rhin.

Figure 4Évolution de l'emploi total par département

Évolution de l'emploi total par département ()
2018T2 2018T3
Ardennes -0,6 -0,59
Aube 0,06 -0,07
Marne 0,06 -0,27
Haute-Marne -0,36 -0,25
Meurthe-et-Moselle -0,07 -0,29
Meuse 0,43 -0,46
Moselle -0,05 -0,38
Bas-Rhin 0,03 0,24
Haut-Rhin 0,02 -0,15
Vosges -0,37 -0,1
  • Note : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 4Évolution de l'emploi total par département

  • Note : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Baisse du chômage sur un an dans toutes les zones d’emploi

Au troisième trimestre 2018, le taux de chômage est stable dans le Grand Est à 8,7 %, quasiment au même niveau qu’en France métropolitaine (8,8 %).

Cette stabilité est marquée par des évolutions faibles localement : six départements en légère hausse (de 0,1 point dans les Ardennes, la Marne, la Meurthe et Moselle, la Moselle, les Vosges et le Haut-Rhin), deux en baisse (de 0,1 point dans la Meuse et la Haute-Marne), et deux stables (Aube et Bas-Rhin). Cette stabilité ne change pas leur classement au regard du chômage dans le Grand Est : l’Aube reste le département où le taux de chômage est le plus élevé devant les Ardennes (11,3 % et 10,6 %). Le Bas-Rhin est toujours celui où il est le plus faible avec la Haute-Marne (7,6 % et 7,8 %).

Ce trimestre, la zone d’emploi de Wissembourg, qui reste la zone où le taux de chômage est le plus bas, passe sous la barre des 5 %. Il atteint 11,8 % dans la zone d’emploi de Saint-Dié-des-Vosges, où il reste le plus élevé. Forbach compte 11,5 % de chômeurs, en augmentation de 0,2 point ce trimestre, après une baisse notable sur un an (- 1,2 point). Suit la zone d’emploi de Troyes qui compte 11,2 % de chômeurs, en baisse de 0,9 point par rapport au même trimestre de l’année précédente. Dans treize zones d’emploi sur trente et une, le chômage est en hausse. Cette hausse est vive à Sarrebourg et à Mulhouse (+ 0,4 point à 7,1 % et + 0,3 point à 9,9 %). Sur un an, le taux de chômage diminue dans toutes les zones d’emploi, de 0,1 point à Sarrebourg jusqu’à 1,2 point à Forbach. L’amélioration est sensible pour le Grand Est (- 0,7 point) comme pour tous ses départements, sans écart conséquent entre eux.

Figure 5Taux de chômage

En %
Taux de chômage (En %)
Grand Est France hors Mayotte
T4 2010 8,8 9,2
T1 2011 8,7 9,1
T2 2011 8,7 9,1
T3 2011 8,8 9,2
T4 2011 9 9,3
T1 2012 9,1 9,5
T2 2012 9,4 9,7
T3 2012 9,5 9,8
T4 2012 9,9 10,1
T1 2013 10,2 10,3
T2 2013 10,3 10,5
T3 2013 10,2 10,3
T4 2013 10 10,1
T1 2014 10 10,2
T2 2014 10 10,2
T3 2014 10,1 10,3
T4 2014 10,3 10,4
T1 2015 10,2 10,3
T2 2015 10,4 10,5
T3 2015 10,3 10,4
T4 2015 10,1 10,2
T1 2016 10 10,2
T2 2016 9,8 10
T3 2016 9,8 10
T4 2016 9,9 10
T1 2017 9,4 9,6
T2 2017 9,3 9,4
T3 2017 9,4 9,6
T4 2017 8,6 8,9
T1 2018 8,8 9,2
T2 2018 8,7 9,1
T3 2018 8,7 9,1
  • Note : données trimestrielles CVS. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Source : Insee, taux de chômage au sens du BIT et taux de chômage localisé.

Figure 5Taux de chômage

  • Note : données trimestrielles CVS. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Source : Insee, taux de chômage au sens du BIT et taux de chômage localisé.
Avertissement

Auparavant, les estimations trimestrielles d’emploi (ETE) publiées au niveau localisé (région et département) portaient seulement sur les salariés du secteur marchand - hors agriculture et activité des particuliers employeurs - en France métropolitaine. Depuis la publication de juin 2018, le champ des ETE localisé est étendu à l’ensemble de l’emploi salarié et aux départements d’outre-mer (hors Mayotte). Par rapport à la situation antérieure, sont donc ajoutés les salariés de la fonction publique, de l’agriculture et de l’ensemble des particuliers employeurs.

De plus, une distinction des emplois « privé » et « public », établie à partir de la catégorie juridique des employeurs, est disponible au niveau régional. Les niveaux de l’emploi « privé » publiés par les Urssaf et par l’Insee diffèrent du fait d’écarts de champ et de concept, et de légères différences peuvent exister sur les taux d’évolution (effets de composition liés aux écarts de niveaux).

Parallèlement, l’introduction de la déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut entraîner des révisions accrues sur les données, en particulier durant la phase de montée en charge de la DSN.

Le nombre de jeunes demandeurs d’emploi continue à croître

Le nombre de demandeurs d’emploi de catégories A, B et C se stabilise à 462 500 personnes. En revanche, ceux qui n’ont exercé aucune activité (catégorie A uniquement) sont plus nombreux ce trimestre (285 330, soit + 0,3 %), comme au niveau national. Sur un an, la tendance est tout de même à la baisse (- 3,6 %).

Le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité diminue sur un trimestre assez fortement dans les départements de la Meuse, de la Haute-Marne, des Ardennes, des Vosges et de la Meurthe-et-Moselle (entre - 1,2 % et - 0,4 %), un peu plus faiblement dans celui de la Moselle (- 0,1 %). Il augmente dans les deux départements alsaciens (Bas-Rhin :  + 0,2 % et Haut-Rhin :  + 1,4 %). Fait relativement inhabituel, le nombre de jeunes demandeurs d’emploi poursuit sa hausse alors que celui de seniors diminue (+ 0,2 % et - 0,1 %). Le nombre d’hommes demandeurs d’emploi augmente de 0,8 %, alors que celui de femmes baisse de 0,3 %, quelles que soient les tranches d’âge.

Le chômage de longue durée (dans les catégories A, B et C) continue à augmenter (+ 0,2 %). Ce sont 225 100 personnes qui cherchent un emploi depuis plus d’un an, soit 49 % des demandeurs d’emploi. C’est davantage qu’au niveau métropolitain (47 %). Le chômage de très longue durée augmente au même rythme et touche 48 500 personnes.

S’agissant des motifs d’entrées à Pôle emploi, le nombre de fins de contrats à durée déterminée et de missions d’intérim, qui constituent 26 % du total, diminue de 8,5 %. Les démissions baissent également de 5,5 % et les licenciements économiques de 1,5 %. En revanche, les retours d’inactivité, qui représentent 16 % des entrées, augmentent de 3,2 %, les ruptures conventionnelles de 0,9 % et les licenciements autres qu’économiques de 0,4 %.

Figure 6Taux de chômage localisé par zone d’emploi au 3ᵉ trimestre 2018

Taux de chômage localisé par zone d’emploi au 3ᵉ trimestre 2018
Code Géographique Libellé Taux de chômage Évolution par rapport au dernier trimestre
FR2101 Charleville-Mézières 11,0 0,0
FR2102 Troyes 11,2 -0,1
FR2103 Châlons-en-Champagne 7,7 0,1
FR2104 Épernay 6,4 0,1
FR2105 Reims 9,4 0,2
FR2106 Chaumont-Langres 6,4 0,1
FR2107 Vitry-le-François/Saint-Dizier 9,8 0,0
FR4101 Longwy 9,0 0,2
FR4102 Lunéville 10,2 0,0
FR4103 Nancy 8,4 0,0
FR4104 Bar-le-Duc 7,2 0,0
FR4105 Commercy 9,5 -0,2
FR4106 Verdun 9,9 0,0
FR4107 Metz 8,8 0,0
FR4108 Forbach 11,5 0,2
FR4109 Sarrebourg 7,1 0,4
FR4110 Sarreguemines 8,3 0,1
FR4111 Thionville 8,8 0,1
FR4112 Épinal 9,4 -0,1
FR4113 Remiremont 8,9 0,2
FR4114 Saint-Dié-des-Vosges 11,8 -0,1
FR4115 Neufchâteau 7,8 -0,2
FR4201 Haguenau 6,1 0,0
FR4202 Molsheim-Obernai 5,6 0,1
FR4203 Saverne 5,9 -0,1
FR4204 Sélestat 6,7 0,1
FR4205 Strasbourg 9,2 0,0
FR4206 Wissembourg 4,9 -0,1
FR4207 Colmar 6,7 -0,1
FR4208 Mulhouse 9,9 0,3
FR4209 Saint-Louis 6,7 0,0
FR0052 Cosne-Clamecy 7,8 0,0
FR0056 Roissy - Sud Picardie 9,9 0,0
FR1103 Coulommiers 7,2 0,0
FR1104 Meaux 9,0 0,1
FR1108 Provins 8,4 0,2
FR2201 Château-Thierry 10,7 0,1
FR2202 Tergnier 13,7 -0,3
FR2203 Thiérache 15,0 -0,5
FR2204 Laon 11,0 0,1
FR2205 St-Quentin 13,6 -0,1
FR2206 Soissons 12,0 0,0
FR2602 Chatillon 8,5 0,1
FR2603 Dijon 7,5 0,1
FR2604 Montbard 7,5 0,0
FR2612 Auxerre 8,1 0,1
FR2613 Avallon 7,3 -0,3
FR2614 Sens 8,9 0,0
FR4301 Besançon 7,5 0,1
FR4302 Belfort-Montbéliard-Héricourt 10,0 0,5
FR3117 Maubeuge 15,1 -0,1
FR4308 Gray 8,5 0,2
FR4309 Vesoul 7,8 0,0
BE32 Prov. Hainaut (Région Wallonne) 8,4 -0,7
BE33 Prov. Liège (Région Wallonne) 8,4 -0,7
BE34 Prov. Luxembourg (Région Wallonne) 8,4 -0,7
BE35 Prov. Namur (Région Wallonne) 8,4 -0,7
DE11 Stuttgart (Bade-Wurtemberg) 3,1 0,1
DE12 Karlsruhe (Bade-Wurtemberg) 3,1 0,1
DE13 Freiburg (Bade-Wurtemberg) 3,1 0,1
DE14 Tübingen (Bade-Wurtemberg) 3,1 0,1
DEB1 Koblenz (Rhénanie-Palatinat) 4,2 -0,2
DEB2 Trier (Rhénanie-Palatinat) 4,2 -0,2
DEB3 Reinhessen-Pfalz (Rhénanie-Palatinat) 4,2 -0,2
DEC0 Sarre 5,9 -0,1
LU Luxembourg 5,3 -0,2
CH Suisse du Nord-Ouest 3,9 -0,5
  • Note : données provisoires pour le troisième trimestre 2018.
  • * Zone d’emploi (FR), Région (BE), Land (DE), Pays (LU), Suisse du Nord-Ouest (CH).
  • Sources : Insee, Statbel, Destatis, Statec, OFS.

Figure 6Taux de chômage localisé par zone d’emploi au 3ᵉ trimestre 2018

  • Note : données provisoires pour le troisième trimestre 2018.
  • * Zone d’emploi (FR), Région (BE), Land (DE), Pays (LU), Suisse du Nord-Ouest (CH).
  • Sources : Insee, Statbel, Destatis, Statec, OFS.

Tendance favorable dans la construction grâce aux logements collectifs

Dans le Grand Est, 30 600 logements ont été autorisés à la construction entre octobre 2017 et septembre 2018, soit une hausse par rapport au cumul calculé un an plus tôt (+ 1,8 %). Ce nombre baisse de 5,2 % au niveau national (hors Mayotte). Le nombre de logements collectifs autorisés continue de progresser à l’opposé de celui des logements individuels. La Marne est le département où l’augmentation est la plus forte (+ 38 %), tandis que les diminutions les plus importantes concernent la Meuse, les Ardennes et la Meurthe-et-Moselle (entre - 36 % et - 22 %).

Sur cette même période, le Grand Est compte 26 800 logements commencés, soit une nette progression de 11,0 % comparée au cumul annuel mesuré un an plus tôt. Cette croissance est aussi exclusivement due aux logements collectifs. En France hors Mayotte, le dynamisme est moins important (+ 3,3 %). Au niveau départemental, les hausses sont importantes en Meurthe-et-Moselle, dans le Haut-Rhin et en Moselle (+ 44 %, + 30 % et + 21 %). La Meurthe-et-Moselle connaît des variations très divergentes entre les logements autorisés et commencés, qui s’expliquent par une forte hausse des mises en chantier le trimestre précédent.

Dans le non-résidentiel, la surface de locaux autorisés à la construction s’élève à 3 millions de mètres carrés, présentant un gain de 5,5 % par rapport au cumul du troisième trimestre 2017. Sur le territoire national, cette hausse est moins marquée (+ 0,5 %). Néanmoins, le contraste entre les départements du Grand Est est important :  le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, les Vosges, la Meuse, la Meurthe-et-Moselle et les Ardennes affichent de fortes augmentations (de + 18 % à + 48 %), alors que la Marne, la Haute-Marne et l’Aube diminuent fortement (entre - 31 % et - 26 %).

Comparées au cumul annuel mesuré un an plus tôt, les mises en chantier des locaux continuent leur progression, avec 2,1 millions de mètres carrés de surface de plancher, bien plus forte qu’en France (+ 25,6 % contre + 2,1 %). Les surfaces doublent en Moselle, suivie des Vosges et de la Haute-Marne (+ 80 % et + 71 %). Les mises en chantier se réduisent seulement dans le Bas-Rhin et la Meuse (- 8 % et - 3 %).

Figure 7Évolution du nombre de logements autorisés à la construction

Indice base 100 en décembre 2010
Évolution du nombre de logements autorisés à la construction (Indice base 100 en décembre 2010)
Grand Est France hors Mayotte
déc. 2010 100 100
janv. 2011 100,67 101,59
févr. 2011 101,33 101,8
mars 2011 104 101,22
avril 2011 105,33 101,05
mai 2011 108,33 102,64
juin 2011 107 102,92
juil. 2011 108,67 103,1
août 2011 111 104,28
sept. 2011 112,33 105,85
oct. 2011 113 106,54
nov. 2011 116,33 107,57
déc. 2011 119 108,66
janv. 2012 121 108,43
févr. 2012 123 108,64
mars 2012 120,67 108,6
avril 2012 119,67 109,06
mai 2012 116,33 107,66
juin 2012 116,33 107,15
juil. 2012 116,33 106,36
août 2012 115 106,54
sept. 2012 117 104,34
oct. 2012 114 103,84
nov. 2012 110,67 102,77
déc. 2012 106 100,96
janv. 2013 106,33 101,07
févr. 2013 105,67 102,54
mars 2013 107 102,85
avril 2013 105,33 101,17
mai 2013 104 99,22
juin 2013 100,67 97,5
juil. 2013 96,33 95,55
août 2013 92 92,43
sept. 2013 87,33 90,96
oct. 2013 85 90,35
nov. 2013 86 89,49
déc. 2013 86,33 88,57
janv. 2014 81,33 86,49
févr. 2014 79 83,47
mars 2014 80 82,55
avril 2014 79,33 81,29
mai 2014 82 81,29
juin 2014 82 81,35
juil. 2014 86,33 81,71
août 2014 88 81,5
sept. 2014 89,67 81,64
oct. 2014 91 80,74
nov. 2014 88,33 79,84
déc. 2014 88,67 79,76
janv. 2015 88 79,53
févr. 2015 85,67 78,98
mars 2015 82,67 78,12
avril 2015 82,67 79,09
mai 2015 77,67 78,58
juin 2015 78 79,46
juil. 2015 75,67 79,3
août 2015 77 80,22
sept. 2015 75 81,06
oct. 2015 75,67 81,69
nov. 2015 77,33 83,7
déc. 2015 76,67 84,92
janv. 2016 77,67 85,25
févr. 2016 80,67 86,7
mars 2016 79,33 86,95
avril 2016 81,33 87,87
mai 2016 83,67 89,8
juin 2016 86,33 90,16
juil. 2016 85,67 91,11
août 2016 86 92,2
sept. 2016 89,33 94,36
oct. 2016 90,33 95,07
nov. 2016 90,33 95,89
déc. 2016 93 97,21
janv. 2017 95,67 98,01
févr. 2017 95,67 98,24
mars 2017 97,33 100,48
avril 2017 94,67 100,5
mai 2017 94,67 101,45
juin 2017 94,33 102,62
juil. 2017 97,67 104,05
août 2017 98,67 104,53
sept. 2017 100,33 104,8
oct. 2017 101,33 105,37
nov. 2017 102 104,62
déc. 2017 101,67 104,22
janv. 2018 100,67 104,36
févr. 2018 101,33 104,99
mars 2018 100 103,55
avril 2018 103,67 103,57
mai 2018 105,33 103,38
juin 2018 106,33 101,97
juil. 2018 104,67 100,55
août 2018 106 100,19
sept. 2018 102 99,39
oct. 2018 99 99,18
nov. 2018 99,67 99,22
  • Note : données mensuelles brutes, en date réelle. Chaque point représente l'évolution du cumul des 12 derniers mois.
  • La ligne verticale rouge représente la fin du trimestre d'intérêt.
  • Source : SDES, Sit@del2.

Figure 7Évolution du nombre de logements autorisés à la construction

  • Note : données mensuelles brutes, en date réelle. Chaque point représente l'évolution du cumul des 12 derniers mois.
  • La ligne verticale rouge représente la fin du trimestre d'intérêt.
  • Source : SDES, Sit@del2.

Portée par la clientèle en provenance de l’étranger, la fréquentation touristique augmente fortement dans les campings et les AHCT

Avec leurs 8 millions de nuitées cumulées entre juillet et septembre, les hébergements touristiques marchands enregistrent une nouvelle hausse de leur fréquentation après un été 2017 déjà très positif (+ 5 % après + 7 %). Cinq fois plus soutenue que dans l’ensemble de la métropole (+ 1 %), cette forte croissance est d’abord le fait d’une clientèle en provenance de l’étranger dont les nuitées augmentent de manière particulièrement sensible dans la région (+ 8 %, contre + 4 % à l’échelle de la métropole). De son côté, la progression de la fréquentation des touristes venant de France est plus modérée, tandis qu’elle recule légèrement dans l’ensemble de l’Hexagone (+ 2 % contre - 0,6 %).

À l’échelle de la région, les nuitées augmentent très fortement dans les Ardennes et en Moselle (+ 26 % et + 10 %), un peu plus modérément dans les Vosges, l’Aube et la Marne (entre + 5 et + 6 %). En Meurthe-et-Moselle, en Haute-Marne et dans la Meuse, la fréquentation stagne tandis qu’elle progresse légèrement dans les deux départements les plus fréquentés de la région que sont le Haut-Rhin et le Bas-Rhin (entre + 2 et + 3 %).

Malgré ces bons résultats, la fréquentation des hôtels de la région marque le pas, alors qu’elle continue de croître au niveau national (- 0,4 % contre + 2 %). À l’image de la tendance nationale, l’hébergement hôtelier, premier mode d’hébergement régional, a fortement pâti de la désaffection des touristes provenant de France (- 3 %), majoritaires dans les hôtels de la région. Le recul est toutefois en partie compensé par une clientèle issue de l’étranger venue plus nombreuse cet été (+ 3 %), notamment en provenance d’Italie, d’Espagne, des États-Unis ou encore de Chine (entre + 10 et + 15 %). Ces fortes progressions contrastent avec le comportement des clientèles les plus fidèles à la région, dont la fréquentation recule ou stagne (résidents belges, britanniques...).

Dans un contexte national pourtant relativement atone (+ 1 %), la fréquentation des campings régionaux s’améliore nettement (+ 10 %). Portées par une météo au beau fixe, leurs nuitées progressent très fortement auprès de la clientèle en provenance de l'étranger (+ 14 %), et plus particulièrement des touristes en provenance d’Allemagne, des Pays-Bas, de Belgique et du Royaume-Uni. Parallèlement, la fréquentation des campings régionaux par les touristes résidant sur le territoire national continue de progresser pour le quatrième été consécutif, alors même qu’elle s’essouffle au niveau hexagonal (+ 6 % contre - 0,3 %). Les campings du massif des Vosges captent plus de 40 % des nuitées, avec une fréquentation en hausse de 9 % par rapport à l’été précédent.

Dans les autres hébergements collectifs de tourisme (AHCT) régionaux, les nuitées touristiques augmentent également très nettement (+ 14 %) malgré une tendance nationale peu porteuse (- 1 %). Portés par les résidences de tourisme et les résidences hôtelières, ces établissements ont bénéficié du fort afflux des touristes en provenance de France tout comme de la clientèle arrivant de l’étranger (respectivement + 15 % et + 13 %). Depuis 2015, la fréquentation de ce secteur ne cesse de croître été après été.

Figure 8Évolution de la fréquentation dans les hôtels

Indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Évolution de la fréquentation dans les hôtels (Indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Grand Est France entière
T4 2010 100 100
T1 2011 100,65 100,48
T2 2011 101,74 101,34
T3 2011 103,32 102,33
T4 2011 104,5 103,3
T1 2012 104,79 103,74
T2 2012 104,33 103,5
T3 2012 103,89 103,25
T4 2012 104,05 103,29
T1 2013 104,56 103,22
T2 2013 105,4 103,03
T3 2013 106,25 103,05
T4 2013 107,02 102,94
T1 2014 106,59 102,36
T2 2014 106,55 102,1
T3 2014 106,94 101,52
T4 2014 107,1 101,33
T1 2015 107,44 101,79
T2 2015 107,71 102,35
T3 2015 107,73 103,48
T4 2015 107,38 103,27
T1 2016 108,31 103,67
T2 2016 108,09 102,64
T3 2016 107,91 101,27
T4 2016 109,52 102,32
T1 2017 109,76 102,85
T2 2017 111,42 104,6
T3 2017 113,57 106,36
T4 2017 114,61 107,54
T1 2018 115,68 108,62
T2 2018 115,8 109,04
T3 2018 115,66 109,8
  • Note : données trimestrielles brutes. Chaque point représente le cumul des 4 derniers trimestres en base 100 au 4ᵉ trimestre 2010.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT) et la DGE.

Figure 8Évolution de la fréquentation dans les hôtels

  • Note : données trimestrielles brutes. Chaque point représente le cumul des 4 derniers trimestres en base 100 au 4ᵉ trimestre 2010.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT) et la DGE.

Légèrement moins de créations d’entreprises

Après quatre trimestres consécutifs de hausse, les créations d’entreprises dans le Grand Est diminuent au troisième trimestre avec 9 310 nouvelles entreprises, soit une baisse de 1,6 %. En France, le rythme des créations ralentit aussi, mais reste positif (passant de + 3,2 % à + 0,3 % en données CVS). La baisse régionale est observée à la fois pour les micro-entreprises et les entreprises classiques (- 2,1 % et - 1,4 %). Au niveau national, les créations d’entreprises classiques décroissent deux fois moins que dans la région (- 0,7 %), tandis que les immatriculations de micro-entreprises progressent (+ 1,5 %).

Par rapport au troisième trimestre 2017, les créations sont en nette hausse dans le Grand Est et en France (+ 15,0 % et + 16,8 %), mais moins qu’au trimestre précédent (+ 22 % dans le Grand Est et en France). Ces augmentations sont toujours fortement marquées pour les micro-entrepreneurs (+ 23,2 % pour le Grand Est et + 27,6 % pour la France), alors qu’elles sont de 10 % pour les créations d’entreprises classiques.

L’ensemble des départements présente une hausse des créations en cumul annuel, que ce soit par rapport au trimestre précédent (de + 1,4 % pour le Bas-Rhin à + 6,6 % pour la Haute-Marne en données brutes) ou par rapport à l’année précédente (de + 3,9 % pour la Haute-Marne à + 28,1 % pour la Marne).

Tous les grands secteurs d’activités sont en progression sur un an. Le rythme des créations par rapport au cumul du deuxième trimestre 2018 est le plus rapide dans le secteur du commerce, des transports et de l‘hébergement-restauration, suivi de la construction (+ 5,5 % et + 4,5 %), puis des services et de l’industrie (+ 2 % chacun). Dans chaque secteur, ces évolutions sont portées par les immatriculations des micro-entrepreneurs.

Figure 9Créations d'entreprises

Indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Créations d'entreprises (Indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Grand Est hors micro-entrepreneurs France entière hors micro-entrepreneurs Grand Est y compris micro-entrepreneurs France entière y compris micro-entrepreneurs
T4 2010 100 100 100 100
T1 2011 99,84 99,21 90,6 91,3
T2 2011 97,08 98,3 93,74 91,71
T3 2011 99,87 99,06 92,83 91,64
T4 2011 95,09 99,04 89,66 92,67
T1 2012 95,58 94,75 92,32 93,94
T2 2012 92,06 91,7 92,07 91,88
T3 2012 92,06 92,25 90,28 91,37
T4 2012 88,44 93,16 85,02 89,76
T1 2013 107,75 100,22 92,82 90,63
T2 2013 105,83 101,27 89,21 90
T3 2013 110,25 101,66 89,05 89,06
T4 2013 116,43 104,08 90,88 91,42
T1 2014 109,8 103,73 88,69 92,07
T2 2014 108,44 103,23 91,95 91,47
T3 2014 104,73 101,92 87,38 92,85
T4 2014 108,86 103,46 90,08 93,2
T1 2015 112,69 111,02 77,65 87,49
T2 2015 117,32 115,51 76,4 87,1
T3 2015 121,05 118,18 76,59 87,74
T4 2015 124,52 120,42 77,64 89,28
T1 2016 125,31 122,69 80,1 90,9
T2 2016 130,35 128,03 82,58 95,01
T3 2016 132,93 129,95 82,23 91,84
T4 2016 122,34 126,88 76,33 91,83
T1 2017 135,98 130,16 81,91 95,39
T2 2017 135,22 130,88 80,6 94,87
T3 2017 135,66 135,36 83,8 99,13
T4 2017 143,02 142,1 90,72 106,94
T1 2018 146,52 143,99 93,38 111,9
T2 2018 151,7 149,16 97,93 115,46
T3 2018 149,65 148,13 96,34 115,77
  • Note : données trimestrielles corrigées des variations saisonnières (CVS).
  • Champ : ensemble des activités marchandes hors agriculture.
  • Source : Insee, REE (Répertoire des Entreprises et des Établissements - Sirene).

Figure 9Créations d'entreprises

  • Note : données trimestrielles corrigées des variations saisonnières (CVS).
  • Champ : ensemble des activités marchandes hors agriculture.
  • Source : Insee, REE (Répertoire des Entreprises et des Établissements - Sirene).

Nouvelle baisse du nombre d’entreprises défaillantes sur un an

Au troisième trimestre 2018, 3 995 entreprises ont été placées en redressement ou en liquidation judiciaire, soit un recul de 5,1 % par rapport au cumul annuel, mais elles sont légèrement plus nombreuses sur un trimestre. La baisse est deux fois plus forte qu’en France (- 2,7 %). Les départements de la Moselle, de la Haute-Marne et du Haut-Rhin présentent les plus fortes diminutions (entre - 19 % et - 12 %). Elles sont toutefois plus nombreuses dans la Meuse, les Ardennes et l’Aube (entre + 15 % et + 38 %). Comme lors des deux premiers trimestres de 2018, l’industrie compte plus d’entreprises défaillantes qu’un an plus tôt (+ 5,2 %), mais leur nombre baisse toujours dans les autres secteurs.

Figure 10Défaillances d'entreprises

Indice base 100 en décembre 2010
Défaillances d'entreprises (Indice base 100 en décembre 2010)
Grand Est France entière
déc. 2010 100 100
janv. 2011 101,3 100,05
févr. 2011 101,47 100,01
mars 2011 98,81 99,36
avril 2011 97,73 98,97
mai 2011 100,11 100,3
juin 2011 97,41 99,27
juil. 2011 98,01 98,66
août 2011 97,6 98,73
sept. 2011 97,04 98,35
oct. 2011 96,98 98,49
nov. 2011 96,61 98,79
déc. 2011 96,07 98,61
janv. 2012 96,4 99,39
févr. 2012 96,74 99,42
mars 2012 96,96 98,69
avril 2012 98,79 98,95
mai 2012 94,95 97,57
juin 2012 95,68 97,65
juil. 2012 96,44 99
août 2012 95,42 98,83
sept. 2012 95,7 98,38
oct. 2012 96,83 99,98
nov. 2012 97,71 100,13
déc. 2012 99,68 101,27
janv. 2013 99,74 101,04
févr. 2013 99,48 100,84
mars 2013 100,02 100,65
avril 2013 99,61 101,76
mai 2013 100,37 102,02
juin 2013 100,11 102,37
juil. 2013 100,67 103,12
août 2013 100,6 103,02
sept. 2013 101,12 103,82
oct. 2013 100,54 103,76
nov. 2013 99,42 103,59
déc. 2013 99,5 103,65
janv. 2014 99,27 103,82
févr. 2014 101,47 104,8
mars 2014 100,91 104,77
avril 2014 101,55 104,96
mai 2014 101,62 104,53
juin 2014 102,07 104,7
juil. 2014 101,9 104,7
août 2014 101,66 104,71
sept. 2014 103,3 105
oct. 2014 103,86 104,8
nov. 2014 104,88 104,87
déc. 2014 104,79 103,43
janv. 2015 104,96 103,92
févr. 2015 104,96 103,76
mars 2015 105,83 105,63
avril 2015 105,87 105,72
mai 2015 103,3 103,53
juin 2015 105,2 104,99
juil. 2015 104,64 104,53
août 2015 104,81 104,12
sept. 2015 103,17 104,29
oct. 2015 101,27 102,87
nov. 2015 101,81 103,15
déc. 2015 101,79 104,44
janv. 2016 101,38 103,2
févr. 2016 100,47 102,56
mars 2016 99,98 101,22
avril 2016 100,28 100,17
mai 2016 103,93 102,61
juin 2016 101,92 101,2
juil. 2016 100,22 99,75
août 2016 100,13 99,61
sept. 2016 99,48 98,56
oct. 2016 99,89 98,25
nov. 2016 98,45 97,8
déc. 2016 95,92 96,2
janv. 2017 96,24 95,95
févr. 2017 94,43 95,02
mars 2017 94,84 94,82
avril 2017 93,11 93,57
mai 2017 93,05 93,56
juin 2017 91,28 92,48
juil. 2017 91,52 92,11
août 2017 91,63 92,16
sept. 2017 90,87 91,1
oct. 2017 91,28 90,78
nov. 2017 89,06 90,2
déc. 2017 89,51 90,42
janv. 2018 87,74 89,62
févr. 2018 86,73 89,2
mars 2018 85,02 88,15
avril 2018 84,09 88,38
mai 2018 83,23 87,49
juin 2018 84,14 87,55
juil. 2018 85,54 87,94
août 2018 84,55 88,41
sept. 2018 86,23 88,67
oct. 2018 86,42 89,36
  • Note : données mensuelles brutes au 20 décembre 2018, en date de jugement.
  • Chaque point représente l'évolution du cumul des 12 derniers mois.
  • La ligne verticale rouge représente la fin du trimestre d'intérêt.
  • Source : Fiben, Banque de France.

Figure 10Défaillances d'entreprises

  • Note : données mensuelles brutes au 20 décembre 2018, en date de jugement.
  • Chaque point représente l'évolution du cumul des 12 derniers mois.
  • La ligne verticale rouge représente la fin du trimestre d'intérêt.
  • Source : Fiben, Banque de France.

Ralentissement des exportations, qui restent malgré tout bien orientées

Les ventes du Grand Est aux pays étrangers sont toujours au beau fixe au troisième trimestre 2018, en dépit d’un ralentissement, à 15,3 milliards d’euros (+ 3,2 % après + 5,3 %). Les exportations à destination de la zone euro sont, elles, atones alors qu’elles étaient particulièrement dynamiques au deuxième trimestre (+ 0,3 % après + 6,4 %).

Les ventes vers l’Allemagne, premier partenaire commercial du Grand Est, sont stables après trois trimestres positifs. La tendance au ralentissement se poursuit pour les exportations vers l’Italie, avec une nette baisse de 5 % (après + 6 % puis + 2 %). De leur côté, celles vers le Royaume-Uni résistent à + 3 %, enchaînant un quatrième trimestre dans le vert, tandis qu’en direction de la Belgique et des États-Unis, les exportations sont toujours très favorables (+ 8 % et + 28 %). Les ventes à destination de l’Espagne quant à elles, freinent à nouveau et continuent leur parcours en dents de scie (- 9 % après + 11 % au quatrième trimestre 2017, puis - 3 % puis + 8 %).

Les exportations de produits de la construction automobile ralentissent franchement, tout en restant nettement positives (+ 16 % après + 34 %). Dans le même temps, les ventes d’équipements pour automobiles reculent (- 4 % après + 10 %). La situation est globalement favorable pour les autres produits, qui soutiennent les exportations. Si la tendance est à la baisse pour les produits chimiques de base, la situation s’améliore tout de même (- 4 % après - 13 %). En revanche, après un deuxième trimestre 2018 atone, les ventes de produits sidérurgiques et pharmaceutiques repartent à la hausse (entre + 7 % et + 10 %). Enfin, les exportations de matériel électrique, de boissons et de machines et équipements d’usage général sont bien orientées (entre + 3 % et + 5 %).

Figure 11Exportations du Grand Est (en milliards d’euros)

Exportations du Grand Est (en milliards d’euros)
Trimestre Exportations
T1 2015 15,1
T2 2015 15,3
T3 2015 14,6
T4 2015 15,2
T1 2016 15,0
T2 2016 15,6
T3 2016 14,4
T4 2016 15,0
T1 2017 15,6
T2 2017 15,8
T3 2017 14,8
T4 2017 16,3
T1 2018 16,2
T2 2018 16,7
T3 2018 15,3
  • Note : données CAF-FAB hors matériel militaire, valeurs brutes de collecte.
  • Source : Douanes.

Figure 11Exportations du Grand Est (en milliards d’euros)

  • Note : données CAF-FAB hors matériel militaire, valeurs brutes de collecte.
  • Source : Douanes.
Avertissement

Les données étant révisées tous les mois de façon plus ou moins importante, il est possible que les évolutions et tendances des trimestres passés ne coïncident plus avec celles présentées ci-après.

Contexte national - En France, le soutien apporté au pouvoir d’achat des ménages limiterait le ralentissement de l’activité

Au troisième trimestre 2018, l’activité a progressé de 0,3 % en France après deux trimestres de croissance plus modérée (+ 0,2 % par trimestre). La reprise de la consommation des ménages est principalement à l’origine de ce rebond.

Le contexte international, mais également le mouvement des gilets jaunes, pèserait sur la croissance française en fin d’année 2018. L’activité économique ne progresserait que de + 0,2 % au quatrième trimestre avant de se redresser au premier semestre 2019 (+ 0,4 % puis + 0,3 % par trimestre). Les gains de pouvoir d’achat des ménages prévus fin 2018 et début 2019 soutiendraient la consommation au premier semestre 2019.

En moyenne annuelle, l’acquis de croissance pour la France en 2019 serait de + 1,0 % à mi-année (après + 1,5 % prévu pour l’ensemble de l’année 2018). L’acquis de croissance du pouvoir d’achat (mesuré au niveau global) serait de + 2,0 % à la mi-2019 (après + 1,4 % sur l’ensemble de l’année 2018).

Contexte international - La croissance européenne s’essouffle un peu

Les climats des affaires sont globalement en baisse à l’automne 2018, suggérant un ralentissement économique, dans un contexte de tensions commerciales. L’activité des États-Unis résisterait un peu grâce à des dépenses publiques vigoureuses, mais ralentirait tout de même à l’horizon de la prévision (mi-2019). La Chine, comme d’autres pays émergents, présenterait des signes d’essoufflement. Les économies de la zone euro, soumises à des incertitudes persistantes (modalités du Brexit, situation budgétaire italienne, tensions sociales en France) ralentiraient même si les stimuli budgétaires programmés en 2019 soutiendraient la consommation des ménages.

La croissance freine en Allemagne et en Suisse

Pour la première fois depuis le début de l’année 2015, l’activité allemande décélère au troisième trimestre 2018 (- 0,2 % après + 0,5 % au deuxième trimestre et + 0,4 % au premier). Ce repli de la croissance est principalement dû à la moindre performance du commerce extérieur : les exportations reculent de 0,9 % par rapport au trimestre précédent, pendant que les importations augmentent de 1,3 %. Néanmoins, sur un an, le solde des échanges extérieurs reste excédentaire de 18,4 milliards d’euros. De plus, la demande intérieure perd de sa vigueur (- 0,3 %), alors que les investissements en équipements et en construction sont en hausse (+ 0,8 % et + 0,9 %). La situation de l’emploi reste malgré tout très favorable. Pour la première fois depuis la réunification, le nombre de personnes en emploi dépasse 45 millions, soit + 0,6 % par rapport au deuxième trimestre 2018 et + 1,3 % par rapport au même trimestre en 2017. En un an, la progression atteint 1,7 % dans le secteur des services publics, éducation et santé, 1,0 % dans les services aux entreprises et 0,9 % dans le commerce, le transport et la restauration. Dans l’industrie manufacturière et dans la construction, cette amélioration atteint respectivement 1,7 % 1,6 %.

La baisse du nombre de demandeurs d’emploi se poursuit fin septembre 2018. Ils sont 1,45 million de chômeurs au sens du BIT, soit un recul de 8,8 % sur un an. Le taux de chômage est de 3,4 % fin septembre 2018, soit 0,3 point de moins qu’au même mois en 2017.

Le Bade-Wurtemberg affiche une croissance de 0,1 % après + 0,2 % et un taux de chômage (publié par l’Agence pour l’emploi) encore plus bas que celui du Bund, de 3,1 % fin septembre 2018 (- 0,3 point sur un an). Dans le même temps, l’emploi progresse de 1,3 % et occupe 6,4 millions d’actifs. En Rhénanie-Palatinat, l’activité économique se renforce et atteint 0,7 % de croissance, portée par les secteurs de l’industrie et des services. Le marché du travail va bien avec 2,05 millions d’actifs en emploi (+ 0,9 % sur un an). Le taux de chômage de 4,2 % fléchit de 0,4 point par rapport au troisième trimestre 2017. En Sarre, il s’élève à 5,9 % contre 6,5 % un an auparavant et l’emploi progresse de 0,7 %.

En Suisse, l’activité freine au troisième trimestre 2018 et la croissance se contracte de 0,2 % après + 0,7 % au second trimestre et + 0,9 % au premier. Les investissements sont en repli dans la construction et les biens d’équipement (+ 0,0 % et - 2,0 %). De plus, les exportations reculent nettement, de 4,2 %, et les ménages augmentent à peine leurs dépenses de consommation (+ 0,1 %). Hors agriculture, on compte plus de 5 millions d'emplois, soit 1,2 % de plus qu’au troisième trimestre 2017 et le chômage recule de 0,6 point à 4,4 % durant la même période. Dans la Suisse du Nord-Ouest, le nombre d'emplois progresse en passant de 675 000 au troisième trimestre 2017 à 689 000 au troisième trimestre 2018, soit une hausse de 2,0 % sur un an. Dans le même temps le chômage au sens du BIT passe de 4,3 % à 3,9 %.

La Suisse, accueille plus de 312 000 frontaliers, en diminution de 0,8 % sur un an, dont 54 % venant de France (+ 0,5 %). Ce sont surtout les travailleurs d’Italie et d’Allemagne qui sont moins nombreux (- 3,1 % et - 2,1 %). Les frontaliers résidant dans les départements alsaciens et travaillant dans les cinq cantons de la Suisse du Nord-Ouest sont 33 000, soit 82 % de l’ensemble des frontaliers vers cette zone. Leur nombre est également en baisse, de 1,7 % entre les troisièmes trimestres 2017 et 2018.

Au Luxembourg, d’après les premières estimations, la croissance au troisième trimestre 2018 accélère à + 0,6 % par rapport au trimestre précédent, après + 0,1 % au deuxième. Les dépenses de consommation intérieure privée, mais surtout des administrations publiques, se redressent (+ 0,7 % et + 1,5 %). Ce trimestre est également marqué par une hausse des exportations comme des importations (+ 1,6 % et + 1,5 %). Le marché du travail reste dynamique et l’emploi continue sa progression : + 0,7 % sur un trimestre et + 3,7 % sur un an. Parmi les 452 000 emplois, les frontaliers (193 000) sont principalement issus de France (52 %). Ces derniers augmentent de 5,9 % entre les troisièmes trimestres 2017 et 2018. Dans le même temps, le nombre de chômeurs recule de 7,7 % et passe sous la barre des 15 000. Le chômage au sens du BIT concerne 5,3 % de la population active contre 5,9 % un an plus tôt.

En Belgique, le produit intérieur brut croît de 0,3 % au troisième trimestre 2018, comme aux deux trimestres précédents. Les dépenses de consommation des ménages et les investissements des entreprises diminuent (- 0,2 % et - 0,4 %), mais sont compensés par la hausse des investissements publics (+ 2,0 %). L’activité économique est également soutenue par la demande extérieure, qui contribue à 0,5 point du PIB. L’emploi se redresse de 0,4 % sur le trimestre et de 1,3 % sur l’année. Le nombre de demandeurs inscrits à l’Office national pour l’emploi (Onem) diminue de 4,5 % sur l’année. Entre les deuxième et troisième trimestres 2018, le taux de chômage continue de baisser, passant de 6,1 % à 5,9 % et atteint son plus bas niveau depuis 1983. Dans la région wallonne, le nombre de chômeurs est en repli de 5,6 % par rapport au trimestre précédent. Sur la même période, le taux de chômage au sens du BIT diminue de 9,1 % à 8,4 %.

Pour en savoir plus

« Du pouvoir d'achat, dans un contexte de ralentissement européen » Note de conjoncture, Insee, décembre 2018.

Tableau de bord Conjoncture : Grand Est, Insee.fr, janvier 2019.

« Bonne orientation de l’économie régionale ce printemps, malgré une légère baisse de l’emploi », Insee Conjoncture Grand Est n° 15, octobre 2018.