L'introduction d'un gradient social dans la mortalité au sein du modèle Destinie 2

Alexandre Cazenave-Lacroutz, Fanny Godet et Vieu Lin

Documents de travail
No G2018/12
Paru le : Paru le 28/01/2019
Alexandre Cazenave-Lacroutz, Fanny Godet et Vieu Lin
Documents de travail  No G2018/12 - janvier 2019

Dans cette étude, nous utilisons les tables de mortalité par diplôme récemment publiées par Blanpain (2016b) pour améliorer de façon notable la projection de la mortalité différentielle présente dans le modèle Destinie 2, qui ne s’appuyait le plus souvent que sur les projections de mortalité de l’Insee, ventilées par âge et par sexe. Nous montrons que la méthode relationnelle de proportionnalité prédit mieux l'évolution de la mortalité différentielle sur le passé récent que la méthode de relationnalité de Brass, mise en œuvre dans d'autres modèles de microsimulation. L'introduction d'une mortalité hétérogène selon le niveau de diplôme doit principalement permettre de reproduire la corrélation positive observée entre espérance de vie et montant de pension. Pour la quantifier, nous comparons les élasticités de survie au montant de la pension de retraite, par sexe et par âge, obtenues par microsimulation à celles estimées sur les données de l'Échantillon Interrégimes de Retraités (EIR). Les élasticités simulées sont plus faibles que les élasticités empiriques, en particulier pour les femmes. Pour les hommes, elles sont néanmoins statistiquement significatives et au moins égales aux deux tiers des valeurs observée empiriquement. Au niveau agrégé, cette introduction révise également faiblement à la hausse les dépenses projetées de retraite.