Les seniors, plus souvent en emploi en Île-de-France et dans l’Ouest de la France

Laetitia Baudrin et Laure Crusson, pôle Emploi-population, Insee

En 2017, en France métropolitaine, 61 % des 50-64 ans sont en emploi. Ce taux est minimal dans les Hauts-de-France (56 %) et culmine à 69 % en Île-de-France.

Le taux d’emploi des seniors hommes est quasiment identique dans toutes les régions. Ce n’est pas le cas pour les femmes de 50 à 64 ans : 52 % de celles résidant dans les Hauts-de-France sont en emploi, contre 67 % de celles domiciliées en Île-de-France.

L’Île-de-France est une région atypique : le taux d’emploi des seniors y est élevé. Ceci s’explique par le fait que les cadres y sont surreprésentés et y restent en emploi plus longtemps que les autres catégories socioprofessionnelles. De plus, les départs d’Île-de-France sont plus nombreux aux âges de la retraite que dans les autres régions.

Dans les régions de l’Ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Nouvelle-Aquitaine, Centre-Val de Loire), les taux d’emploi sont supérieurs à la moyenne de province bien que ces régions attirent de nombreux seniors à l’âge de la retraite. Excepté en Centre-Val de Loire, le taux de chômage des 50-64 ans y est inférieur à la moyenne de province.

Dans les Hauts-de-France, le taux d’emploi est faible pour les seniors, et plus généralement pour l’ensemble des 15-64 ans. De plus, le chômage des seniors y est plus important qu’en France métropolitaine.

Insee Focus
No 144
Paru le : Paru le 14/02/2019
Laetitia Baudrin et Laure Crusson, pôle Emploi-population, Insee
Insee Focus  No 144 - février 2019

Le taux d’emploi des seniors est en hausse depuis 2007

En 2017, en France métropolitaine, 61 % des 50-64 ans sont en emploi. Les écarts de taux d’emploi entre les régions de province sont relativement faibles : les taux sont compris entre 56 % et 63 % (figure 1). Certaines régions se distinguent : l’Auvergne-Rhône-Alpes a le taux le plus élevé (63 %), suivi par la Bretagne (62 %). À l’opposé, le taux est le plus faible dans les Hauts-de-France (56 %). En Île-de-France, le taux d’emploi des seniors est supérieur de 7 points à la moyenne de province et culmine à 69 %.

Figure 1 - Taux d’emploi des 50-64 ans en 2017

en %
Figure 1 - Taux d’emploi des 50-64 ans en 2017 (en %)
Taux d’emploi Taux de chômage Taux d’activité
Auvergne-Rhône-Alpes 63,4 5,6 67
Bourgogne-Franche-Comté 59,5 6,3 64
Bretagne 61,7 5,2 65
Centre-Val de Loire 60,1 6,9 65
France métropolitaine 61,5 6,5 66
Grand Est 59,6 6,4 64
Hauts-de-France 55,8 7,2 60
Île-de-France 68,9 6,5 74
Normandie 58,7 6,2 63
Nouvelle-Aquitaine 60,6 5,9 64
Occitanie 59,6 8,0 65
Pays de la Loire 60,9 5,5 64
Provence-Alpes-Côte d'Azur et Corse 58,5 7,8 63
  • Note : en Corse, les effectifs sont réduits, ce qui conduit à regrouper cette région avec la Provence-Alpes-Côte d'Azur.
  • Champ : France métropolitaine, personnes âgées de 50 à 64 ans.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2017.

Figure 1 - Taux d’emploi des 50-64 ans en 2017

  • Note : en Corse, les effectifs sont réduits, ce qui conduit à regrouper cette région avec la Provence-Alpes-Côte d'Azur.
  • Champ : France métropolitaine, personnes âgées de 50 à 64 ans.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2017.

Des différences entre régions plus marquées pour les femmes que pour les hommes

Dans toutes les régions, tous âges confondus, le taux d’emploi des femmes est nettement inférieur à celui des hommes ; il est le plus faible dans les Hauts-de-France. Chez les 50-64 ans, l’écart est de plus de 7 points en Occitanie, Bourgogne-Franche-Comté et Provence-Alpes-Côte d’Azur, mais est inférieur à 1 point dans les Pays de la Loire (figure 2).

Le taux d’emploi des hommes de 50 à 64 ans varie peu entre les régions : il est compris entre 59 % et 65 % dans toutes les régions, sauf en Île-de-France (71 %). Les taux d’emploi des femmes de 50 ans ou plus sont un peu plus dispersés. Ce taux d’emploi des femmes de 50 à 64 ans est de 52 % dans les Hauts-de-France et culmine à 62 % en Auvergne-Rhône-Alpes et à 67 % en Île-de-France.

La situation est contrastée selon les classes d’âges. Entre 50 et 59 ans, le taux d’emploi est le plus élevé pour les hommes. En revanche, pour les 60-64 ans, dans presque toutes les régions, le taux d’emploi est plus important pour les femmes. Ainsi, les femmes chercheraient à allonger leur durée d’activité avant de faire valoir leurs droits à la retraite pour compenser davantage d’interruptions de carrières ou des emplois moins rémunérateurs.

Figure 2 - Taux d’emploi des 50-64 ans par sexe et par région en 2017

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Figure 2 - Taux d’emploi des 50-64 ans par sexe et par région en 2017 (en %)
Hommes de 50 à 64 ans Femmes de 50 à 64 ans
Île-de-France 71,0 67,1
Auvergne-Rhône-Alpes 64,6 62,2
Pays de la Loire 61,1 60,7
Bretagne 64,0 59,3
France métropolitaine 64,0 59,1
Nouvelle-Aquitaine 62,8 58,6
Centre-Val de Loire 62,2 58,2
Grand Est 62,2 57,2
Normandie 61,1 56,5
Occitanie 63,3 56,2
Bourgogne-Franche-Comté 63,7 55,7
Provence-Alpes-Côte d'Azur et Corse 62,6 54,9
Hauts-de-France 59,4 52,5
  • Champ : France métropolitaine, personnes âgées de 50 à 64 ans.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2017.

Figure 2 - Taux d’emploi des 50-64 ans par sexe et par région en 2017

  • Champ : France métropolitaine, personnes âgées de 50 à 64 ans.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2017.

En Île-de-France, les seniors sont plus souvent en emploi

Le taux d’emploi des seniors est significativement plus élevé en Île-de-France que dans le reste de la France métropolitaine. Ceci s’explique en partie par la part plus importante de cadres parmi les actifs (31 % en Île-de-France, contre 16 % en moyenne pour la province). D’une manière générale, les cadres sont moins souvent au chômage que les autres catégories sociales, ont un meilleur état de santé, sont entrés dans la vie professionnelle plus tardivement que les autres actifs et ont tendance à partir en retraite plus tard.

L’écart de taux d’emploi entre l’Île-de-France et les autres régions métropolitaines est plus important pour les seniors que pour l’ensemble de la population (figure 3). Ce décalage pourrait s’expliquer par l’impact des migrations résidentielles après le départ à la retraite : les seniors d’Île-de-France qui auraient perdu leur emploi ou pris leur retraite auraient plus tendance à quitter l’Île-de-France que ceux des autres régions. Les seniors restant en Île-de-France auraient ainsi une probabilité plus grande d’être en emploi. De fait, le solde migratoire des seniors est déficitaire en Île-de-France : il s’établit à environ - 23 000 personnes en 2015. Plus de 70 % des seniors qui quittent l’Île-de-France partent pour une région de l’Ouest ou du Sud de la France. En particulier, la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie et la Bretagne accueillent 38 % des seniors quittant la région. Les départs d’Île-de-France se concentrent autour des âges de départ à la retraite : le déficit migratoire s’accentue autour de 60 ans.

Figure 3 - Taux d'emploi chez les seniors et dans la population en âge de travailler par région en 2017

en %
Figure 3 - Taux d'emploi chez les seniors et dans la population en âge de travailler par région en 2017 (en %)
Taux d’emploi des 15-64 ans Taux d’emploi des seniors
Pays de la Loire 68,6 60,9
Auvergne-Rhône-Alpes 67,9 63,4
Île-de-France 67,2 68,9
Bretagne 66,5 61,7
Bourgogne-Franche-Comté 66,2 59,5
Centre-Val de Loire 65,7 60,1
Nouvelle-Aquitaine 65,7 60,6
France métropolitaine 65,2 61,5
Normandie 63,6 58,7
Grand Est 63,5 59,6
Occitanie 63,4 59,6
Provence-Alpes-Côte d'Azur et Corse 62,9 58,5
Hauts-de-France 59,9 55,8
  • Champ : France métropolitaine, personnes âgées de 15 à 64 ans.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2017.

Figure 3 - Taux d'emploi chez les seniors et dans la population en âge de travailler par région en 2017

  • Champ : France métropolitaine, personnes âgées de 15 à 64 ans.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2017.

Dans les régions de l’Ouest : un chômage faible pour les seniors

Dans les régions de l’Ouest de la France (Bretagne, Pays de la Loire, Nouvelle-Aquitaine, Centre-Val de Loire) et en Auvergne-Rhône-Alpes, le taux d’emploi des 15-64 ans est particulièrement élevé, malgré le fait que ces régions attirent des retraités, ce qui a tendance à réduire le taux d’emploi des seniors. Ce dernier reste cependant supérieur à la moyenne des régions de province grâce à un faible taux de chômage, excepté en Centre-Val de Loire. En Auvergne-Rhône-Alpes, les femmes seniors sont particulièrement présentes sur le marché du travail, avec à la fois un taux d’activité et un taux d’emploi élevés.

Dans les Hauts-de-France, le taux d’emploi des seniors est faible. En effet, ils participent moins au marché du travail et le chômage y est plus élevé, comme celui des autres actifs. Dans cette région cependant, le faible taux d’emploi concerne en fait toutes les tranches d’âge.

Dans les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie, Normandie, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté, les taux d’emploi des seniors sont comparables et relativement bas ; ils cachent des situations très différentes. En Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Occitanie, les 50-64 ans sont relativement présents sur le marché du travail, mais ils sont plus souvent au chômage. D’ailleurs, dans ces deux régions, tous âges confondus, le taux de chômage est plus élevé que la moyenne métropolitaine. En Occitanie, contrairement à la majorité des régions, le chômage touche plus particulièrement les femmes de 50 à 64 ans. Pour les régions Normandie, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté, le taux d’emploi plus faible qu’ailleurs résulte d’une moindre participation des seniors au marché du travail. En Normandie et dans le Grand Est, les taux d’emploi sont faibles pour les 15-64 ans, alors qu’en Bourgogne-Franche-Comté ce phénomène est spécifique aux seniors.

Sources

L’enquête Emploi est la seule source permettant de mesurer le chômage et l’activité au sens du Bureau international du travail (BIT). Chaque trimestre, environ 110 000 personnes de 15 ans ou plus vivant en ménage ordinaire (c’est-à-dire hors foyers, hôpitaux, prisons…) répondent à l’enquête en France (hors Mayotte). Les personnes décrivent leur situation vis-à-vis du marché du travail (en emploi, au chômage ou en inactivité) au cours d’une semaine donnée, dite « de référence ». Cette publication se restreint au champ de la France métropolitaine, car les départements d’outre-mer (hors Mayotte) sont couverts par l’enquête trimestrielle depuis 2014 seulement.

Le calcul des intervalles de confiance permet de s’assurer qu’il est possible d’exploiter l’enquête Emploi au niveau régional sur certains indicateurs (voir Données complémentaires). Ainsi, en Corse, les effectifs sont réduits, ce qui conduit à la regrouper avec la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Définitions

Dans cette étude, sont considérées comme seniors les personnes âgées de 50 à 64 ans.

La population active occupée au sens du BIT comprend les personnes (âgées de 15 ans à 64 ans) ayant effectué au moins une heure de travail rémunéré au cours de la semaine de référence, ou absente de leur emploi sous certaines conditions de motif (congés annuels, maladie, maternité…) et de durée.

Le taux d’emploi est le rapport entre le nombre d’actifs occupés d’une classe d’âge et le nombre total de personnes de cette classe d’âge.

Le taux d’activité est le rapport entre le nombre d’actifs (actifs occupés et chômeurs) et l'ensemble de la population correspondante.







Pour en savoir plus

Prouet E., Rousselon J., « Les seniors, l’emploi et la retraite », Rapport France Stratégie, octobre 2018.

Flamand L., Gilles C., Trannoy A., « Qui travaille après 65 ans ? », in Insee Références « France, portrait social », édition 2018.

Beck S., Vidalenc J., « L’emploi des seniors en hausse entre 2007 et 2017 : plus de temps partiel et d’emploi à durée limité », Insee Focus n° 119, juillet 2018.

Létroublon C., « Les seniors au travail. La durée du travail est‑elle plus faible à l’approche de la retraite ? », Dares Analyses n° 050, août 2017.

Dubois Y., Koubi M., « Report de l’âge de la retraite et taux d’emploi des seniors : le cas de la réforme des retraites de 2010 », Insee Analyses n° 30, janvier 2017.

Minni C., « Emploi et chômage des seniors en 2015. Hausse du taux d’emploi et baisse du taux de chômage », Dares Résultats n° 073, décembre 2016.