Les collégiens de la Manche : quelles perspectives démographiques à l'horizon 2035 ?

Martial Maillard, Nabil Mounchit (Insee Normandie)

Compte tenu de la baisse de la natalité depuis le début de la décennie 2000, la population collégienne du département de la Manche devrait diminuer de 10 % à un horizon de 10 ans, soit environ 2 500 élèves de moins qu'en 2018. Au-delà de 2028, le repli du nombre de collégiens devrait se poursuivre, notamment en raison de la baisse du nombre de femmes en âge de procréer. En fonction de l'évolution future de la fécondité, l'ampleur du recul des effectifs de collégiens pourrait se situer entre 1 200 et 2 800 élèves entre 2028 et 2035. La baisse serait plus marquée dans le nord-est et le sud-ouest de la Manche. Les projections de la population collégienne sont plus sensibles aux scénarios démographiques dans le territoire Marais-Saint-Lois.

Martial Maillard, Nabil Mounchit (Insee Normandie)
Insee Analyses Normandie  No 56 - février 2019

À l'issue des différents actes de la décentralisation, l'État et les collectivités territoriales se partagent les compétences relatives au service public d'éducation. Dans ce domaine, les conseils départementaux ont, entre autres, la charge de la construction, de l'entretien, de l'équipement des collèges, ainsi que de la sectorisation scolaire de ces établissements. Au regard de ces compétences, il apparaît particulièrement utile de développer une vision prospective de l'évolution de la population collégienne à l'horizon 2035.

Lors de la rentrée 2018, année de référence pour cette étude prospective, le département de la Manche compte 53 collèges de nature publique et 19 de nature privée sous contrat d'association avec l'État. Trois collégiens sur quatre sont scolarisés au sein des collèges publics du territoire.

Les jeunes âgés de 11 à 14 ans : un vivier démographique qui devrait diminuer fortement à l'horizon 2035

Les jeunes âgés de 11 à 14 ans représentent 91 % des collégiens de la Manche en 2018 et constituent la majeure partie du vivier démographique de la population collégienne. Depuis 1975, à l'exception des périodes 1990-1999 et 2008-2013, la population de cette tranche d'âge diminue de façon continue et de manière particulièrement marquée dans le département (figure 1). Si les comportements actuels de fécondité et de migrations se prolongeaient (scénario tendanciel, méthodologie), le nombre de jeunes en âge d'être collégiens continuerait de décroître d'ici à 2035. Ce nombre passerait de 25 000 en 2013 à 20 000 en 2035, soit un repli de 20 %. En France métropolitaine, l'évolution démographique de cette tranche d'âge est plus favorable. Les jeunes en âge d'être au collège y seraient quasiment aussi nombreux en 2035 qu'ils l'étaient en 1975, alors que leur nombre pourrait diminuer de 39 % dans la Manche au cours de la même période.

Figure 1Depuis 1975, un recul quasi continu du nombre de jeunes Manchois en âge d'être collégiensÉvolutions démographiques des 11-14 ans dans la Manche et en France métropolitaine entre 1975 et 2035

Depuis 1975, un recul quasi continu du nombre de jeunes Manchois en âge d'être collégiens
Population des 11-14 ans de la Manche Population des 11-14 ans de France métropolitaine
1975 32 755 3 421 380
1982 30 520 3 383 960
1990 26 835 2 968 947
1999 26 938 3 071 311
2008 24 657 2 986 888
2013 24 985 3 303 221
2014 24 813 3 312 508
2015 24 624 3 321 776
2016 24 561 3 331 042
2017 24 480 3 336 245
2018 24 439 3 371 906
2019 24 265 3 400 022
2020 24 205 3 429 730
2021 23 997 3 450 856
2022 23 904 3 458 225
2023 23 858 3 460 702
2024 23 592 3 437 432
2025 23 337 3 414 914
2026 22 921 3 388 887
2027 22 391 3 358 906
2028 21 853 3 338 782
2029 21 356 3 316 406
2030 20 886 3 287 580
2031 20 587 3 274 652
2032 20 410 3 265 670
2033 20 248 3 256 549
2034 20 086 3 247 660
2035 19 964 3 239 396
  • Sources : Insee, SAPHIR – Recensements de la population de 1975, 1982, 1990, 1999 et 2008, Omphale 2017

Figure 1Depuis 1975, un recul quasi continu du nombre de jeunes Manchois en âge d'être collégiensÉvolutions démographiques des 11-14 ans dans la Manche et en France métropolitaine entre 1975 et 2035

  • Sources : Insee, SAPHIR – Recensements de la population de 1975, 1982, 1990, 1999 et 2008, Omphale 2017

Un recul de la natalité amplifié par la diminution du nombre de femmes en âge de procréer

D'ici à 2028, la baisse de la population des 11-14 ans dans la Manche reflèterait essentiellement l'évolution passée de la natalité, l'effet des migrations n'agissant qu'à la marge. En effet, la trajectoire de la projection correspond globalement à celle du nombre d'enfants nés dans la Manche au cours de la période 1999-2017 et qui atteindront les âges de 11 à 14 ans pendant la période d'observation (figure 2). Entre 1999 et 2017, les naissances ont reculé de 1,5 % par an en moyenne dans ce département, un rythme plus rapide qu'en Normandie ou en France métropolitaine (respectivement – 0,9 % et – 0,1 %). Ce recul de la natalité dans la Manche provient de deux causes. En premier lieu, le nombre de femmes en âge d'avoir des enfants a nettement diminué et de façon continue depuis le début de la décennie 2000 (figure 3). En second lieu et alors qu'elle était stable depuis le début de la décennie 2000, la fécondité s'essouffle sur la période récente, comme à l'échelle de la France métropolitaine, passant de 2,00 enfants par femme en 2013 à 1,84 en 2017 (figure 3). C'est ce niveau atteint en 2017 qui sera donc pris en compte dans le scénario tendanciel pour la projection à l'horizon 2035.

Figure 2Une baisse de la natalité qui réduit le vivier démographiqueÉvolution de la population des 11-14 ans selon le scénario tendanciel et des natifs des générations correspondantes dans la Manche

Une baisse de la natalité qui réduit le vivier démographique
Personnes nées dans la Manche et qui auront atteint l’âge de 11,12,13 ou 14 ans en… Projection démographique des 11-14 ans en …
2013 23 107 24 985
2014 22 826 24 813
2015 22 533 24 624
2016 22 328 24 561
2017 22 154 24 480
2018 22 023 24 439
2019 21 910 24 265
2020 21 628 24 205
2021 21 443 23 997
2022 21 289 23 904
2023 21 181 23 858
2024 20 921 23 592
2025 20 612 23 337
2026 20 276 22 921
2027 19 567 22 391
2028 19 005 21 853
  • Sources : Insee, Omphale 2017-scénario tendanciel, état civil

Figure 2Une baisse de la natalité qui réduit le vivier démographiqueÉvolution de la population des 11-14 ans selon le scénario tendanciel et des natifs des générations correspondantes dans la Manche

  • Sources : Insee, Omphale 2017-scénario tendanciel, état civil

Figure 3Amorcée au début des années 2000, la diminution du nombre de femmes en âge de procréer se poursuivrait jusqu'en 2035Évolution du nombre de femmes de 15 à 49 ans et du nombre moyen d'enfants par femme dans la Manche entre 1975 et 2035

Amorcée au début des années 2000, la diminution du nombre de femmes en âge de procréer se poursuivrait jusqu'en 2035
Nombre de femmes en âge d'être mère Nombre moyen d'enfants par femme (indicateur conjoncturel de fécondité)
1975 97 575 2,27
1976 2,10
1977 2,10
1978 2,03
1979 2,15
1980 2,17
1981 2,21
1982 100 736 2,08
1983 1,99
1984 2,04
1985 2,02
1986 2,04
1987 2,05
1988 1,98
1989 2,00
1990 105 729 1,89
1991 1,90
1992 1,95
1993 1,78
1994 1,83
1995 1,89
1996 1,90
1997 1,85
1998 1,94
1999 105 309 1,96
2000 2,00
2001 2,03
2002 2,00
2003 2,00
2004 2,03
2005 2,06
2006 2,03
2007 2,01
2008 99 920 2,03
2009 2,01
2010 2,04
2011 2,03
2012 2,09
2013 97 764 2,00
2014 96 667
2015 95 612
2016 94 320
2017 93 412 1,84
2018 92 429 1,84
2019 91 539 1,84
2020 90 858 1,84
2021 90 020 1,84
2022 89 151 1,84
2023 88 292 1,84
2024 87 622 1,84
2025 87 154 1,84
2026 86 830 1,84
2027 86 597 1,84
2028 86 275 1,84
2029 85 888 1,84
2030 85 423 1,84
2031 84 792 1,84
2032 84 145 1,84
2033 83 534 1,84
2034 83 107 1,84
2035 82 558 1,84
  • Sources : Insee, SAPHIR – Recensements de la population de 1975, 1982, 1990, 1999 et 2008, Omphale 2017 - scénario tendanciel, état civil

Figure 3Amorcée au début des années 2000, la diminution du nombre de femmes en âge de procréer se poursuivrait jusqu'en 2035Évolution du nombre de femmes de 15 à 49 ans et du nombre moyen d'enfants par femme dans la Manche entre 1975 et 2035

  • Sources : Insee, SAPHIR – Recensements de la population de 1975, 1982, 1990, 1999 et 2008, Omphale 2017 - scénario tendanciel, état civil

La Manche perdrait 10 % de collégiens au cours de la décennie à venir

En 2018, le potentiel de jeunes en âge d'être scolarisés au collège est supérieur à 25 000 élèves dans la Manche. Pour observer l'évolution de cette démograhie des collégiens à l'horizon 2035, il apparaît important de distinguer deux sous-périodes. La première, d'ici à 2028, se fonde principalement sur le glissement en âge d'enfants déjà nés, de sorte que seule une variation des migrations résidentielles pourrait faire varier sensiblement la projection de la population collégienne à cet horizon. En outre, cette dernière modalité comporte peu d'aléas puisque la fluctuation de ces migrations dans le temps reste relativement faible pour cette classe d’âge. Pour les projections de la période allant de 2028 à 2035, il est en revanche nécessaire de recourir à des hypothèses relatives à l'évolution de la fécondité, notamment au regard du niveau constaté en 2018.

Ainsi, pour la première sous-période et si les comportements migratoires actuels se poursuivaient, la population collégienne manchoise se replierait de 2 500 élèves, soit une baisse de 10 % en 10 ans (figure 5). L'érosion serait lente entre 2018 et 2023, avec une baisse totale de 600 élèves, et plus rapide entre 2023 et 2028, période au cours de laquelle la baisse atteindrait 1 900 collégiens.

Afin de mieux identifier les évolutions au niveau des territoires de recrutement des collèges, le département de la Manche a été partitionné en sept territoires d'étude (figure 4 ; champ). Au cours de la période 2018-2023, les effectifs se maintiendraient dans les territoires Marais-Saint-Lois et Avranchin-Mortainais, mais se replieraient dans les autres territoires (figure 5 et figure 7). Cette baisse serait plus prononcée dans les territoires de Cherbourg-en-Cotentin et Granvillais, et surtout Plain-Val de Saire.

Entre 2023 et 2028, l'ensemble des territoires manchois serait touché par un recul de la démographie collégienne (figure 7). Le rythme de ce repli serait plus contenu dans les zones de Hague–Côte des Isles et de Cherbourg-en-Cotentin, mais rapide dans le territoire de Plain-Val de Saire.

Figure 4Sept territoires d'étude pour observer l'évolution de la population collégienneLocalisation des collèges publics et privés de la Manche en 2018

  • Source : région académique de Normandie

Figure 5La population collégienne résisterait mieux dans les territoires de Marais-Saint-Lois, Avranchin-Mortainais et Hague-Côtes des IslesÉvolution de la population collégienne au lieu de résidence dans la Manche et ses territoires entre 2018 et 2035 (indice base 100 en 2018)

La population collégienne résisterait mieux dans les territoires de Marais-Saint-Lois, Avranchin-Mortainais et Hague-Côtes des Isles
Hague-Côtes des Isles Cherbourg-en-Cotentin Plain-Val de Saire Marais – Saint-Lois Coutançais – Villedieu Granvillais Avranchin – Mortainais Département de la Manche
2018 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
2019 100,6 98,6 97,9 99,4 99,6 99,0 100,0 99,3
2020 99,9 96,6 96,8 100,3 99,4 98,1 100,7 99,0
2021 98,9 95,9 94,5 100,3 99,2 96,7 100,5 98,4
2022 98,5 95,7 93,2 100,2 97,8 95,9 100,8 97,9
2023 98,1 94,8 92,6 100,7 97,2 95,0 100,8 97,6
2024 98,5 94,9 91,1 99,5 95,7 93,7 99,7 96,7
2025 98,5 94,2 89,6 98,3 93,7 92,1 98,8 95,6
2026 97,7 92,7 87,4 97,0 92,3 90,1 97,6 94,1
2027 96,1 91,0 84,5 94,8 90,3 88,0 95,5 92,1
2028 94,0 89,1 81,5 92,8 87,9 85,9 93,1 89,9
2029 91,8 87,1 78,8 91,0 85,9 84,1 90,9 87,8
2030 89,4 85,4 76,4 89,3 83,9 82,4 88,8 85,9
2031 87,9 84,0 74,4 88,2 82,6 81,4 87,3 84,5
2032 86,6 83,1 73,1 87,5 81,9 81,0 86,4 83,7
2033 85,7 82,4 72,1 87,0 81,1 80,6 85,6 83,0
2034 84,7 81,6 71,2 86,6 80,6 80,2 84,9 82,3
2035 84,1 81,0 70,3 86,2 80,2 80,3 84,5 81,9
  • Source : Insee, Omphale 2017 – scénario tendanciel

Figure 5La population collégienne résisterait mieux dans les territoires de Marais-Saint-Lois, Avranchin-Mortainais et Hague-Côtes des IslesÉvolution de la population collégienne au lieu de résidence dans la Manche et ses territoires entre 2018 et 2035 (indice base 100 en 2018)

  • Source : Insee, Omphale 2017 – scénario tendanciel

Une baisse plus concentrée dans les territoires du nord-est et du sud-ouest de la Manche

Sur l'ensemble de la décennie 2018-2028, les zones de Plain-Val de Saire et Cherbourg-en-Cotentin, situées au nord-est du département, ainsi que les secteurs Granvillais et de Coutançais-Villedieu, sont les territoires au sein desquels le repli de la population collégienne serait le plus marqué (figure 6). Ces quatre territoires concentreraient les deux tiers de la baisse départementale, alors qu'il ne représentent que la moitié des effectifs de la Manche en 2018. Les zones de Plain-Val de Saire et Granvillais se démarqueraient par un recul plus fort, avec respectivement - 2,0 % et - 1,5 % par an en moyenne.

Figure 6Les deux tiers de la baisse de la population collégienne concentrés dans le nord-est et le sud-ouest de la MancheÉvolution absolue de la population collégienne au lieu de résidence entre 2018 et 2028 et taux d'évolution annuel moyen par territoire entre 2018 et 2028

Les deux tiers de la baisse de la population collégienne concentrés dans le nord-est et le sud-ouest de la Manche
Réseaux locaux éducatifs Évolution des effectifs Taux de croissance annuel moyen 2018-2028
Hague-Côtes des Isles -170 -0,6
Cherbourg-en-Cotentin -480 -1,1
Plain-Val de Saire -420 -2,0
Marais – Saint-Lois -400 -0,7
Coutançais – Villedieu -440 -1,3
Granvillais -360 -1,5
Avranchin – Mortainais -270 -0,7
  • Source : Insee, Omphale 2017 – scénario tendanciel

Figure 6Les deux tiers de la baisse de la population collégienne concentrés dans le nord-est et le sud-ouest de la MancheÉvolution absolue de la population collégienne au lieu de résidence entre 2018 et 2028 et taux d'évolution annuel moyen par territoire entre 2018 et 2028

  • Source : Insee, Omphale 2017 – scénario tendanciel

Figure 7Une accélération du repli des effectifs collégiens entre 2023 et 2028 dans chaque territoireÉvolution de la population collégienne au lieu de résidence et taux d'évolution par territoire et sous-période entre 2018 et 2035

Une accélération du repli des effectifs collégiens entre 2023 et 2028 dans chaque territoire
Effectifs de collégiens en 2018 Effets des naissances déjà observées Effets des hypothèses de fécondité du scénario tendanciel
2018-2023 2023-2028 2028-2035
Évolution des effectifs Taux d'évolution (en %) Évolution des effectifs Taux d'évolution (en %) Évolution des effectifs Taux d'évolution (en %)
Hague – Côtes des Isles 2 840 – 50 – 1,9 – 120 – 4,2 – 280 – 10,6
Cherbourg-en-Cotentin 4 410 – 230 – 5,2 – 250 – 6,0 – 360 – 9,1
Plain – Val de Saire 2 290 – 170 – 7,4 – 250 – 12,0 – 260 – 13,7
Marais – Saint-Lois 5 520 + 40 + 0,7 – 440 – 7,9 – 360 – 7,1
Coutançais – Villedieu 3 630 – 100 – 2,8 – 340 – 9,6 – 280 – 8,7
Granvillais 2 530 – 130 – 5,0 – 230 – 9,6 – 140 – 6,5
Avranchin – Mortainais 3 860 + 30 + 0,8 – 300 – 7,6 – 330 – 9,2
Département de la Manche 25 080 – 610 – 2,4 – 1 930 – 7,9 – 2 010 – 8,9
  • Source : Insee, Omphale 2017 – scénario tendanciel

Après 2028, un recul plus ou moins marqué selon les hypothèses de fécondité

Les enfants en âge d'être collégiens à partir de 2028 ne sont pas tous nés aujourd'hui. De ce fait, les projections de la population collégienne pour les années postérieures à 2028 dépendent de l'évolution de la fécondité après 2017. Les scénarios démographiques après ce terme prennent donc en compte trois hypothèses relatives à l'évolution future de ce facteur (méthodologie). Dans la première hypothèse, qui s'appuie sur une prolongation des tendances actuelles (scénario tendanciel), la population collégienne de la Manche se réduirait à nouveau de 2 000 collégiens entre 2028 et 2035 (figure 7 et figure 8). Le département compterait ainsi 20 500 élèves scolarisés au collège en 2035. Toutefois, pour mesurer l'impact de variations potentielles de la fécondité, deux scénarios de projections alternatifs au scénario tendanciel, utilisé jusqu'ici, ont été définis. Ils reprennent les hypothèses de progression de l'espérance de vie et de migrations résidentielles du scénario tendanciel. Ainsi, le second scénario suppose une baisse progressive de 0,15 enfant par femme de l'indice conjoncturel de fécondité (ICF) entre 2017 et 2024. Enfin, le troisième envisage l'hypothèse symétrique d'une hausse de l'ICF de 0,15 enfant par femme (méthodologie). Dans le cadre du scénario de baisse de la fécondité après 2017, la population collégienne manchoise diminuerait de 2 800 élèves entre 2018 et 2035, et s'établirait à 19 700 collégiens en 2035. Le repli serait moins marqué dans le scénario de hausse de la fécondité, avec une baisse de 1 200 élèves, pour atteindre 21 300 collégiens en 2035. Dans cette dernière hypothèse, le recul des effectifs de collégiens serait endigué à partir de 2031, un scénario néanmoins optimiste dans la mesure où celui-ci reste subordonné à une remontée de l'ICF (1,84 en 2017) dans les prochaines années au niveau de celui de 2013 (1,99).

Figure 8Le repli de la démographie collégienne serait plus contenu si la fécondité se Purpleressait sensiblementÉvolution de la population collégienne au lieu de résidence selon le scénario tendanciel, le scénario hausse de la fécondité et le scénario baisse de la fécondité dans la Manche entre 2018 et 2035

Le repli de la démographie collégienne serait plus contenu si la fécondité se Purpleressait sensiblement
Scénario tendanciel Prolongation du scénario tendanciel Scénario baisse de la fécondité Scénario hausse de la fécondité
2018 25 082
2019 24 916
2020 24 830
2021 24 669
2022 24 552
2023 24 472
2024 24 258
2025 23 977
2026 23 614
2027 23 102
2028 22 543 22 543 22 543 22 543
2029 22 030 21 994 22 062
2030 21 550 21 437 21 662
2031 21 203 20 980 21 420
2032 20 987 20 628 21 358
2033 20 818 20 301 21 334
2034 20 651 19 980 21 328
2035 20 533 19 702 21 349
  • Source : Insee, Omphale 2017

Figure 8Le repli de la démographie collégienne serait plus contenu si la fécondité se Purpleressait sensiblementÉvolution de la population collégienne au lieu de résidence selon le scénario tendanciel, le scénario hausse de la fécondité et le scénario baisse de la fécondité dans la Manche entre 2018 et 2035

  • Source : Insee, Omphale 2017

Des projections plus sensibles aux scénarios démographiques dans le territoire Marais-Saint-Lois

L'ampleur de la diminution du volume de collégiens entre 2018 et 2035 varie en fonction des territoires. Selon le scénario tendanciel, le recul s'échelonne ainsi du simple au double entre les zones de Hague-Côtes des Isles et de Cherbourg-en-Cotentin. Ces impacts différenciés proviennent, en premier lieu, des poids démographiques respectifs des territoires, mais aussi de leurs structures démographiques par âge qui les rendent plus ou moins sensibles aux variations de la fécondité.

Cependant, l'ordre d'importance des diminutions d'effectifs collégiens selon les territoires ne varie pas d'un scénario à l'autre, excepté dans le scénario de hausse de la fécondité dans lequel la zone Marais-Saint-Lois serait beaucoup moins impactée (figure 9).

Figure 9Une démographie collégienne plus sensible aux variations de la fécondité dans le territoire Marais-Saint-LoisImpacts des scénarios tendanciel, hausse de la fécondité et baisse de la fécondité sur l'évolution de la population collégienne au lieu de résidence dans les territoires de la Manche entre 2018 et 2035

Une démographie collégienne plus sensible aux variations de la fécondité dans le territoire Marais-Saint-Lois
Scénario baisse de la fécondité Scénario tendanciel Scénario hausse de la fécondité
Cherbourg-en-Cotentin -980 -840 -700
Marais - Saint-Lois -950 -760 -570
Coutançais -Villedieu -830 -720 -610
Plain -Val de Saire -760 -680 -610
Avranchin -Mortainais -720 -600 -480
Granvillais -580 -500 -420
Hague -Côtes des Isles -560 -450 -350
  • Source : Insee, Omphale 2017 – scénario tendanciel au lieu de résidence

Figure 9Une démographie collégienne plus sensible aux variations de la fécondité dans le territoire Marais-Saint-LoisImpacts des scénarios tendanciel, hausse de la fécondité et baisse de la fécondité sur l'évolution de la population collégienne au lieu de résidence dans les territoires de la Manche entre 2018 et 2035

  • Source : Insee, Omphale 2017 – scénario tendanciel au lieu de résidence

Pour comprendre

Projections démographiques

L'évolution temporelle de la population d'un territoire résulte de l'effet de trois composantes démographiques : les naissances, les décès et les migrations.

Dans le cadre de cette étude, trois scénarios ont été élaborés : le scénario tendanciel, le scénario baisse de la fécondité et le scénario hausse de la fécondité. Le scénario tendanciel reproduit les différentes tendances observées sur le passé récent : baisse progressive de l'indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) de 0,16 entre 2013 et 2017 (pour atteindre 1,84 au niveau départemental en 2017), puis constance jusqu'en 2035 ; gains d'espérance de vie parallèles à la tendance nationale et déclinaison locale d'un solde migratoire avec l'étranger de + 70 000 au niveau France entière.

Les scénarios hausse de la fécondité et baisse de la fécondité reprennent les hypothèses du scénario tendanciel en matière de progression de l'espérance de vie et de migrations avec l'étranger, et supposent une baisse progressive de l'ICF de 0,16 entre 2013 et 2017. La différenciation entre ces deux scénarios repose sur les variations de l'ICF sur la période de projection restante, à savoir 2017-2035 :

Scénario baisse de la fécondité : baisse de l'ICF de 0,15 entre 2017 et 2024, puis constance jusqu'en 2035.

Scénario hausse de la fécondité : hausse de l'ICF de 0,15 entre 2017 et 2024, puis constance jusqu'en 2035.

Projections de population collégienne

À partir des projections démographiques par âge et territoire issues du modèle de projection Omphale 2017, on obtient des projections de la population scolarisée par âge en leur appliquant les taux de scolarisation correspondants. Ces taux de scolarisation sont calculés à partir du recensement de la population. Les bases élèves de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation nationale permettent ensuite de ventiler ces projections de la population scolarisée selon le niveau d'enseignement, et donc de projeter le nombre d'élèves scolarisés dans les collèges.

Définitions

L'indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) mesure le nombre d'enfants qu'aurait une femme tout au long de sa vie si les taux de fécondité observés l'année considérée à chaque âge demeuraient inchangés.

Champ

Le champ d'étude

Le champ de l'étude correspond aux élèves âgés de 11 à 15 ans résidant dans le département de la Manche et scolarisés dans un collège public ou privé. Les projections des effectifs collégiens sont réalisées au lieu de résidence et non au lieu d’études. Ce choix supprime l'incertitude supplémentaire qu'introduirait la prise en compte des mobilités domicile-études entre les zones, ces flux pouvant varier dans le temps.

Le zonage d'étude

Le périmètre des sept territoires d'étude de la Manche est basé sur les réseaux locaux éducatifs (RLE). Ce zonage, utilisé par le conseil départemental de la Manche, partitionne le département en dix zones possédant chacune entre quatre et six collèges. Dans certains cas, des regroupements de deux RLE ont été réalisés afin d'obtenir des territoires peuplés d'au moins 50 000 habitants, condition nécessaire à la robustessse des projections démographiques.

Pour en savoir plus

Brunet L., Maillard M., « Relative stabilité du nombre de lycéens en Normandie jusqu’en 2025, avant une baisse », Insee Analyses Normandie, n° 42, avril 2018.

Brunet L., Mounchit N., « La population normande à l'horizon 2050 - Un vieillissement accéléré dans un contexte de croissance faible », Insee Analyses Normandie, n° 33, juin 2017.

Ziembinski N., « La population de la Manche baisse légèrement et reste en dessous des 500 000 habitants », Insee Flash Normandie, n° 79, décembre 2018.