France, portrait socialÉdition 2019

Une édition avec des éclairages consacrés à l’évolution de la société française depuis 40 ans : démographie, évolution du temps de travail, mobilité sociale, inégalités de niveau de vie et redistribution, opinions et préoccupations des Français.

Insee Références
Paru le : Paru le 19/11/2019
France, portrait social - Novembre 2019
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Dépenses de santé

Insee Références

Paru le : 19/11/2019

En 2018, la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) est évaluée à 203,5 milliards d’euros, soit 3 037 euros par habitant (figure 1). La CSBM représente 8,6 % du PIB, en léger repli (– 0,1 point) par rapport à 2017 (figure 2).

Figure 1Consommation de soins et de biens médicaux

en milliards d'euros courants
Consommation de soins et de biens médicaux (en milliards d'euros courants)
2006 2009 2012 2015 2017 2018
Soins hospitaliers 70,5 78,4 84,6 90,4 93,8 94,5
Soins de ville 39,3 43,4 47,1 50,5 53,5 55,0
Médecins (y compris contrats et autres soins) 17,3 18,7 19,6 20,7 21,8 22,7
Auxiliaires médicaux 8,7 10,5 12,3 14,4 15,5 16,1
Dentistes 9,1 9,7 10,5 10,8 11,3 11,4
Laboratoires d'analyses 3,9 4,2 4,3 4,3 4,5 4,4
Cures thermales 0,3 0,3 0,4 0,4 0,4 0,4
Transports sanitaires 3,1 3,6 4,1 4,6 5,0 5,1
Médicaments 31,5 33,3 33,0 32,7 32,8 32,7
Autres biens médicaux1 9,4 11,2 13,0 14,6 15,5 16,1
Ensemble 153,9 169,9 181,8 192,9 200,5 203,5
Évolution de l'ensemble par rapport à l'année précédente (en %) 3,5 3,0 2,1 1,4 1,7 1,5
  • 1. Optique, orthèses et prothèses externes, véhicules pour handicapés physiques, matériels, aliments, pansements.
  • Champ : France.
  • Source : Drees, comptes de la santé.

Au début des années 2000, la CSBM progressait à un rythme soutenu, de l’ordre de 3,4 % à 6,3 % par an en euros courants. Entre 2008 et 2017, cette progression a ralenti et s’est établie entre 1,4 % et 3,2 %. En 2018, la CSBM poursuit son ralentissement avec une croissance en valeur de 1,5 %, après 1,7 % en 2017 et 2,1 % en 2016. Ce ralentissement s’explique principalement par la nette décélération des soins hospitaliers.

Figure 2Part de la consommation de soins et de biens médicaux dans le PIB

en %
Part de la consommation de soins et de biens médicaux dans le PIB (en %)
2006 8,33
2007 8,24
2008 8,28
2009 8,77
2010 8,69
2011 8,65
2012 8,70
2013 8,75
2014 8,85
2015 8,78
2016 8,82
2017 8,73
2018 8,65
  • Champ : France.
  • Source : Drees, comptes de la santé.

Figure 2Part de la consommation de soins et de biens médicaux dans le PIB

  • Champ : France.
  • Source : Drees, comptes de la santé.

En 2018, les soins hospitaliers représentent 46,4 % de la CSBM ; ils augmentent de 0,8 % en valeur, après + 1,6 % en 2017. Ce ralentissement s’explique par une forte inflexion des prix (+ 0,0 % en 2018, après + 0,7 % en 2017), observée dans les secteurs public et privé, et par des volumes peu dynamiques (+ 0,8 %). Bien qu’ils représentent une part moindre de la CSBM (27,0 %), les soins de ville deviennent le premier contributeur de sa croissance en 2018 du fait de leur forte hausse (+ 2,9 %). En leur sein, les soins des auxiliaires médicaux sont toujours dynamiques (+ 3,7 % en 2018), qu’ils soient délivrés par les infirmiers (+ 4,0 %) ou par les masseurs‑kinésithérapeutes (+ 2,7 %). Les dépenses de médecins et de sages‑femmes sont également en hausse (+ 4,0 %) sous l’effet de volumes plus élevés (notamment des actes techniques et d’imagerie des spécialistes), mais aussi de l’augmentation de certains tarifs à compter du 1er mai 2017. La consommation de médicaments en ambulatoire, qui représente 16,1 % de la CSBM, baisse légèrement en 2018 (– 0,2 %) : divers effets affectant les prix à la baisse (mesures tarifaires sur les spécialités remboursables, générication, etc.) contrebalancent la hausse des volumes. Les autres biens médicaux (7,9 % de la CSBM) sont également dynamiques en 2018 (+ 4,3 %) : en particulier, l’optique médicale rebondit (+ 4,6 %) après plusieurs années de progression atone, sous l’effet d’une hausse des prestations versées par les organismes complémentaires pour ce poste. Enfin, les transports sanitaires (2,5 % de la CSBM) décélèrent (+ 2,6 % après + 3,8 %), en lien notamment avec le transfert d’une partie des trajets en ambulance de l’ambulatoire vers le secteur hospitalier.

En 2018, les ménages consacrent en moyenne 1,0 % de leur revenu disponible brut aux dépenses de santé restant à leur charge, en baisse depuis 2009 (1,3 %) (figure 3).

Figure 3Reste à charge des ménages en proportion de leur revenu disponible brut (RDB)

en %
Reste à charge des ménages en proportion de leur revenu disponible brut (RDB) (en %)
2006 1,24
2007 1,21
2008 1,26
2009 1,26
2010 1,23
2011 1,23
2012 1,21
2013 1,19
2014 1,18
2015 1,15
2016 1,11
2017 1,09
2018 1,01
  • Note : le reste à charge des ménages est la part de la dépense de santé restant à la charge des ménages après intervention de l'assurance maladie obligatoire, de l'État et des organismes complémentaires (mutuelles, sociétés d'assurance et institutions de prévoyance).
  • Champ : France.
  • Sources : Drees, comptes de la santé ; Insee, comptes nationaux.

Figure 3Reste à charge des ménages en proportion de leur revenu disponible brut (RDB)

  • Note : le reste à charge des ménages est la part de la dépense de santé restant à la charge des ménages après intervention de l'assurance maladie obligatoire, de l'État et des organismes complémentaires (mutuelles, sociétés d'assurance et institutions de prévoyance).
  • Champ : France.
  • Sources : Drees, comptes de la santé ; Insee, comptes nationaux.

La Sécurité sociale demeure le principal financeur de la CSBM, prenant en charge 78,1 % de la dépense en 2018 (figure 4). Cette contribution est en hausse continue, de 0,3 point en moyenne par an depuis le point bas à 76,2 % atteint en 2011. Elle est portée par la progression du nombre de personnes exonérées de ticket modérateur au titre des affections de longue durée (ALD), qui découle notamment de la plus forte prévalence des ALD à âge donné et du vieillissement de la population. L’État, les collectivités locales et les organismes de base finançant la couverture maladie universelle complémentaire (CMU‑C) prennent en charge, quant à eux, 1,5 % de la CSBM en 2018, après 1,4 % en 2017 comme en 2016. Ces dépenses correspondent aux prestations versées aux invalides de guerre, aux soins urgents, à l’aide médicale de l’État (AME) et aux remboursements par les organismes de base au titre de la CMU‑C.

La part des organismes complémentaires dans la CSBM augmente de 0,3 point en 2018 pour atteindre 13,4 %, sous l’effet d’une hausse des prestations versées notamment pour l’optique et les soins dentaires. Cette hausse pourrait être la conséquence de la généralisation de la complémentaire santé d’entreprise en 2016, qui s’est globalement accompagnée d’un gain en parts de marché des contrats collectifs, plus couvrants, notamment en optique et en dentaire.

Figure 4Structure du financement de la consommation de soins et de biens médicaux en 2018

en %
Structure du financement de la consommation de soins et de biens médicaux en 2018 (en %)
Sécurité sociale1 78,1
État et CMU-C² versée par les organismes de base 1,5
Organismes complémentaires3 13,4
Ménages 7,0
  • 1. Y compris prestations complémentaires Alsace-Moselle et Camieg.
  • 2. CMU-C : couverture maladie universelle complémentaire.
  • 3. Y compris prestations CMU-C versées par ces organismes.
  • Source : Drees, comptes de la santé.

Figure 4Structure du financement de la consommation de soins et de biens médicaux en 2018

  • 1. Y compris prestations complémentaires Alsace-Moselle et Camieg.
  • 2. CMU-C : couverture maladie universelle complémentaire.
  • 3. Y compris prestations CMU-C versées par ces organismes.
  • Source : Drees, comptes de la santé.

En conséquence, le reste à charge des ménages en santé, après assurances maladie de base et complémentaire, continue de diminuer en 2018 pour s’établir à 7,0 % de la CSBM, après 7,5 % en 2017 et 7,7 % en 2016. Ce taux est très contrasté par type de dépenses : les ménages ne supportent directement que 1,9 % des dépenses de soins hospitaliers, mais 20,2 % de celles de soins de dentistes et 21,1 % pour l’optique.

Définitions

Consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) : La consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) comprend les soins hospitaliers, les soins de ville (médecins, dentistes, auxiliaires médicaux, laboratoires d’analyses, thermalisme), les transports sanitaires, les médicaments et les autres biens médicaux (optique, prothèses, petit matériel et pansements). Seules les dépenses qui concourent au traitement d’une perturbation provisoire de l’état de santé sont prises en compte. Ainsi, les dépenses de soins aux personnes handicapées et aux personnes âgées en institution sont exclues.

Soins de ville : au sens des comptes de la santé, les soins de ville désignent les soins dispensés par les médecins, les sages‑femmes, les dentistes, les auxiliaires médicaux (infirmiers, masseurs‑kinésithérapeutes, orthophonistes et orthoptistes) auxquels sont ajoutées les dépenses au titre des analyses médicales et des cures thermales. Les soins de ville ne comprennent pas les honoraires en cliniques privées (comptabilisés dans les soins hospitaliers), ni les dépenses de biens médicaux et de transports sanitaires inclus dans le concept de soins de ville habituellement employé par les régimes d’assurance maladie.

Pour en savoir plus

Les dépenses de santé en 2018. Résultats des comptes de la santé, coll. « Panoramas de la Drees ‑ Santé », édition 2019.

Définitions

Consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) : La consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) comprend les soins hospitaliers, les soins de ville (médecins, dentistes, auxiliaires médicaux, laboratoires d’analyses, thermalisme), les transports sanitaires, les médicaments et les autres biens médicaux (optique, prothèses, petit matériel et pansements). Seules les dépenses qui concourent au traitement d’une perturbation provisoire de l’état de santé sont prises en compte. Ainsi, les dépenses de soins aux personnes handicapées et aux personnes âgées en institution sont exclues.

Soins de ville : au sens des comptes de la santé, les soins de ville désignent les soins dispensés par les médecins, les sages‑femmes, les dentistes, les auxiliaires médicaux (infirmiers, masseurs‑kinésithérapeutes, orthophonistes et orthoptistes) auxquels sont ajoutées les dépenses au titre des analyses médicales et des cures thermales. Les soins de ville ne comprennent pas les honoraires en cliniques privées (comptabilisés dans les soins hospitaliers), ni les dépenses de biens médicaux et de transports sanitaires inclus dans le concept de soins de ville habituellement employé par les régimes d’assurance maladie.

Pour en savoir plus